Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

et Il a fait de l’angoisse et du chagrin le lot du doute et du mécontentement.» (1)
Lorsqu’une véritable certitude imprègne le cœur, celui-ci se remplit de lumière ; toute incertitude et tout soupçon s’en évanouissent, il guérit de ses maladies mortelles et déborde de gratitude envers Allah, de rappel, d’amour et de crainte ; il vit alors sur une claire évidence.
La certitude et l’amour sont les deux piliers de la foi ; elle se fonde sur eux, se maintient par eux, et ils nourrissent l’ensemble des œuvres, qu’elles soient intérieures ou extérieures. D’eux procèdent toutes les actions ; si l’un d’eux s’affaiblit, les œuvres s’affaiblissent, et s’ils se renforcent, elles se renforcent. Tous les degrés des cheminants et les stations des gnostiques ne deviennent valables que grâce à eux (2) ; ils font fructifier toute bonne action, tout savoir utile et toute guidée droite.
Le maître des connaissants, al-Junayd (3), a dit : « La certitude est la stabilité d’un savoir qui, dans le cœur, ne bascule ni ne se transforme ni ne change. » (4)

(1) Rapporté par al-Tabarani dans al-Kabir (10/215), al-Qushayri dans al-Risala (p. 318), Abu Nuaym dans Hilyat al-awliya (4/121 ; 7/130), al-Bayhaqi dans al-Arbaʿin as-sughra (51), et d’autres, avec une chaîne de transmission très faible. Une autre voie, meilleure mais interrompue, a été rapportée par al-Bayhaqi dans Shuʿab al-iman (1/527) et dans al-Arbaʿin (50). Le hadith est également transmis sous forme mawquf, attribué à Ibn Masʿud ; cette version paraît plus vraisemblable et c’est celle qu’a privilégiée al-Bayhaqi, bien que la chaîne y soit également rompue. Rapporté par Ibn Abi Dunya dans al-Yaqin (32), puis par son intermédiaire par al-Bayhaqi dans Shuʿab al-iman (1/528) et al-Arbaʿin (52). (2) Les manuscrits T et Q portent : « tuftaḥ bihimā » (les deux ouvrent la voie). Cette variante n’est pas signalée dans le manuscrit D. (3) Al-Junayd b. Muhammad al-Baghdadi, maître soufi réputé pour son savoir et son ascèse (m. 297 H). Voir : Tabaqat al-sufiya, p. 155 ; Siyar, 14/66. (4) Al-Risala al-Qushayriyya, p. 320.
وجعل الهمَّ والحزن في الشكِّ والسخط» (١). فإذا باشرَ القلبَ اليقينُ امتلأ نورًا، وانتفى عنه كلُّ ريبٍ وشك، وعُوفي من أمراضه القاتلة، وامتلأ شكرًا لله وذكرًا ومحبَّةً وخوفًا، فحَيِيَ عن بيِّنة. واليقينُ والمحبةُ هما ركنا الإيمان، وعليهما ينبني، وبهما قِوامُه، وهما يُمِدَّان سائرَ الأعمال القلبية والبدنية، وعنهما تَصْدُر، وبضعفهما يكونُ ضعفُ الأعمال، وبقوَّتهما قوتها. وجميعُ منازل السائرين ومقامات العارفين إنما تصحُّ بهما (٢)، وهما يُثْمِران كلَّ عملٍ صالحٍ وعلمٍ نافعٍ وهدًى مستقيم. قال شيخُ العارفين الجُنيد (٣): «اليقينُ هو استقرارُ العلم الذي لا ينقلبُ ولا يتحوَّلُ ولا يتغيَّرُ في القلب» (٤).
(١) أخرجه الطبراني في «الكبير» (١٠/ ٢١٥)، والقشيري في «الرسالة» (٣١٨)، وأبو نعيم في «الحلية» (٤/ ١٢١، ٧/ ١٣٠)، والبيهقي في «الأربعين الصغرى» (٥١)، وغيرهم، بإسنادٍ شديد الضعف. ورُوِي من وجهٍ آخر أحسن منه، إلا أنَّ فيه انقطاعًا. أخرجه البيهقي في «الشعب» (١/ ٥٢٧)، و «الأربعين» (٥٠). ورُوِي موقوفًا على ابن مسعود، وهو أشبه، وإليه مال البيهقي، وإن كان في إسناده انقطاع. أخرجه ابن أبي الدنيا في «اليقين» (٣٢)، ومن طريقه البيهقي في «الشعب» (١/ ٥٢٨)، و «الأربعين» (٥٢). (٢) (ت، ق): «تفتح بهما». ولم تحرر في (د). (٣) الجُنَيد بن محمد البغدادي، شيخ الصُّوفية، صاحبُ علمٍ وتعبُّد (ت: ٢٩٧). انظر: «طبقات الصوفية» (١٥٥)، و «السير» (١٤/ ٦٦). (٤) «الرسالة القشيرية» (٣٢٠).

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