Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

Ainsi, la science constitue le premier degré de la certitude ; d’où cette maxime : « La science se sert de toi, tandis que la certitude te porte. » (1)

La certitude est le plus noble des dons que le Seigneur fasse à Son serviteur, et le pied du contentement ne tient fermement que sur le terrain de la certitude.

Allah — qu’Il soit exalté — dit : « Nulle calamité n’atteint qu’avec la permission d’Allah ; et quiconque croit en Allah, Il guide son cœur. » [at-Taghâbun : 11]. Ibn Masʿûd déclara : « Il s’agit du serviteur qu’éprouve une affliction ; il sait qu’elle vient d’Allah, s’en montre satisfait et s’en remet à Lui. » (2)

C’est pourquoi la bonne direction du cœur, le contentement et la soumission ne s’obtiennent que par sa certitude.

Dans le Ṣiḥâḥ (3) on lit : « La certitude est un savoir débarrassé du doute. On dira : yaqintu l’affaire — avec kasra — yaqanan ; istayqantu, ayqantu et tayyaqqantu ; toutes ces formes ont le même sens. On dit encore : “Je suis sur une certitude à son sujet.”

Si le y se change en w dans muqin (celui qui a la certitude), c’est à cause de la ḍamma qui le précède ; mais au diminutif on revient à la forme d’origine et l’on dit : muhayyiqin.

Il arrive enfin que l’on emploie le mot « certitude » pour désigner la conjecture, et le mot « conjecture » pour désigner la certitude. (4)

(1) Cette parole est attribuée à Abu Sa‘id al-Kharraz ; elle est citée par al-Qushayri, La Risala, p. 322 ; par al-Bayhaqi, Shu‘ab al-iman, t. 4, p. 455 ; et par al-Khatib al-Baghdadi, Iqtida al-ʿilm al-ʿamal, p. 36. (2) Al-Bukhari la rapporte sous forme suspendue dans le Sahih, t. 6, p. 193 ; Sa‘id b. Mansur en a donné la chaîne complète, cf. al-Durr al-manthur, t. 6, p. 227. La version est réputée provenir de ʿAlqama ; voir Fath al-bari, t. 8, p. 520, et Taghliq al-taʿliq, t. 4, p. 342. (3) T. 6, p. 2219 (racine q-y-n). (4) Dans le manuscrit D : «wa-bi-z-zann ʿan al-yaqin» («par la conjecture au lieu de la certitude») ; corrigé en marge en : «wa-bi-l-yaqin ʿan az-zann» («par la certitude au lieu de la conjecture»).
فالعلمُ أولُ درجات اليقين؛ ولهذا قيل: «العلمُ يستعملُك، واليقينُ يَحْمِلُك» (١). فاليقينُ أفضلُ مواهب الربِّ لعبده، ولا تثبتُ قدمُ الرضا إلا على درجة اليقين. قال الله تعالى: ﴿مَا أَصَابَ مِنْ مُصِيبَةٍ إِلَّا بِإِذْنِ اللَّهِ وَمَنْ يُؤْمِنْ بِاللَّهِ يَهْدِ قَلْبَهُ﴾ [التغابن: ١١]. قال ابنُ مسعود: «هو العبدُ تصيبُه المصيبة، فيعلمُ أنها من عند الله، فيرضى ويسلِّم» (٢). فلهذا لم تحصل له هدايةُ القلب والرضا والتسليمُ إلا بيقينه. قال في «الصحاح» (٣): «اليقينُ: العلمُ وزوالُ الشك، يقال منه: يَقِنْتُ الأمرَ ــ بالكسر ــ يَقَنًا، واستيقنتُ وأيقنتُ وتيقَّنت، كلُّه بمعنًى واحد. وأنا على يقينٍ منه. وإنما صارت الياءُ واوًا في «مُوقِن» للضمَّة قبلها، وإذا صغَّرتَه رددته إلى الأصل، فقلتَ: مُيَيْقِن. وربَّما عبَّروا عن الظنِّ باليقين، وعن اليقين بالظن (٤).
(١) قاله أبو سعيد الخراز. أخرجه القشيري في «الرسالة» (٣٢٢)، والبيهقي في «الشعب» (٤/ ٤٥٥)، والخطيب في «اقتضاء العلم العمل» (٣٦). (٢) علَّقه البخاري في «الصحيح» (٦/ ١٩٣). ووصله سعيد بن منصور، كما في «الدر المنثور». (٦/ ٢٢٧). وهو مشهورٌ عن علقمة. انظر: «الفتح» (٨/ ٥٢٠)، و «تغليق التعليق» (٤/ ٣٤٢). (٣) (٦/ ٢٢١٩) (يقن). (٤) (د): «وبالظن عن اليقين»، وصحِّحت في الطرَّة إلى: «وباليقين عن الظن».

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