Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

ni réduire au silence quiconque s’appuie sur lui pour débattre ; bien au contraire, quiconque l’emploie dans la controverse voit sa preuve triompher (1), renversant l’argument fallacieux de son adversaire. Par lui, les cœurs s’ouvrent, l’on répond à l’appel d’Allah et de Son Messager ; toutefois, les véritables spécialistes de cette science ne se rencontrent, époque après époque, qu’un à la fois.

L’indication coranique est à la fois auditive et rationnelle : elle est catégorique, certaine, à l’abri des sophismes comme des éventualités, et, une fois comprise, le cœur ne s’en détourne jamais.

L’un des théologiens a déclaré : « J’ai consumé ma vie dans le kalâm à chercher la preuve, et je ne faisais que m’en éloigner davantage. Je suis donc revenu au Coran pour le méditer et y réfléchir ; je découvris alors que la véritable preuve était déjà avec moi sans que je l’eusse perçue. J’ai dit : par Allah, mon cas est exactement – voire plus encore – celui que décrit ce vers :

Parmi les merveilles, et les merveilles sont légion,
Le Bien-aimé est proche, mais l’on croit l’accès à Lui lointain.
Tel le chameau dans le désert que la soif abat,
Alors que l’eau repose sur son propre dos. (2)

Il poursuivit : « Lorsque je revins au Coran, je le trouvai juge et preuve tout à la fois. J’y vis parmi les arguments, démonstrations, évidences et éclaircissements divins, de quoi, si l’on rassemblait tout ce que les théologiens ont pu dire de vrai dans leurs ouvrages, une seule sourate suffirait à en contenir la substance ; et cela, avec la beauté de l’exposé, l’éloquence du verbe, la parfaite précision des articulations (3), la justesse des réserves, la mise en lumière des lieux de l’équivoque et la direction vers leurs réponses. Il en est ainsi – et même au-delà – de ce que l’on en a dit :

(1) Elle a vaincu et prévalu ; le terme falj signifie « triomphe, réussite » (Lisân, art. falj). (2) Le second vers est d’Abu l-Ala al-Maʿarri, Saqt az-Zand, t. 2, p. 878 et 880 (avec de légères variantes). Al-Qadi al-Fadil (m. 596) l’a repris ; cf. al-Rawdatayn, t. 2, p. 357. Il est cité sans attribution dans de nombreuses autres sources. (3) Autrement dit : atteindre la cible de l’argument. L’expression provient de tabbqa as-sayf, « le sabre a frappé l’articulation et a tranché le membre » (al-Sihah, art. tabaqa).
من حاجَّ به، بل من خاصمَ به فَلَجَتْ حجَّتُه (١)، وكسرَ شبهةَ خصمه، وبه فُتِحَت القلوب، واستُجِيبَ لله ورسوله، ولكنَّ أهل هذا العلم لا تكادُ الأعصارُ تَسْمَحُ منهم إلا بالواحد بعد الواحد. فدلالةُ القرآن سمعيةٌ عقلية، قطعيةٌ يقينية، لا تعترضُها الشبهات، ولا تتداولها الاحتمالات، ولا ينصرفُ القلبُ عنها بعد فهمها أبدًا. وقال بعضُ المتكلِّمين: أفنيتُ عمري في الكلام أطلبُ الدليل، وإذا أنا لا أزدادُ إلا بعدًا عن الدليل، فرجعتُ إلى القرآن أتدبَّره وأتفكَّر فيه، وإذا أنا بالدليل حقًّا معي وأنا لا أشعرُ به، فقلت: والله ما مثلي إلا كما قال القائل: ومن العجائب والعجائبُ جمَّةٌ ... قُرْبُ الحبيب وما إليه وصولُ كالعِيسِ في البيداءِ يقتلها الظَّما ... والماءُ فوق ظهورها محمولُ (٢) قال: فلمَّا رجعتُ إلى القرآن إذا هو الحكمُ والدليل، ورأيتُ فيه من أدلَّة الله وحججه وبراهينه وبيِّناته ما لو جُمِعَ كلُّ حقٍّ قاله المتكلِّمون في كتبهم لكانت سورةٌ من سور القرآن وافيةً بمضمونه، مع حُسْن البيان، وفصاحة اللفظ، وتطبيق المَفْصِل (٣)، وحُسْن الاحتراز، والتنبيه على مواقع الشُّبه، والإرشاد إلى جوابها، وإذا هو كما قيل ــ بل فوق ما قيل ــ:
(١) انتصَرَت وغَلَبَت. والفَلْجُ: الظَّفر والفوز. «اللسان» (فلج). (٢) البيت الثاني لأبي العلاء في «سقط الزند» (٢/ ٨٧٨، ٨٨٠) باختلافٍ يسير. وضمَّنه القاضي الفاضل (ت: ٥٩٦). انظر: «الروضتين» (٢/ ٣٥٧). ودون نسبة في مصادر كثيرة. (٣) أي: إصابة الحجَّة. وأصلُه من: طبَّق السيفُ، إذا أصاب المَفْصِل، فأبان العضو. «الصحاح» (طبق).

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