Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

Il a dit (1) :
« Hawwâs s’attendit à l’attaque et se convainquit
que, grâce à elle, je rachèterais ma vie
devant un adversaire isolé que je n’oserais affronter. »

C’est-à-dire : le lion s’approcha de ma chamelle pour la flairer, persuadé que je me rachèterais auprès de lui en la lui abandonnant, que je sauverais ainsi ma propre vie et que je ne me jeterais pas dans le péril en le combattant (2).

J’ajoute : les spécialistes de la langue et de l’exégèse ont divergé sur ce point : peut-on employer le terme « certitude » à la place de « conjecture », et la « conjecture » à la place de la « certitude » ? (3)

Un groupe l’a admis, parmi lesquels al-Jawharî et d’autres. Outre ce qui a déjà été avancé, ils s’appuient sur la parole du Très-Haut : « ceux qui sont persuadés qu’ils rencontreront leur Seigneur et qu’ils retourneront à Lui » (al-Baqara : 46) ; s’ils en avaient douté, ils n’auraient pas été croyants (4), à plus forte raison n’auraient-ils pas été loués de la sorte. Ils invoquent également : « Ceux qui étaient convaincus qu’ils rencontreraient Allah dirent : “Combien de petites troupes n’ont-elles pas vaincu des troupes nombreuses par la permission d’Allah !” » (al-Baqara : 249), ainsi que : « Les criminels verront le Feu et croiront qu’ils vont y être précipités » (al-Kahf : 53), et enfin ces vers du poète (5) :

(1) Abou Sidra al-Asadi – on trouve aussi la variante al-Hujaymi. Cf. Abou Zayd, al-Nawâdir, p. 189 ; al-La’âlî, t. 1, p. 539 ; al-Khizâna, t. 2, p. 119. (2) Les manuscrits Q, D et T lisent : « li-muqâtalatihi » (« pour le combattre »). (3) Cf. Ibn al-Anbari, al-Aḍdâd, p. 12 ; al-Tabarî, Tafsîr, t. 2, p. 17 ; al-Khizâna, t. 9, p. 314 et t. 11, p. 282. (4) Le manuscrit Q porte : « muqinîn » (« pleins de certitude »). (5) Il s’agit de Durayd b. al-Ṣimma ; le vers appartient à la Ḥamâsa recueillie par al-Aṣmaʿî. Cf. al-Ḥamâsa, comm. al-Marzûqî, p. 812 ; al-Aṣmaʿiyyât, p. 28 ; son Dîwân, p. 47. — al-mudajjaj : « entièrement cuirassé » ; sarâtuhum : « leurs notables, leurs chefs » ; al-fârisi al-musarrad : « cotte de mailles persane solidement tressée ».
قال (١): تَحَسَّبَ هوَّاسٌ وأيقَنَ أنني ... بها مُفْتَدٍ من واحدٍ لا أُغامِرُه يقول: تَشَمَّمَ الأسدُ ناقتي، يظنُّ أنني أفتدي بها منه، وأستحيي نفسي فأتركها له، ولا أَقْتَحِمُ المهالكَ بمقاتلته (٢)». قلت: هذا موضعٌ اختلف فيه أهلُ اللغة والتفسير؛ هل يستعملُ اليقينُ في موضع الظنِّ، والظنُّ في موضع اليقين؟ (٣). فرأى ذلك طائفة، منهم الجوهريُّ وغيره، واحتجُّوا سوى ما ذُكِر بقوله تعالى: ﴿الَّذِينَ يَظُنُّونَ أَنَّهُمْ مُلَاقُو رَبِّهِمْ وَأَنَّهُمْ إِلَيْهِ رَاجِعُونَ﴾ [البقرة: ٤٦]، ولو شكُّوا في ذلك لم يكونوا مؤمنين (٤)، فضلًا عن أن يُمْدَحوا بهذا المدح، وبقوله تعالى: ﴿قَالَ الَّذِينَ يَظُنُّونَ أَنَّهُمْ مُلَاقُو اللَّهِ كَمْ مِنْ فِئَةٍ قَلِيلَةٍ غَلَبَتْ فِئَةً كَثِيرَةً بِإِذْنِ اللَّهِ﴾ [البقرة: ٢٤٩]، وبقوله تعالى: ﴿وَرَأَى الْمُجْرِمُونَ النَّارَ فَظَنُّوا أَنَّهُمْ مُوَاقِعُوهَا﴾ [الكهف: ٥٣]، وبقول الشاعر (٥):
(١) أبو سِدْرة الأسدي، ويقال: الهُجَيْمي. انظر: «النوادر» لأبي زيد (١٨٩)، و «اللآلي» (١/ ٥٣٩)، و «الخزانة» (٢/ ١١٩). (٢) (ق، د، ت): «لمقاتلته». (٣) انظر: «الأضداد» لابن الأنباري (١٢)، و «تفسير الطبري» (٢/ ١٧)، و «الخزانة» (٩/ ٣١٤، ١١/ ٢٨٢). (٤) (ق): «موقنين». (٥) هو دريدُ بن الصِّمَّة، من حماسيَّةٍ أصمعية. انظر: «الحماسة» بشرح المرزوقي (٨١٢)، و «الأصمعيات» (٢٨)، وديوانه (٤٧). والمدجَّج: الكاملُ السلاح. وسَراتهم: أشرافُهم ورؤساؤهم. والفارسيُّ المسرَّد: الدِّرعُ الفارسيُّ المحكم النَّسج.

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