Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

et s’il se met en mouvement, c’est sur l’ordre d’Allah ; et s’il demeure immobile, son immobilité même est une aide pour rechercher l’agrément d’Allah : il est pour Allah, par Allah et avec Allah.

Il est évident que celui qui atteint ce degré est la créature d’Allah qui a le plus besoin de science ; car seule la science lui permet de distinguer l’action qu’Allah aime de celle qu’Il n’aime pas, et le repos qui Lui plaît de celui qui ne Lui plaît pas. Son besoin de science n’est donc pas comparable à celui de l’homme qui la recherche pour elle-même, parce qu’en soi elle constitue une perfection ; il en a besoin comme il a besoin de ce qui garantit l’existence même de son être.

C’est pourquoi les maîtres spirituels des connaissants recommandaient instamment à leurs disciples d’acquérir la science et de la rechercher (1), affirmant que « celui qui ne recherche pas la science ne réussira jamais », au point qu’ils rangeaient quiconque en est dépourvu parmi la lie du peuple (2).

Dhu n-Nûn (3), interrogé : « Qui sont la lie ? », répondit : « Celui qui ne connaît pas la voie menant à Allah, ni ne cherche à la connaître. » (4)

Abû Yazîd (5) disait : « Quand bien même vous verriez un homme gratifié de prodiges au point de s’installer en tailleur (6) dans les airs, ne vous laissez pas abuser par lui avant d’avoir observé comment il se comporte face aux ordres et aux interdictions, à la sauvegarde des limites et à la connaissance de la loi révélée. » (7)

(1) Dans son « Risâla », al-Qushayrî consacre un chapitre aux maîtres de la voie spirituelle, et aux passages de leurs biographies et de leurs paroles qui manifestent leur vénération pour la sharîʿa ; c’est la source que l’auteur exploite pour les citations suivantes. (2) Sifla / safila : les gens vils, la lie du peuple. Cf. Lisân (racine s-f-l). (3) Thawbân b. Ibrâhîm al-Miṣrî, ascète et prédicateur (m. 245 H). Siyar, 11/532. (4) Risâla al-Qushayriyya, p. 46 ; également rapporté par Abû Nuʿaym, Ḥilya, 9/372. (5) Ṭayfûr b. ʿIsâ al-Bisṭâmî, ascète dont on transmet des paroles profitables comme d’autres plus problématiques (m. 261 H). Siyar, 13/86. (6) Ms. N : « yatarafʿu » ; d’autres sources lisent « yartafiʿu », « yarfaʿu » ou « yartaqî ». (7) Risâla al-Qushayriyya, p. 64 ; également chez Abû Nuʿaym, Ḥilya, 10/40, al-Bayhaqî, Shuʿab, 4/449, et ailleurs.
تحرَّك فبأمر الله، وإن سَكَن فسكونُه استعانةٌ على مرضاة الله؛ فهو لله وبالله ومع الله. ومعلومٌ أنَّ صاحبَ هذا المقام أحوجُ خلق الله إلى العلم؛ فإنه لا تتميَّز له الحركةُ المحبوبةُ لله من غيرها ولا السُّكونُ المحبوبُ له من غيره إلا بالعلم، فليست حاجتُه إلى العلم كحاجة من طلبَ العلمَ لذاته ولأنه في نفسه صفةُ كمال، بل حاجتُه إليه كحاجته إلى ما به قِوامُ نفسه وذاته. ولهذا اشتدَّت وَصَاةُ شيوخ العارفين لمُرِيديهم بالعلم وطلبه (١)، وأنه من لم يطلب العلمَ لم يُفْلِح، حتى كانوا يَعُدُّونَ من لا علم له من السِّفْلة (٢). قال ذو النون (٣)، وقد سئل: من السِّفْلة؟، فقال: «من لا يعرفُ الطريقَ إلى الله تعالى ولا يتعرَّفُه» (٤). وقال أبو يزيد (٥): «لو نظرتم إلى الرجل وقد أُعطِي من الكرامات حتى يتربَّع (٦) في الهواء، فلا تغترُّوا به حتى تنظروا كيف تجدونه عند الأمر والنهي وحِفظ الحدود ومعرفة الشريعة» (٧).
(١) عقد القشيري في «الرسالة» بابًا في ذكر مشايخ الطريقة وما يدلُّ من سِيَرهم وأقوالهم على تعظيم الشريعة. وهو مصدر المصنف في الأقوال التالية. (٢) السِّفْلة والسَّفِلة: أراذل الناس. «اللسان» (سفل). (٣) ثوبان بن إبراهيم المصري، زاهد، واعظ (ت: ٢٤٥). «السير» (١١/ ٥٣٢). (٤) «الرسالة القشيرية» (٤٦). وأخرجه أبو نعيم في «الحلية» (٩/ ٣٧٢). (٥) طيفور بن عيسى البِسْطامي، زاهدٌ يروى عنه كلامٌ نافع وكلماتٌ مشكلة (ت: ٢٦١). «السير» (١٣/ ٨٦). (٦) (ن): «يترفع». وفي بعض المصادر: «يرتفع»، «يرفع»، «يرتقى». (٧) «الرسالة القشيرية» (٦٤). وأخرجه أبو نعيم في «الحلية» (١٠/ ٤٠)، والبيهقي في «الشعب» (٤/ ٤٤٩)، وغيرهم.

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