ni réduire au silence quiconque s’appuie sur lui pour débattre ; bien au contraire, quiconque l’emploie dans la controverse voit sa preuve triompher (1), renversant l’argument fallacieux de son adversaire. Par lui, les cœurs s’ouvrent, l’on répond à l’appel d’Allah et de Son Messager ; toutefois, les véritables spécialistes de cette science ne se rencontrent, époque après époque, qu’un à la fois.
L’indication coranique est à la fois auditive et rationnelle : elle est catégorique, certaine, à l’abri des sophismes comme des éventualités, et, une fois comprise, le cœur ne s’en détourne jamais.
L’un des théologiens a déclaré : « J’ai consumé ma vie dans le kalâm à chercher la preuve, et je ne faisais que m’en éloigner davantage. Je suis donc revenu au Coran pour le méditer et y réfléchir ; je découvris alors que la véritable preuve était déjà avec moi sans que je l’eusse perçue. J’ai dit : par Allah, mon cas est exactement – voire plus encore – celui que décrit ce vers :
Parmi les merveilles, et les merveilles sont légion,
Le Bien-aimé est proche, mais l’on croit l’accès à Lui lointain.
Tel le chameau dans le désert que la soif abat,
Alors que l’eau repose sur son propre dos. (2)
Il poursuivit : « Lorsque je revins au Coran, je le trouvai juge et preuve tout à la fois. J’y vis parmi les arguments, démonstrations, évidences et éclaircissements divins, de quoi, si l’on rassemblait tout ce que les théologiens ont pu dire de vrai dans leurs ouvrages, une seule sourate suffirait à en contenir la substance ; et cela, avec la beauté de l’exposé, l’éloquence du verbe, la parfaite précision des articulations (3), la justesse des réserves, la mise en lumière des lieux de l’équivoque et la direction vers leurs réponses. Il en est ainsi – et même au-delà – de ce que l’on en a dit :