Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

« Je la vois : bien qu’elle soit chérie, elle n’est qu’un nuage d’été qui, sous peu, se dissipera. » (1)

Aussitôt, elle s’est détournée de leurs cœurs comme elle s’était détournée de ceux qui s’y complaisaient, tandis que l’Au-delà, rapide, affluait vers leurs cœurs avec la même hâte qu’il se précipite vers l’ensemble des créatures. Ils ont alors enfourché les montures de la résolution, délaissé la douceur du sommeil : la nuit de l’amoureux n’est pas une nuit pour dormir.

Ils savaient combien la route est longue et combien le séjour à la halte des provisions est bref ; ils se sont donc hâtés de se munir pour le voyage. Le pas pressé les menait vers les demeures des Bien-Aimés : ils ont franchi les étapes et plié les vastes déserts (2).

Tout cela provient des fruits de la certitude ; car, lorsque le cœur a la pleine conviction des honneurs qu’Allah tient en réserve et de ce qu’Il prépare pour Ses alliés – au point de le contempler comme derrière le voile de ce monde, sachant qu’une fois ce voile levé il le verra de ses propres yeux –, disparaît en lui la solitude que ressentent les retardataires et s’adoucit pour lui ce que les jouisseurs trouvent insurmontable.

Tel est le premier degré de la certitude : la connaissance sûre et inébranlable, dévoilement de la vérité au cœur, qui la contemple sans doute aucun, comme l’œil voit l’objet placé devant lui.

Vient ensuite le second degré, celui de l’Œil de la certitude, dont le rapport à l’œil est analogue à celui du premier au cœur.

Puis survient le troisième degré, la Réalité de la certitude, c’est-à-dire la rencontre directe de l’objet connu et son appréhension totale.

Le premier degré est semblable à ton assurance qu’il y a de l’eau dans cette vallée ; le second, au moment où tu la vois ; et le troisième

(1) Ces deux vers sont également d’Imran b. Hittan ; ils proviennent d’un autre fragment cité dans al-Zuhd d’Ibn Abi Dunya, p. 219, et un complément de référence figure dans le Diwan shiʿr al-Khawarij, p. 173. (2) C’est ainsi que le mot apparaît dans les sources manuscrites ; il s’agit vraisemblablement d’une corruption de « al-mafâz » – ou « al-mafâzah » (la steppe désertique) –, ce qui rétablirait la rime.
أراها وإن كانت تُحَبُّ فإنها ... سحابةُ صَيْفٍ عن قليلٍ تَقَشَّعُ (١) فترحَّلَت عن قلوبهم مدبرةً كما ترحَّلَت عن أهلها مُوَلِّية، وأقبلت الآخرةُ إلى قلوبهم مسرعةً كما أسرعَت إلى الخلق مقبلة، فامتطوا ظهورَ العزائم، وهجروا لذَّة المنام، وما ليلُ المحبِّ بنائم. عَلِموا طولَ الطريق وقلَّة المُقام في منزل التزوُّد فسارعوا في الجَهاز، وجَدَّ بهم السيرُ إلى منازل الأحباب فقطعوا المراحلَ وطووا المفاوز (٢). وهذا كلُّه من ثمرات اليقين؛ فإنَّ القلب إذا استيقنَ ما أمامه من كرامة الله وما أعدَّ لأوليائه ــ بحيث كأنه ينظرُ إليه من وراء حجاب الدنيا، ويعلمُ أنه إذا زال الحجابُ رأى ذلك عيانًا ــ زالت عنه الوحشةُ التي يجدُها المتخلِّفون، ولانَ له ما استوعره المترفون. وهذه المرتبةُ هي أولُ مراتب اليقين؛ وهي علمُه وتيقُّنه، وهي انكشافُ المعلوم للقلب، بحيث يشاهدُه ولا يشكُّ فيه، كانكشاف المرئيِّ للبصر. ثمَّ تليها المرتبةُ الثانية؛ وهي مرتبةُ عين اليقين، ونسبتُها إلى العين كنسبة الأول إلى القلب. ثمَّ تليها المرتبةُ الثالثة؛ وهي حقُّ اليقين، وهي مباشرةُ المعلوم وإدراكُه الإدراكَ التام. فالأولى كعلمك بأنَّ في هذا الوادي ماءً، والثانيةُ كرؤيته، والثالثةُ
(١) البيتان لعمران بن حطان ــ أيضًا ــ، من مقطعةٍ أخرى في «الزهد» لابن أبي الدنيا (٢١٩)، وفي «ديوان شعر الخوارج» (١٧٣) مزيد تخريج. (٢) كذا في الأصول. ولعلها محرفة عن: المفاز. وهو المفازة. ليستقيم السجع.

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies