Et j’ai vu encore que le dernier à s’être entièrement voué à les réfuter fut Shaykh al-Islam — qu’Allah sanctifie son âme — : dans ses deux traités, le grand et le petit (1), il a accompli des prodiges, mis à nu leurs secrets et déchiré leurs voiles. J’ai alors composé ces vers :
Ô surprise que la dialectique des Grecs !
Combien elle recèle de mensonges et de calomnies !
Elle embrouille même les esprits les plus aiguisés,
Corrompt la nature première de l’homme,
Réduit le cœur et la langue au silence.
Ses fondements et ses structures sont chancelants,
Bâtie sur un bord d’abîme prêt à s’écrouler ;
Quand l’affligé en a le plus besoin,
Elle le trahit, en secret comme au grand jour.
La langue s’avance avec elle dans l’arène
Comme un captif entravé marchant sur un roc poli,
Multipliant faux pas et lenteurs ;
On dirait un mirage sur la plaine
Qui se montre à l’œil de l’assoiffé brûlé par la chaleur (2) ;
Il s’y précipite, guidé par conjectures et illusions,
Espérant éteindre l’ardente soif qui le consume.