Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

At-Tirmidhî rapporte également un récit semblable, d’après Abû Hurayra (1).

En somme, ce qui pénètre le cœur et le fait accéder à la réalité de la foi, ce qui lui rend facile ce que d’autres trouvent ardu et l’apprivoise avec ce qui effraie autrui, c’est la science parfaite et l’amour pur. Or l’amour suit la connaissance : il se renforce avec elle et s’affaiblit lorsqu’elle s’affaiblit. L’amoureux ne juge jamais pénible la voie qui le conduit à son Bien-Aimé ; il ne s’y sent point étranger.

Quant à cette parole : « Ils ont côtoyé le bas monde avec des corps dont les esprits sont suspendus à l’Assemblée suprême », et, dans une autre version, « au séjour sublime », elle signifie que l’âme, logée dans ce corps, vit en terre d’exil. Elle possède une patrie autre que celle-ci et ne trouve le repos que dans sa patrie. Substantielle et supérieure, créée d’une matière céleste, elle fut contrainte de cohabiter avec ce corps dense ; dès lors, elle recherche sans cesse son domaine dans le séjour sublime et y aspire comme l’oiseau à son nid.

Toute âme porte en elle cet élan, mais, trop accaparée par le corps et les sensations familières, elle s’est attachée à la terre, oubliant sa demeure (2) et sa patrie où seule elle peut goûter le repos. De fait, le croyant ne trouve de quiétude qu’en la rencontre de son Seigneur ; ce monde est vraiment sa prison. C’est pourquoi tu vois le croyant : son corps se trouve ici-bas tandis que son esprit séjourne dans les hauteurs.

Selon le hadith remontant au Prophète : « Quand le serviteur s’endort en état de prosternation, Allah se glorifie de lui devant les anges et dit : “Voyez Mon serviteur : son corps est sur la terre, mais son âme est auprès de Moi.” » Rapporté par Tammâm (3).

(1) n° 2526 : « La chaîne de transmission de ce ḥadith n’est pas très solide et, pour ma part, il n’est pas relié (muttasil). » (2) Les manuscrits T, Q, N et H portent « muʿallimi-hā », leçon fautive. L’édition D conserve la forme correcte. Cf. infra, p. … ; on peut aussi lire : maʿhadihā. Voir : Madārij as-sālikīn, 1/498. (3) Al-Fawāʾid, p. 343 (éd. ar-Rawḍ) et al-Bayhaqī, al-Khilāfiyyāt, 2/143, rapportent ce texte d’après Anas avec une chaîne très faible. — Une autre version passe par al-Ḥasan d’après Abū Hurayra ; Ibn Shāhīn l’a citée dans an-Nāsikh wa-l-mansūkh, p. 199, mais al-Ḥasan n’a pas entendu Abū Hurayra ; al-Dāraquṭnī l’a donc déclarée défectueuse (al-ʿIlal, 8/249). — Une forme, plus vraisemblable, est rapportée comme parole d’al-Ḥasan : « On m’a informé que le serviteur, lorsqu’il s’endort… » (Ibn al-Mubārak, az-Zuhd, n° 1213). — On la trouve encore comme simple propos d’al-Ḥasan chez Aḥmad, az-Zuhd, n° 280 ; Ibn Abī Shayba, 14/28 ; Muḥammad b. Naṣr, Taʿẓīm qadr aṣ-ṣalāh, 1/319. — Voir aussi : al-Majmūʿ, 2/14, et Talkhīṣ al-ḥabīr, 1/120.
وفي الترمذي أيضًا نحوه من حديث أبي هريرة (١). والمقصودُ أنَّ الذي يهجُم بالقلب على حقيقة الإيمان، ويليِّنُ له ما يستوعرُه غيرُه، ويُؤنِسُه بما يستوحشُ منه سواه: العلمُ التام، والحبُّ الخالص. والحبُّ تبعٌ للعلم، يقوى بقوَّته، ويضعفُ بضعفه، والمحبُّ لا يستوعرُ طريقًا توصلُه إلى محبوبه، ولا يستوحشُ فيها. * وقولُه: «صحبوا الدنيا بأبدانٍ أرواحُها معلَّقةٌ بالملأ الأعلى»، وفي رواية: «بالمحلِّ الأعلى»؛ الروحُ في هذا الجسد بدارِ غُربة، ولها وطنٌ غيره فلا تستقرُّ إلا في وطنها، وهي جوهرٌ عُلْوِيٌّ مخلوقٌ من مادةٍ عُلْوِيَّة، وقد اضطرَّت إلى مساكنة هذا البدن الكثيف، فهي دائمًا تطلبُ وطنها في المحلِّ الأعلى، وتحنُّ إليه حنينَ الطير إلى أوكارها. وكلُّ روحٍ ففيها ذلك، ولكن لفرط اشتغالها بالبدن وبالمحسوسات المألوفة أخلدت إلى الأرض، ونسيت محلَّها (٢) ووطنها الذي لا راحة لها في غيره؛ فإنه لا راحة للمؤمن دون لقاء ربِّه، والدنيا سجنُه حقًّا، فلهذا تجدُ المؤمنَ بدنُه في الدنيا وروحُه في المحلِّ الأعلى. وفي الحديث المرفوع: «إذا نام العبدُ وهو ساجدٌ باهى اللهُ به الملائكة، فيقول: انظروا إلى عبدي، بدنُه في الأرض وروحُه عندي» رواه تمَّامٌ (٣)
(١) (٢٥٢٦)، وقال: «هذا حديثٌ ليس إسناده بذاك القوي وليس هو عندي بمتصل». (٢) (ت، ق، ن، ح): «معلمها». تحريف. والمثبت من (د)، وهو الصواب. انظر ما سيأتي (ص: ... ). ويحتمل أن تكون: معهدها. انظر: «مدارج السالكين» (١/ ٤٩٨). (٣) في «الفوائد» (٣٤٣ - الروض)، والبيهقي في «الخلافيات» (٢/ ١٤٣) من حديث أنسٍ بإسنادٍ ضعيف جدًّا. ورُوِي من حديث الحسن، عن أبي هريرة. أخرجه ابن شاهين في «الناسخ والمنسوخ» (١٩٩). والحسنُ لم يسمع من أبي هريرة. وبذا أعلَّه الدارقطنيُّ في «العلل» (٨/ ٢٤٩). ورُوِي عن الحسن قال: «أُنبئتُ أنَّ العبد إذا نام ... ». أخرجه ابن المبارك في «الزهد» (١٢١٣). وهو أشبه. ورُوِي عن الحسن قوله. أخرجه أحمد في «الزهد» (٢٨٠)، وابن أبي شيبة (١٤/ ٢٨)، ومحمد بن نصر في «تعظيم قدر الصلاة» (١/ ٣١٩). وانظر: «المجموع» (٢/ ١٤)، و «التلخيص الحبير» (١/ ١٢٠).

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