Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

si bien qu’il n’existe pour cela aucune limite précise (1), et Allah sait mieux.

Cent trente-troisième point : Ibn Ḥibbân rapporte, dans son Ṣaḥîḥ (2), d’après Abû Hurayra – qui remonte la chaîne jusqu’au Prophète ﷺ –, que celui-ci a dit :

« Moïse demanda à son Seigneur au sujet de six qualités qu’il croyait lui être exclusivement réservées, ainsi que d’une septième qu’il n’aimait pas. Il dit :
– « Seigneur, qui, parmi Tes serviteurs, est le plus pieux ? »
– « Celui qui se souvient (de Moi) et ne M’oublie jamais. »
– « Qui, parmi Tes serviteurs, est le mieux guidé ? »
– « Celui qui suit la bonne voie. »
– « Lequel de Tes serviteurs est le plus équitable ? »
– « Celui qui juge les gens comme il se juge lui-même. »
– « Qui, parmi Tes serviteurs, est le plus savant ? »
– « Un savant insatiable de connaissance, qui ajoute la science des autres à la sienne. »
– « Lequel de Tes serviteurs est le plus noble ? »
– « Celui qui, lorsqu’il détient le pouvoir, pardonne. »
– « Lequel de Tes serviteurs est le plus riche ? »
– « Celui qui se contente de ce qui lui a été accordé. »
– « Et lequel de Tes serviteurs est le plus pauvre ? »
– « Celui qui, malgré ce qu’il possède, reste diminué. » (3).

(1) Les manuscrits N et H lisent : « hadd maqdur » (« limite déterminée »). (2) Hadith n° 6217 ; cf. al-Kharaiti, Makarim al-akhlaq, p. 369 ; Ibn Asakir, Tarikh Dimashq, 61/134-136, entre autres. – La chaîne comporte Darraj b. Sam'an, rapporteur controversé (voir supra, p. 203). Le hadith n’est donc pas sûr ; en outre, il oscille quant au nom de son cheikh. Le récit reste toutefois célèbre, transmis par de nombreuses voies — toutes muqta‘ et issues de plusieurs tabi‘un : Ata, Mujahid, Abu Amr al-Shaybani, Wahb b. Munabbih, Ka‘b al-Ahbar et Maytham (maître d’Abu Ishaq al-Sabi‘i, connu pour rapporter des traditions des Banou Israil ; voir Ibn Hibban, al-Thiqat, 5/463 ; Hanad, al-Zuhd, n° 1301 ; al-Dabbi, al-Du‘a, p. 103) — ainsi que, de façon mawquf, par Ibn Abbas, ce qui paraît l’opinion la plus plausible. (3) Ibn Hibban explique après le hadith : « sahib manqus », c’est-à-dire une personne dont la situation est déficiente ; elle se contente de ce qu’elle possède tout en recherchant la faveur supplémentaire.
فليس لذلك حدٌّ مقدَّر (١)، والله أعلم. الوجه الثالثُ والثلاثون بعد المئة: ما رواه ابنُ حبان في «صحيحه» (٢) من حديث أبي هريرة يرفعُه إلى النبيِّ ﷺ قال: «سأل موسى ربَّه عن ستِّ خصالٍ كان يظنُّ أنها له خالصة، والسابعةُ لم يكن موسى يحبُّها، قال: يا ربِّ، أيُّ عبادك أتقى؟ قال: الذي يَذْكُرُ ولا ينسى، قال: فأيُّ عبادك أهدى؟ قال: الذي يتبعُ الهدى، قال: فأيُّ عبادك أحكم؟ قال: الذي يحكمُ للناس ما يحكمُ لنفسه، قال: أيُّ عبادك أعلم؟ قال: عالمٌ لا يشبعُ من العلم، يجمعُ علمَ الناس إلى علمه، قال: فأيُّ عبادك أعزُّ؟ قال: الذي إذا قَدَرَ غفَر، قال: فأيُّ عبادك أغنى؟ قال: الذي يرضى بما أوتي، قال: فأيُّ عبادك أفقر؟ قال: صاحبٌ منقوص» (٣).
(١) (ن، ح): «حد مقدور». (٢) (٦٢١٧)، والخرائطي في «مكارم الأخلاق» (٣٦٩)، وابن عساكر في «تاريخ دمشق» (٦١/ ١٣٤، ١٣٥، ١٣٦)، وغيرهم. وفي إسناده دراج بن سمعان، وهو مختلفٌ فيه، كما تقدم (ص: ٢٠٣)، وليس حديثه هذا بالمحفوظ، وقد اضطرب في تسمية شيخه على وجهين، وأصل الحديث مشهورٌ مرويٌّ من وجوهٍ كثيرة عن جماعة من التابعين: عطاء، ومجاهد، وأبي عمرو الشيباني، ووهب بن منبه، وكعب الأحبار، وميثم (شيخٌ لأبي إسحاق السبيعي، يروي أخبار بني إسرائيل. انظر: «الثقات» لابن حبان: ٥/ ٤٦٣، و «الزهد» لهناد: ١٣٠١، و «الدعاء» للضبي: ١٠٣) وغيرهم، مقطوعًا، وعن ابن عباس موقوفًا، من أخبار أهل الكتاب، وهو الأشبه. (٣) قال ابن حبان عقب الحديث: «صاحبٌ منقوص: يريد به منقوصٌ حالتُه، يستقلُّ ما أوتي ويطلبُ الفضل».

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