Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

son rang parmi les bien-guidés, et veille sur sa famille. »

Ainsi, Allah – exalté soit-Il – est le Khalîfa du serviteur, car le serviteur meurt et a besoin de quelqu’un qui le supplée auprès des siens.

Ils ajoutent : C’est pour cette raison que le Véridique, Abou Bakr – qu’Allah l’agrée – reprit celui qui l’avait interpellé en disant : « Ô Khalîfa d’Allah ! » Il répondit : « Je ne suis pas le Khalîfa d’Allah, mais le successeur du Messager d’Allah, et cela me suffit. » (1)

Ils poursuivent : Quant à la parole divine : « Je vais établir sur la terre un khalîfa » (al-Baqarah, 30), nul ne conteste qu’il s’agit d’Adam et de sa descendance. La majorité des exégètes, anciens comme modernes, affirme qu’Il l’a établi comme khalîfa à la place de ceux qui l’avaient précédé (2) sur la terre. Certains disent : des djinns qui l’habitaient ; d’autres : des anges qui l’occupèrent après les djinns. Leur histoire est rapportée dans les livres de tafsîr (3).

Quant à Sa parole : « C’est Lui qui a fait de vous les successeurs sur la terre » (al-Anʿâm, 165), elle ne signifie pas que vous soyez des successeurs d’Allah, mais qu’Il a voulu que vous vous relayiez les uns les autres : chaque génération disparaît et une autre lui succède, et il en sera ainsi jusqu’à la fin des temps.

(1) Rapporté par Ahmad, al-Musnad, 1/10 ; Ibn Abi Shayba, al-Musannaf, 14/568 ; al-Khallal, al-Sunna, 1/274, et d’autres, avec une chaîne de transmission interrompue. Les Compagnons ﵃ l’appelaient cependant : « Ô successeur du Messager d’Allah ». Al-Hakim a consacré dans al-Mustadrak, 3/79, un chapitre aux récits sur ce point ; il en a authentifié certains, sans que al-Dhahabi ne les conteste. (2) Leçons divergentes : (T) « fa-man kana qablahu » ; (N) « mimman kana qablahu » ; (D, Q) « khalifatuhu mimman kana qablahu ». La leçon adoptée ci-dessus est la plus plausible. (3) Voir aussi : Tafsir al-Tabari, 1/450 ; al-Durr al-manthur, 1/44.
درجتَه في المهديِّين، واخلُفْهُ في أهله». فالله تعالى هو خليفةُ العبد؛ لأنَّ العبدَ يموتُ فيحتاجُ إلى من يَخْلُفه في أهله. قالوا: ولهذا أنكر الصدِّيقُ ﵁ على من قال له: «يا خليفةَ الله»، قال: «لستُ بخليفة الله، ولكن خليفةُ رسول الله، وحسبي ذلك» (١). قالوا: وأمَّا قولُه تعالى: ﴿إِنِّي جَاعِلٌ فِي الْأَرْضِ خَلِيفَةً﴾ [البقرة: ٣٠]، فلا خلافَ أنَّ المرادَ به آدمُ وذريته. وجمهورُ أهل التفسير من السَّلف والخلف على أنه جعله خليفةً عمن كان قبله (٢) في الأرض. قيل: عن الجنِّ الذين كانوا سُكَّانها. وقيل: عن الملائكة الذين سكنوها بعد الجنِّ، وقصَّتهم مذكورةٌ في التفاسير (٣). وأمَّا قولُه تعالى: ﴿وَهُوَ الَّذِي جَعَلَكُمْ خَلَائِفَ الْأَرْضِ﴾ [الأنعام: ١٦٥]، فليس المرادُ به خلائفَ عن الله، وإنما المرادُ به أنه جعلكم يَخْلُفُ بعضُكم بعضًا، فكلَّما هلك قرنٌ خَلَفه قرنٌ إلى آخر الدهر.
(١) أخرجه أحمد في «المسند» (١/ ١٠)، وابن أبي شيبة في «المصنف» (١٤/ ٥٦٨)، والخلال في «السنة» (١/ ٢٧٤)، وغيرهم بإسنادٍ منقطع. وقد كان الصحابةُ ﵃ ينادونه: «يا خليفة رسول الله»، عقد الحاكمُ للروايات في ذلك فصلًا في «المستدرك» (٣/ ٧٩)، وصحَّح بعضها ولم يتعقَّبه الذهبي. (٢) (ت): «فمن كان قبله». (ن): «ممن كان قبله». (د، ق): «خليفته ممن كان قبله». والمثبت أشبه. (٣) انظر: «تفسير الطبري» (١/ ٤٥٠)، و «الدر المنثور» (١/ ٤٤).

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