Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

pareil au fait d’en boire. (1)

Dans cette perspective, on rapporte le hadith de Hâritha. Le Prophète ﷺ lui demanda : « Comment t’es-tu réveillé, ô Hâritha ? » — « Je me suis levé en véritable croyant, répondit-il. » Le Prophète poursuivit : « Toute parole possède sa réalité ; quelle est donc la réalité de ta foi ? » — « Mon âme s’est détournée de ce monde et de ses passions ; je veille la nuit et je me prive de boisson le jour. Il me semble voir le Trône de mon Seigneur, clairement dévoilé ; il me semble voir les gens du Paradis se rendre visite, tandis que les gens du Feu y hurlent de détresse. » Le Prophète conclut : « Voici un serviteur dont Allah a illuminé le cœur. » (2)

Tel est l’assaut de la science qui entraîne son détenteur jusqu’à la réalité même des choses. Celui qui y parvient trouve aisé ce que les gens comblés jugent ardu et se familiarise avec ce dont les ignorants s’épouvantent. Quant à celui dont le pas de la foi ne se fixe pas solidement à ce degré, sa foi demeure chancelante.

Les signes d’un tel état sont : l’ouverture de la poitrine aux stations de la foi et son élargissement, la quiétude du cœur devant le décret d’Allah, le retour constant au rappel d’Allah, Son amour, la joie de Sa rencontre, et le détachement de

(1) Voir : Majmuʿ al-Fatâwâ, vol. 10, p. 645 ; Madârij as-Sâlikîn, vol. 2, p. 403 ; Aymân al-Qurʾân, p. 284. (2) Ce ḥadith a été rapporté par ʿAbd b. Ḥumayd dans le Musnad (no 445, édition sélective) et par at-Ṭabarânî dans al-Kabîr (3/266), entre autres, d’après al-Hârith b. Mâlik al-Anṣârî, avec une chaîne jugée faible. Il est également transmis par d’autres voies, tantôt muʿḍal, tantôt mursal ou rattachée. Al-ʿUqaylî affirme : « Ce ḥadith ne possède pas de chaîne fiable » ; Ibn Saʿîd : « Ce ḥadith n’est pas authentifié avec une chaîne continue » ; Ibn Taymiyya : « Il est rapporté sous forme musnad par une voie faible non probante » ; Ibn Rajab conclut : « La version mursal est la plus solide ». Voir aussi : al-Ḍuʿafâʾ (4/455) ; al-Iṣâba (1/597) ; al-Istiḳâma (1/194) ; Majmuʿ al-Fatâwâ (7/669) ; Jâmiʿ al-ʿUlûm wa-l-Ḥikam, p. 79 ; at-Taḫwîf min an-Nâr, p. 33.
كالشُّرب منه (١). ومن هذا ما يروى في حديث حارثة وقول النبيِّ ﷺ: «كيف أصبحتَ يا حارثة؟» قال: أصبحتُ مؤمنًا حقًّا، قال: «إنَّ لكلِّ قولٍ حقيقة، فما حقيقةُ إيمانك؟» قال: عزفَت نفسي عن الدنيا وشهواتها، فأسهرتُ ليلي وأظمأتُ نهاري، وكأني أنظرُ إلى عرش ربِّي بارزًا، وكأني أنظرُ إلى أهل الجنة يتزاورون فيها، وإلى أهل النار يتعاوَوْن فيها، فقال: «عبدٌ نوَّر اللهُ قلبه» (٢). فهذا هو هجومُ العلم بصاحبه على حقيقة الأمر، ومن وصل إلى هذا استلانَ ما يستوعرُه المترفون، وأَنِسَ بما يستوحشُ منه الجاهلون، ومن لم يثبت قدمُ إيمانه على هذه الدرجة فهو إيمانٌ ضعيف. وعلامةُ هذا: انشراحُ الصدر لمنازل الإيمان، وانفساحُه، وطمأنينةُ القلب لأمر الله، والإنابةُ إلى ذكر الله، ومحبَّته، والفرح بلقائه، والتجافي عن
(١) انظر: «مجموع الفتاوى» (١٠/ ٦٤٥)، و «مدارج السالكين» (٢/ ٤٠٣)، و «أيمان القرآن» (٢٨٤). (٢) أخرجه عبد بن حميد في «المسند» (٤٤٥ - منتخبه)، والطبراني في «الكبير» (٣/ ٢٦٦)، وغيرهما من حديث الحارث بن مالك الأنصاري بإسنادٍ ضعيف. ورُوِي من وجوهٍ أخرى معضلًا ومرسلًا وموصولًا. قال العقيلي: «ليس لهذا الحديث إسنادٌ يثبت»، وقال ابن صاعد: «هذا الحديثُ لا يثبتُ موصولًا»، وقال ابن تيمية: «رُوِي مسندًا من وجهٍ ضعيفٍ لا يثبت»، وقال ابن رجب: «والمرسلُ أصح». انظر: «الضعفاء» (٤/ ٤٥٥)، و «الإصابة» (١/ ٥٩٧)، و «الاستقامة» (١/ ١٩٤)، و «مجموع الفتاوى» (٧/ ٦٦٩)، و «جامع العلوم والحكم» (٧٩)، و «التخويف من النار» (٣٣).

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