Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

Ils disent ensuite : quant au vers du poète : « Et il fut convaincu que je me rachèterais avec elle », il doit être pris dans son sens littéral ; car le poète a pensé que le lion, certain de sa propre vaillance et de son audace, était lui-même assuré que l’homme lui abandonnerait sa chamelle pour racheter sa vie.

Ils ajoutent : c’est sur ce principe que s’éclaire également le ḥadith : « Nous sommes plus dignes de douter qu’Abraham » (1) – ḥadith auquel plusieurs réponses ont été données (2). En effet, entre la vision immédiate et la simple transmission, il existe un degré intermédiaire ; c’est la disparition de ce degré qu’Abraham demanda lorsqu’il dit : « Mais que mon cœur soit rassuré » (Coran 2 : 260). Il qualifia cet état de « doute » ; Allah sait mieux (3).

Cent trente-deuxième aspect : Abû Yaʿlâ al-Mawṣilî rapporte dans son Musnad (4), d’après Anas ibn Mâlik, qui l’élève jusqu’au Prophète ﷺ : « La recherche du savoir

(1) Rapporté par al-Bukhari, 3372, et Muslim, 151, d’après Abu Hurayra. (2) L’édition T lit : « et, à son sujet, des réponses ». Voir : Fath al-Bari, 6/474. (3) Voir : Madarij al-salikin, 1/471. (4) Hadith n° 2837, ainsi que chez Ibn Madja, 224, et d’autres, avec une chaîne de transmission très faible : Hafs b. Sulayman est abandonné (matruk) et les spécialistes ont rejeté ce hadith. Celui-ci possède d’autres voies, elles aussi entachées de défauts, rapportées par Anas, Ibn Mas‘ud, Ibn Abbas, Ibn Umar, Abu Sa‘id et Jabir, entre autres. Plusieurs maîtres de la critique l’ont donc déclaré irrecevable quant à la chaîne : Ahmad (al-Muntakhab min al-ʿilal li-l-Khallal, 128), Ishaq b. Rahuyah (Masa’il al-Kusaj, 3311), al-ʿUqayli (al-Duʿafa, 2/58, 238), Ibn ʿAbd al-Barr (al-Jamiʿ, 1/23), et Ibn ʿAbd al-Hadi (Opuscule sur les hadiths faibles…, 31) ; telle est l’opinion correcte. Voir aussi : Musnad al-Bazzar, 94. Quelques auteurs tardifs l’ont néanmoins jugé acceptable ; cf. al-Lala’a al-manthura d’al-Zarkashi, 43 ; al-Maqasid al-hasana, 660 ; et une monographie indépendante d’al-Suyuti consacrée à ce hadith.
قالوا: وأما قولُ الشاعر: «وأيقنَ أنني بها مُفْتَدٍ» فعلى بابه؛ لأنه ظنَّ أنَّ الأسدَ لتيقُّنه شجاعتَه وجراءتَه موقنٌ بأنَّ الرجلَ يدعُ له ناقتَه يفتدي بها من نفسه. قالوا: وعلى هذا يخرَّجُ معنى الحديث: «نحن أحقُّ بالشكِّ من إبراهيم» (١)، وفيه أجوبة (٢)، لكنَّ بين العِيان والخبر رتبةً طلب إبراهيمُ زوالها بقوله: ﴿وَلَكِنْ لِيَطْمَئِنَّ قَلْبِي﴾ [البقرة: ٢٦٠]، فعبَّر عن تلك الرتبة بالشكِّ، والله أعلم (٣). الوجه الثاني والثلاثون بعد المئة: ما رواه أبو يعلى الموصلي في «مسنده» (٤) من حديث أنس بن مالكٍ يرفعُه إلى النبيِّ ﷺ قال: «طلبُ العلم
(١) أخرجه البخاري (٣٣٧٢)، ومسلم (١٥١) عن أبي هريرة. (٢) (ت): «وعنه أجوبة». وانظر: «فتح الباري» (٦/ ٤٧٤). (٣) انظر: «مدارج السالكين» (١/ ٤٧١). (٤) (٢٨٣٧)، وابن ماجه (٢٢٤)، وغيرهما بإسنادٍ ضعيفٍ جدًّا؛ حفص بن سليمان متروك، وقد أنكروا عليه حديثه هذا. وللحديث طرقٌ أخرى معلولةٌ من حديث أنس، وابن مسعود، وابن عباس، وابن عمر، وأبي سعيد، وجابر، ﵃. وقد حكم بردِّ الحديث من جهة الإسناد جماعةٌ من أئمَّة النقد: أحمد - كما في «المنتخب من العلل للخلال» (١٢٨) -، وإسحاق بن راهويه - كما في «مسائل الكوسج» (٣٣١١) -، والعقيلي في «الضعفاء» (٢/ ٥٨، ٢٣٨)، وابن عبد البر في «الجامع» (١/ ٢٣)، وابن عبد الهادي في «جزء في الأحاديث الضعيفة ... » (٣١). وهو الحق. وانظر: «مسند البزار» (٩٤). وقوَّاه بعض المتأخرين. انظر: «اللالاء المنثورة» للزركشي (٤٣)، و «المقاصد الحسنة» (٦٦٠)، وللسيوطي فيه جزءٌ مفرد.

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