ou un argument rationnel(1). Allah – exalté soit-Il – dit : « Nous avons certes envoyé Nos messagers avec des preuves évidentes et fait descendre avec eux le Livre et la Balance » [57 : 25]. Les bayyinât désignent les signes que Dieu a établis, parmi les miracles, pour attester leur véracité, tandis que « le Livre » renvoie à leur appel.
Il dit encore : « La première Maison édifiée pour les hommes est assurément celle de Bakka, bénie et direction pour l’univers (96). On y trouve des signes évidents, dont la station d’Abraham » [3 : 96-97]. La station d’Abraham est un signe particulier, visible à l’œil nu, l’un des signes qu’Allah a placés dans le monde.
Moïse, de son côté, dit à Pharaon et à son peuple : « Je suis venu à vous avec une preuve évidente de la part de votre Seigneur ; laisse donc partir avec moi les Enfants d’Israël (105). » Pharaon répondit : « Si tu es venu avec un signe, fais-le donc apparaître, si tu es du nombre des véridiques (106). » Alors il jeta son bâton (107) [7 : 105-107] ; le jet du bâton et sa transformation en serpent constituaient la bayyina.
Le peuple de Hûd déclara à son tour : « Ô Hûd, tu ne nous as apporté aucune preuve évidente » [11 : 53]. Ils réclamaient le signe qu’ils avaient eux-mêmes proposé ; or il leur avait déjà présenté de quoi reconnaître qu’il était le messager d’Allah. Demander un nouveau signe relevait donc de l’entêtement et d’une exigence injustifiée, sans qu’ils puissent se prévaloir d’aucune excuse s’ils ne répondaient pas à son appel.
Ce sont précisément ces signes auxquels Allah fait allusion lorsqu’Il dit : « Rien ne Nous empêche d’envoyer des signes, sinon que les premières générations les ont traités de mensonges » [17 : 59]. Le fait qu’Il n’ait pas exaucé la requête des mécréants fut donc, de Sa part, miséricorde et bienfaisance ; car Sa règle immuable veut que, lorsqu’ils demandent un signe, qu’il leur est accordé, puis qu’ils persistent à ne pas croire, ils soient aussitôt frappés d’un châtiment d’extermination(2).