Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

dans « j’appelle », c’est-à-dire : ceux qui me suivent appellent Allah comme je L’appelle. Tel est également l’avis d’al-Kalbî (1), lequel déclare : « Il incombe à tout disciple de convier les gens à ce à quoi il les a conviés et de les rappeler au Coran et à l’exhortation » (2).

Plusieurs arguments viennent étayer cette interprétation.

Ibn al-Anbârî a dit : on peut clore la phrase sur « j’appelle Allah », puis reprendre ainsi : « en pleine clairvoyance : moi et ceux qui me suivent » (3). Le passage se composerait alors de deux propositions : dans la première, il affirme qu’il appelle Allah ; dans la seconde, il précise que lui-même et ses adeptes sont sur la clairvoyance.

Ces deux lectures sont indissociables ; un homme ne saurait être véritablement de ses suivants s’il n’appelle pas à ce à quoi il a appelé. L’opinion d’al-Farrâ’ demeure toutefois la plus élégante et la plus conforme à l’art oratoire (4).

Or, puisque l’appel vers Allah est le rang le plus noble, le plus élevé et le plus méritoire qui soit pour le serviteur, il ne se réalise qu’au moyen du savoir par lequel – et vers lequel – on prêche. Pour que la prédication atteigne sa perfection, il faut même que l’on parvienne, dans la science, au degré que l’effort humain peut atteindre (5).

Il suffit, pour mesurer la dignité du savoir, de constater que son détenteur accède par lui à ce rang éminent ; et Allah répand Sa faveur sur qui Il veut.

(1) Muhammad b. al-Saʾib b. Bishr, Abou al-Nadr, traditionniste, généalogiste et exégète (m. 146 H). Voir : Siyar aʿlâm al-nubalâʾ, vol. 6, p. 248. (2) Voir : al-Kashf wa-l-bayân, vol. 5, p. 263 ; al-Basît, vol. 12, p. 263. Également rapporté par al-Tabarî, vol. 16, p. 292, d’après Ibn Zayd. (3) Voir : Zâd al-masîr, vol. 4, p. 295. (4) Voir supra, p. 216. (5) Telle est la leçon des manuscrits : « jusqu’à la dernière limite que puisse atteindre l’effort ».
في ﴿أَدْعُو﴾، يعني: ومن اتبعني يدعو إلى الله كما أدعو. وهذا قولُ الكلبي (١)، قال: حقٌّ على كلِّ من اتبعه أن يدعو إلى ما دعا إليه ويذكِّر بالقرآن والموعظة (٢). ويَقْوَى هذا القولُ من وجوهٍ كثيرة. قال ابن الأنباري: ويجوزُ أن يتمَّ الكلامُ عند قوله: ﴿أَدْعُو إِلَى اللَّهِ﴾، ثمَّ يبتداء: ﴿عَلَى بَصِيرَةٍ أَنَا وَمَنِ اتَّبَعَنِي﴾ (٣). فيكونُ الكلامُ على قوله جملتين، أخبَر في أولاهما أنه يدعو إلى الله، وفي الثانية بأنه وأتباعَه على بصيرة. والقولان متلازمان؛ فلا يكونُ الرجلُ من أتباعه حقًّا حتى يدعو إلى ما دعا إليه. وقولُ الفرَّاء أحسنُ وأقربُ إلى الفصاحة والبلاغة (٤). وإذا كانت الدعوةُ إلى الله أشرفَ مقامات العبد وأجلَّها وأفضلَها، فهي لا تحصلُ إلا بالعلم الذي يدعو به وإليه، بل لا بد في كمال الدعوة من البلوغ في العلم إلى حدٍّ يصلُ إليه السَّعي (٥). ويكفي هذا في شرف العلم، أنَّ صاحبه يحوزُ به هذا المقام، والله يؤتي فضله من يشاء.
(١) محمد بن السائب بن بشر، أبو النضر، الإخباريُّ النَّسابة المفسِّر (ت: ١٤٦). انظر: «السير» (٦/ ٢٤٨). (٢) انظر: «الكشف والبيان» (٥/ ٢٦٣)، و «البسيط» (١٢/ ٢٦٣). وأخرجه الطبري (١٦/ ٢٩٢) عن ابن زيد. (٣) انظر: «زاد المسير» (٤/ ٢٩٥). (٤) راجع ما مضى (ص: ٢١٦). (٥) كذا في الأصول. أي: إلى آخر حدٍّ يصلُ إليه السعي.

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