Le détail de cette affirmation ne saurait être enfermé dans une définition stricte, car les causes qui rendent un savoir obligatoire diffèrent d’une personne à l’autre. On peut toutefois ramener la question à trois fondements : la croyance, l’action et l’abstention.
– L’obligation au niveau de la croyance consiste à ce qu’elle corresponde en elle-même à la vérité.
– L’obligation au niveau de l’action consiste à savoir dans quelle mesure les mouvements volontaires, extérieurs et intérieurs, du serviteur sont conformes à la Loi, qu’il s’agisse d’un ordre ou d’une permission.
– L’obligation au niveau de l’abstention consiste à connaître la conformité de la retenue et du repos avec l’agrément d’Allah ; autrement dit, il lui est demandé de maintenir l’acte concerné dans son inexistence présumée (1), sans se mettre en quête de l’accomplir, ou de contenir son âme pour ne pas le faire, selon ces deux démarches (2).
Entrent ainsi dans cette formulation les sciences portant sur les mouvements du cœur et du corps.
Quant à l’obligation communautaire (farḍ kifâya), je ne lui connais aucun critère fiable : chacun y fait entrer ce qu’il suppose être obligatoire. Certains y comptent la médecine, le calcul, la géométrie et la topographie ; d’autres y ajoutent les rudiments des métiers tels que l’agriculture, le tissage, la forge, la couture et assimilés (3) ; d’autres encore y ajoutent la logique (4), allant même parfois jusqu’à en faire un devoir individuel, qu’ils fondent sur l’absence