dans « j’appelle », c’est-à-dire : ceux qui me suivent appellent Allah comme je L’appelle. Tel est également l’avis d’al-Kalbî (1), lequel déclare : « Il incombe à tout disciple de convier les gens à ce à quoi il les a conviés et de les rappeler au Coran et à l’exhortation » (2).
Plusieurs arguments viennent étayer cette interprétation.
Ibn al-Anbârî a dit : on peut clore la phrase sur « j’appelle Allah », puis reprendre ainsi : « en pleine clairvoyance : moi et ceux qui me suivent » (3). Le passage se composerait alors de deux propositions : dans la première, il affirme qu’il appelle Allah ; dans la seconde, il précise que lui-même et ses adeptes sont sur la clairvoyance.
Ces deux lectures sont indissociables ; un homme ne saurait être véritablement de ses suivants s’il n’appelle pas à ce à quoi il a appelé. L’opinion d’al-Farrâ’ demeure toutefois la plus élégante et la plus conforme à l’art oratoire (4).
Or, puisque l’appel vers Allah est le rang le plus noble, le plus élevé et le plus méritoire qui soit pour le serviteur, il ne se réalise qu’au moyen du savoir par lequel – et vers lequel – on prêche. Pour que la prédication atteigne sa perfection, il faut même que l’on parvienne, dans la science, au degré que l’effort humain peut atteindre (5).
Il suffit, pour mesurer la dignité du savoir, de constater que son détenteur accède par lui à ce rang éminent ; et Allah répand Sa faveur sur qui Il veut.