Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

Le détail de cette affirmation ne saurait être enfermé dans une définition stricte, car les causes qui rendent un savoir obligatoire diffèrent d’une personne à l’autre. On peut toutefois ramener la question à trois fondements : la croyance, l’action et l’abstention.

– L’obligation au niveau de la croyance consiste à ce qu’elle corresponde en elle-même à la vérité.

– L’obligation au niveau de l’action consiste à savoir dans quelle mesure les mouvements volontaires, extérieurs et intérieurs, du serviteur sont conformes à la Loi, qu’il s’agisse d’un ordre ou d’une permission.

– L’obligation au niveau de l’abstention consiste à connaître la conformité de la retenue et du repos avec l’agrément d’Allah ; autrement dit, il lui est demandé de maintenir l’acte concerné dans son inexistence présumée (1), sans se mettre en quête de l’accomplir, ou de contenir son âme pour ne pas le faire, selon ces deux démarches (2).

Entrent ainsi dans cette formulation les sciences portant sur les mouvements du cœur et du corps.

Quant à l’obligation communautaire (farḍ kifâya), je ne lui connais aucun critère fiable : chacun y fait entrer ce qu’il suppose être obligatoire. Certains y comptent la médecine, le calcul, la géométrie et la topographie ; d’autres y ajoutent les rudiments des métiers tels que l’agriculture, le tissage, la forge, la couture et assimilés (3) ; d’autres encore y ajoutent la logique (4), allant même parfois jusqu’à en faire un devoir individuel, qu’ils fondent sur l’absence

(1) (Q) : « Éviter cet acte plutôt que simplement en constater l’absence d’usage. » (2) Première thèse : l’abstention est une pure négation ; seconde thèse : elle correspond à une réalité positive. Cf. : Ighathat al-lahfan, 2/123 ; Shifa’ al-‘alil, p. 488 ; al-Da’ wa-l-dawa’, p. 449. (3) Cf. : Ihya’ ‘ulum ad-din, 1/16 (source principale de l’auteur) ; al-Wasit, 7/6-7 ; Rawdat at-talibin, 10/222-223 ; Majmu‘ al-fatawa, 29/194 ; at-Turuq al-hukmiyya, p. 645 ; ainsi que al-Majmu‘, 1/26. (4) Cf. : al-Mustasfa, 1/45 ; Mi‘yar al-‘ilm, p. 60 ; ar-Radd ‘ala al-mantiqiyyin, p. 179.
وتفصيلُ هذه الجملة لا ينضبط بحدٍّ؛ لاختلاف الناس في أسباب العلم الواجب. وذلك يرجعُ إلى ثلاثة أصول: اعتقاد، وفعل، وترك. * فالواجبُ في الاعتقاد: مطابقتُه للحقِّ في نفسه. * والواجبُ في العمل: معرفةُ موافقة حركات العبد الظاهرة والباطنة الاختيارية للشرع أمرًا أو إباحة. * والواجبُ في التَّرك: معرفةُ موافقة الكفِّ والسُّكون لمرضاة الله، وأنَّ المطلوبَ منه إبقاءُ هذا الفعل على عدمه المُسْتَصْحَب (١) فلا يتحركُ في طلبه، أو كفُّ النفس عن فعله، على الطريقتين (٢). وقد دخل في هذه الجملة علمُ حركات القلوب والأبدان. * وأما فرضُ الكفاية فلا أعلمُ فيه ضابطًا صحيحًا؛ فإنَّ كلَّ أحدٍ يُدْخِلُ في ذلك ما يظنُّه فرضًا، فيُدْخِلُ بعضُ الناس في ذلك علمَ الطبِّ وعلمَ الحساب وعلمَ الهندسة والمِساحات، وبعضُهم يزيدُ على ذلك علمَ أصول الصِّناعات، كالفِلاحة والحِياكة والحِدادة والخِياطة ونحوها (٣)، وبعضُهم يزيدُ على ذلك علمَ المنطق (٤)، وربَّما جعله فرضَ عين، وبناه على عدم
(١) (ق): «اتقاء هذا الفعل على عدمه المستعمل». (٢) الأولى: أن الترك أمرٌ عدمي، والثانية: أنه وجودي. انظر: «إغاثة اللهفان» (٢/ ١٢٣)، و «شفاء العليل» (٤٨٨)، و «الداء والدواء» (٤٤٩). (٣) انظر: «الإحياء» (١/ ١٦)، وهو مصدر المصنف هنا، و «الوسيط» (٧/ ٦، ٧)، و «روضة الطالبين» (١٠/ ٢٢٢، ٢٢٣)، و «مجموع الفتاوى» (٢٩/ ١٩٤)، و «الطرق الحكمية» (٦٤٥) [و"المجموع" (١/ ٢٦).]. (٤) انظر: «المستصفى» (١/ ٤٥)، و «معيار العلم» (٦٠)، و «الرد على المنطقيين» (١٧٩).

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