et s’il se met en mouvement, c’est sur l’ordre d’Allah ; et s’il demeure immobile, son immobilité même est une aide pour rechercher l’agrément d’Allah : il est pour Allah, par Allah et avec Allah.
Il est évident que celui qui atteint ce degré est la créature d’Allah qui a le plus besoin de science ; car seule la science lui permet de distinguer l’action qu’Allah aime de celle qu’Il n’aime pas, et le repos qui Lui plaît de celui qui ne Lui plaît pas. Son besoin de science n’est donc pas comparable à celui de l’homme qui la recherche pour elle-même, parce qu’en soi elle constitue une perfection ; il en a besoin comme il a besoin de ce qui garantit l’existence même de son être.
C’est pourquoi les maîtres spirituels des connaissants recommandaient instamment à leurs disciples d’acquérir la science et de la rechercher (1), affirmant que « celui qui ne recherche pas la science ne réussira jamais », au point qu’ils rangeaient quiconque en est dépourvu parmi la lie du peuple (2).
Dhu n-Nûn (3), interrogé : « Qui sont la lie ? », répondit : « Celui qui ne connaît pas la voie menant à Allah, ni ne cherche à la connaître. » (4)
Abû Yazîd (5) disait : « Quand bien même vous verriez un homme gratifié de prodiges au point de s’installer en tailleur (6) dans les airs, ne vous laissez pas abuser par lui avant d’avoir observé comment il se comporte face aux ordres et aux interdictions, à la sauvegarde des limites et à la connaissance de la loi révélée. » (7)