D’aucuns soutiennent encore que l’étude des fondements du fiqh (uṣûl al-fiqh) relève du devoir communautaire, parce que c’est la discipline grâce à laquelle on identifie la preuve, on jauge sa force et l’on apprend la méthode correcte pour raisonner à partir d’elle.
Certes, ces avis sont plus proches de la vérité que le premier, mais leur caractère obligatoire n’est ni général ni permanent : ils ne s’imposent qu’à titre de moyen, à certaines époques et pour certaines personnes. À l’inverse, l’obligation qui concerne tout un chacun est la connaissance de la foi et des prescriptions de l’islam ; voilà le savoir impératif. Quant aux autres sciences, si l’accomplissement de ce devoir dépend d’elles, elles entrent dans la catégorie de « ce sans quoi le devoir ne peut être mené à bien ». Dans ce cas, la part qui devient obligatoire se limite au strict nécessaire pour atteindre le but, non aux questions supplémentaires dont la compréhension du discours révélé ne dépend pas.
On ne peut donc affirmer, de façon absolue, que la maîtrise de la langue arabe est obligatoire : nombre de ses subdivisions, de ses points de discussion et de recherche ne conditionnent pas la compréhension des paroles d’Allah et de Son Messager (1).
Il en va de même pour les fondements du fiqh : seule la part indispensable à la compréhension du texte doit être connue, non les questions hypothétiques et recherches surabondantes. Comment, dès lors, prétendre que son étude serait obligatoire dans son intégralité ?
En somme, chaque fois que la réalisation d’un savoir ou d’une action imposée au serviteur dépend d’un moyen, ce moyen devient à son tour obligatoire à titre d’instrument. Il est manifeste, toutefois, que cette dépendance (2) varie selon les individus, les époques, les langues et les capacités intellectuelles.