Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

et n’y trouva là-bas que privation ;
Il revint donc bredouille et perdant,
se mordant les doigts, confus et plein de remords ;
sa vie s’était égarée en vaines espérances,
et il vit sa légèreté sur la Balance (1).

Tout engouement passionnel des âmes pour un tel rang relève plutôt de l’ignorance que d’une science dont l’étude serait un devoir communautaire ou individuel.

Voyez ash-Shâfiʿî, Ahmad et l’ensemble des imams de l’islam avec leurs écrits, les maîtres de la langue arabe (2) et leurs ouvrages, les grands exégètes et leurs travaux : quiconque les consulte constatera-t-il qu’ils s’y conforment aux règles et aux schémas de la logique grecque ? Leur savoir a-t-il été moindre pour s’en être passés ? Bien au contraire : leur stature et leur lucidité étaient trop élevées pour qu’ils encombrent leur pensée des divagations des logiciens.

La logique n’est jamais entrée dans une science sans la corrompre, en bouleverser les structures et en troubler les fondements (3).

Certains soutiennent encore que les disciplines de la langue arabe — morphologie, grammaire, lexicologie, sciences des sens, rhétorique et assimilées — constituent un devoir communautaire, puisque la compréhension de la parole d’Allah et de Son Messager en dépend.

(1) Les vers se trouvent au verso de l’unique manuscrit connu de l’ouvrage al-Radd ‘ala al-Mantiqiyyin, avec de légères variantes. (2) Les manuscrits T, Q et D portent : « wa-sa’iri a’immat al-‘arabiyya » (« et les autres maîtres de la langue arabe »). La leçon adoptée d’après H et N est plus correcte ; en effet, as-sa’ir signifie « ce qui reste, le reliquat », et non « l’ensemble », dérivé du mot su’r (reste de boisson). Cf. Taṣḥîḥ al-Taṣḥîf, p. 302 ; Khayr al-Kalâm fî al-taqassî ‘an Aghlâṭ al-‘Awâm, p. 34. (3) Voir : al-Ṣawā‘iq al-Mursala, p. 819 ; Badā’i‘ al-Fawā’id, p. 891 ; Ighāthat al-Lahfān, t. 2, p. 260.
فلم يجد ثَمَّ سوى الحِرْمانِ فعادَ بالخيبةِ والخسران يَقْرَعُ سِنَّ نادمٍ حيرانِ قد ضاعَ منه العمرُ في الأماني وعايَنَ الخِفَّةَ في الميزان (١) وما كان مِنْ هَوَس النفوس بهذه المنزلة فهو بأن يكونَ جهلًا أولى منه بأن يكون علمًا تعلُّمُه فرضُ كفايةٍ أو فرضُ عين. وهذا الشَّافعيُّ وأحمدُ وسائرُ أئمَّة الإسلام وتصانيفُهم، وأئمَّةُ العربية (٢) وتصانيفُهم، وأئمَّةُ التفسير وتصانيفُهم، لمن نظر فيها؛ هل راعَوا فيها حدودَ المنطق وأوضاعَه؟ وهل صحَّ لهم علمُهم بدونه أم لا؟! بل هم كانوا أجلَّ قدرًا وأعظمَ عقولًا من أن يشغلوا أفكارَهم بهذيان المنطقيِّين. وما دخلَ المنطقُ على علمٍ إلا أفسدَه، وغيَّر أوضاعَه، وشَوَّش قواعدَه (٣). ومن الناس من يقول: إنَّ علومَ العربية من التصريف والنحو واللغة والمعاني والبيان ونحوها تعلُّمها فرضُ كفاية؛ لتوقُّف فهم كلام الله ورسوله عليها.
(١) الأبيات على ظهر النسخة الخطية الفريدة لكتاب "الرد على المنطقيين" باختلافٍ يسير. (٢) (ت، ق، د): «وسائر أئمة العربية». والمثبت من (ح، ن) أصح؛ فالسائر: الباقي، لا الجميع، من السُّؤر. انظر: «تصحيح التصحيف» (٣٠٢)، و «خير الكلام في التقصي عن أغلاط العوام» (٣٤). (٣) انظر: «الصواعق المرسلة» (٨١٩)، و «بدائع الفوائد» (٨٩١)، و «إغاثة اللهفان» (٢/ ٢٦٠).

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