Ce hadith nous apprend que le plus érudit des serviteurs d’Allah est celui qui ne se lasse jamais de rechercher le savoir ; il réunit la science des autres à la sienne, tant sa soif de connaissance et son attachement à la science sont grands.
Il ne fait aucun doute que le fait, pour un serviteur, d’être le plus savant des serviteurs d’Allah (1) constitue l’un des attributs suprêmes de sa perfection. C’est précisément cela qui poussa Moïse à entreprendre le voyage jusqu’au savant de la terre afin que celui-ci lui enseigne une partie de ce qu’Allah lui avait révélé. Or, Moïse était le confident du Tout-Miséricordieux, la créature la plus honorée auprès d’Allah en son temps et le plus savant des hommes ; néanmoins, son ardeur et son insatiable désir de savoir le conduisirent à se mettre en route vers le savant qu’on lui avait décrit.
Si la science n’avait pas été ce pour quoi il convient de sacrifier vies et souffles, Moïse se serait détourné du voyage vers al-Khidr pour se consacrer aux affaires de sa communauté. Il n’aurait pas supporté la fatigue de la route ni usé de tant de déférence envers al-Khidr en lui disant : « Puis-je te suivre afin que tu m’enseignes de ce qu’on t’a appris pour ma bonne direction ? » (La Caverne, 18 : 66). Il ne jugea pas convenable de le suivre sans avoir au préalable sollicité sa permission et déclaré qu’il venait en quête d’apprentissage et de bénéfice.
Ainsi, ce noble Prophète connaissait la valeur de la science et celle de ceux qui la détiennent. Que les bénédictions et la paix d’Allah soient sur lui.
Cent trente-quatrième point : Allah – exalté soit-Il – a créé les créatures pour une adoration qui englobe l’amour qu’elles Lui portent et la préférence accordée à Sa satisfaction, adoration qui implique nécessairement la connaissance de Lui. Il a dressé pour les serviteurs un repère sans lequel ils ne sauraient atteindre la perfection : que toutes leurs actions se conforment à ce qu’Il agrée et aime. C’est pour cette raison qu’Il a envoyé Ses messagers, révélé Ses Livres et institué Ses lois.
La perfection, qu’aucun serviteur ne peut atteindre autrement, veut donc que tous ses actes soient en harmonie avec ce qu’Allah aime de lui et agrée pour lui.