concernant d’autres.
L’interprétation est donc la suivante : « Si ton peuple de Quraych, ô Muhammad, mécroit à Nos signes, les dément et en récuse la réalité, Nous en avons déjà confié la garde et la mise en œuvre à Nos messagers et aux prophètes qui t’ont précédé : eux ne les nient ni ne les démentent, mais les reconnaissent et attestent de leur véracité. »
Je dis : la sourate est mecquoise, et le démonstratif « ceux-ci » renvoie essentiellement à ceux de son peuple qui l’ont rejeté, et, par extension, à tous les autres ; entrent donc dans son champ quiconque, au sein de cette communauté, refuse ce qu’il a apporté.
Le « peuple » chargé de cette mission est, à l’origine, celui des prophètes, et, par ricochet, celui des croyants qui les suivent. En font donc partie tous ceux qui veillent à la préserver, la défendre et y appeler les gens. Cette responsabilité revient d’abord aux prophètes, puis à ceux qui croient en eux ; parmi les suiveurs du Messager ﷺ, les plus qualifiés sont ses califes et ses héritiers savants : ce sont eux qui en sont dépositaires.
Ainsi se concilient les différentes opinions avancées au sujet du verset.
Quant à l’avis selon lequel il s’agirait d’anges, il est extrêmement faible : le contexte ne l’appuie nullement, et le terme « peuple » l’écarte, car, dans le Coran – pour ainsi dire constamment –, ce mot est réservé aux fils d’Adam et non aux anges. S’agissant de la parole d’Abraham : « Vous êtes un peuple inconnu » (Adh-Dhâriyât 25), il la prononça parce qu’il les crut humains.
En outre, une telle interprétation ne répond ni à la grandeur du sens ni à son objectif. Si l’énoncé avait été : « Si les mécréants de ton peuple la rejettent, Nous l’avons confiée aux anges, lesquels ne la rejettent pas », il n’aurait procuré ni réconfort, ni rabaissement des négateurs, ni démontré leur indignité à son égard (1), ni mis en relief la faveur accordée à d’autres croyants auxquels la meilleure part était promise.