Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

D’aucuns soutiennent encore que l’étude des fondements du fiqh (uṣûl al-fiqh) relève du devoir communautaire, parce que c’est la discipline grâce à laquelle on identifie la preuve, on jauge sa force et l’on apprend la méthode correcte pour raisonner à partir d’elle.

Certes, ces avis sont plus proches de la vérité que le premier, mais leur caractère obligatoire n’est ni général ni permanent : ils ne s’imposent qu’à titre de moyen, à certaines époques et pour certaines personnes. À l’inverse, l’obligation qui concerne tout un chacun est la connaissance de la foi et des prescriptions de l’islam ; voilà le savoir impératif. Quant aux autres sciences, si l’accomplissement de ce devoir dépend d’elles, elles entrent dans la catégorie de « ce sans quoi le devoir ne peut être mené à bien ». Dans ce cas, la part qui devient obligatoire se limite au strict nécessaire pour atteindre le but, non aux questions supplémentaires dont la compréhension du discours révélé ne dépend pas.

On ne peut donc affirmer, de façon absolue, que la maîtrise de la langue arabe est obligatoire : nombre de ses subdivisions, de ses points de discussion et de recherche ne conditionnent pas la compréhension des paroles d’Allah et de Son Messager (1).

Il en va de même pour les fondements du fiqh : seule la part indispensable à la compréhension du texte doit être connue, non les questions hypothétiques et recherches surabondantes. Comment, dès lors, prétendre que son étude serait obligatoire dans son intégralité ?

En somme, chaque fois que la réalisation d’un savoir ou d’une action imposée au serviteur dépend d’un moyen, ce moyen devient à son tour obligatoire à titre d’instrument. Il est manifeste, toutefois, que cette dépendance (2) varie selon les individus, les époques, les langues et les capacités intellectuelles.

(1) Cependant, accéder aux éléments indispensables à la compréhension d’un propos n’est possible qu’au prix de l’apprentissage de nombreuses matières dont on pourrait se dispenser ; celles-ci entrent donc dans la règle : « ce sans quoi l’obligation (wâjib) ne peut être réalisée devient lui-même obligatoire ». Al-Khalîl ibn Ahmad a, sur ce point, une formule restée célèbre ; cf. Bahjat al-majâlis, 1/67, et Nusrat al-thâʾir de Safadî, p. 67. (2) Variante du ms. T : « al-mutawaqqif ».
ومن الناس من يقول: تعلُّمُ أصول الفقه فرضُ كفاية؛ لأنه العلمُ الذي يُعْرَفُ به الدليلُ ومرتبتُه، وكيفيةُ الاستدلال. وهذه الأقوالُ وإن كانت أقربَ إلى الصواب من القول الأول، فليس وجوبُها عامًّا على كلِّ أحد، ولا في كلِّ وقت، وإنما تجبُ وجوبَ الوسائل في بعض الأزمان وعلى بعض الأشخاص، بخلاف الفرض الذي يعمُّ وجوبُه كلَّ أحد؛ وهو علمُ الإيمان وشرائع الإسلام، فهذا هو الواجب، وأما ما عداه فإن توقَّفت معرفتُه عليه فهو من باب ما لا يتمُّ الواجبُ إلا به، ويكونُ الواجبُ منه القدرَ المُوصِل إليه، دون المسائل التي هي فَضْلةٌ لا يفتقرُ معرفةُ الخطاب وفهمُه عليها. فلا يُطلقُ القولُ بأنَّ علمَ العربية واجبٌ على الإطلاق؛ إذ الكثيرُ منه ومن مسائله وبحوثه لا يتوقَّفُ فهمُ كلام الله ورسوله عليها (١). وكذلك أصولُ الفقه، القدرُ الذي يتوقَّفُ فهمُ الخطاب عليه منه تجبُ معرفتُه، دون المسائل المُقَدَّرة والأبحاث التي هي فَضْلة، فكيف يقال: إنَّ تعلُّمها واجب؟! وبالجملة؛ فالمطلوبُ الواجبُ من العبد من العلوم والأعمال إذا توقَّف على شيءٍ منها كان ذلك الشيءُ واجبًا وجوبَ الوسائل، ومعلومٌ أنَّ ذلك التوقُّفَ (٢) يختلفُ باختلاف الأشخاص والأزمان والألسنة والأذهان؛
(١) لكنَّ ما يتوقَّفُ فهمُ الكلام عليه لا يوصلُ إليه إلا بتعلُّم كثيرٍ مما لا يُحتاجُ إليه، فصار الثاني مما لا يتمُّ الواجبُ إلا به. وللخليل بن أحمد عبارةٌ مشهورةٌ في هذا. انظر: «بهجة المجالس» (١/ ٦٧)، و «نصرة الثائر» للصفدي (٦٧). (٢) (ت): «المتوقف».

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