Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

Tel est l’avis d’un groupe de grammairiens (1).

L’opinion correcte est que le tâʾ ne s’est ajouté qu’à la faveur d’un déplacement de la fonction adjectivale vers la fonction nominale : le mot, d’abord qualificatif, a ensuite été traité comme un nom, d’où l’adjonction du tâʾ. On procède de la même manière lorsqu’on dit naṭîḥa (bête encornée) avec le tâʾ ; mais, quand on l’emploie comme adjectif, on dit : shâtun naṭîḥ (une brebis encornée), tout comme on dit : kaffun khaḍîb (une main teinte). Faute de quoi, il n’y aurait aucun sens à parler d’hyperbole dans khalîfa qui justifierait l’ajout d’un tâʾ d’intensification. Allah sait mieux.

• Quant à l’expression : « et Ses prédicateurs qui appellent à Sa religion », le terme duʿât est le pluriel de dâʿin (« prédicateur »), de la même façon que qâḍin/quḍât (« juge/juges ») ou râmin/rumât (« archer/archers »). Leur rattachement à Allah marque l’exclusivité : il s’agit des prédicateurs qui Lui sont réservés, ceux qui appellent à Sa religion, à Son culte, à Sa connaissance et à Son amour. Ceux-là constituent l’élite de la création de Dieu, les plus honorés auprès de Lui et les plus élevés en dignité.

Le 130ᵉ aspect vient l’étayer : « Et qui tient un propos plus beau que celui qui appelle à Allah, accomplit une œuvre salutaire et dit : “Je suis, certes, du nombre des musulmans.” » (Fussilat, 33).

Al-Ḥasan a dit : « Il s’agit du croyant : il a répondu à l’appel de Dieu, il convie les gens à l’appel auquel il a lui-même répondu, et il accomplit des œuvres pies en réponse à cet appel. Voilà l’ami intime de Dieu, voilà le protégé de Dieu. » (2)

Le rang de l’appel à Allah est donc la plus noble des stations du serviteur. Le Très-Haut dit : « Lorsque le serviteur d’Allah se leva pour L’invoquer, ils faillirent se ruer sur lui en masse. » (al-Jinn, 19).

(1) Cf. al-Tibyan d’al-Akbari, t. 1, p. 47 ; ainsi que al-Nihaya, entrée « khalaf ». (2) Rapporté par al-Tabari, t. 21, p. 468.
هذا قولُ جماعةٍ من النحاة (١). والصوابُ أنَّ التاء إنما دخلت فيها للعَدْل عن الوصف إلى الاسم؛ فإنَّ الكلمةَ صفةٌ في الأصل، ثمَّ أُجرِيَت مجرى الأسماء، فأُلحِقَت التاءُ لذلك، كما قالوا: «نَطِيحة» بالتاء، فإذا أجروها صفةً قالوا: «شاةٌ نَطِيح» كما يقولون: «كفٌّ خَضِيب»، وإلا فلا معنى للمبالغة في «خليفة» حتى تلحقها تاءُ المبالغة، والله أعلم. * وقولُه: «ودعاتُه إلى دينه»؛ الدعاة: جمعُ داعٍ، كقاضٍ وقضاة، ورامٍ ورماة، وإضافتُهم إلى الله للاختصاص، أي الدعاةُ المخصوصون به الذين يدعون إلى دينه وعبادته ومعرفته ومحبَّته، وهؤلاء هم خواصُّ خلق الله وأفضلُهم عند الله منزلةً وأعلاهم قدرًا. يدلُّ على ذلك الوجه الثلاثون بعد المئة: وهو قولُه تعالى: ﴿وَمَنْ أَحْسَنُ قَوْلًا مِمَّنْ دَعَا إِلَى اللَّهِ وَعَمِلَ صَالِحًا وَقَالَ إِنَّنِي مِنَ الْمُسْلِمِينَ﴾ [فصلت: ٣٣]. قال الحسن: «هو المؤمنُ؛ أجاب اللهَ في دعوته، ودعا الناسَ إلى ما أجابَ اللهَ فيه من دعوته، وعملَ صالحًا في إجابته؛ فهذا حبيبُ الله، هذا وليُّ الله» (٢). فمقامُ الدعوة إلى الله أفضلُ مقامات العبد، قال تعالى: ﴿وَأَنَّهُ لَمَّا قَامَ عَبْدُ اللَّهِ يَدْعُوهُ كَادُوا يَكُونُونَ عَلَيْهِ لِبَدًا﴾ [الجن: ١٩].
(١) انظر: «التبيان» للعكبري (١/ ٤٧)، و «النهاية» (خلف). (٢) أخرجه الطبري (٢١/ ٤٦٨).

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