Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

et, pour une part, il s’agit de digressions qui n’ont aucun lien avec la religion ; rien de tout cela n’était connu durant la première époque (1). Cependant, la règle a changé aujourd’hui parce que sont apparues des innovations détournant les gens de ce qu’exigent le Coran et la sunna ; elles se sont bricolé des pseudo-preuves et ont façonné un discours composite (2), si bien que ce qui était interdit est devenu, par nécessité, toléré. »

Ar-Râzî a dit dans son ouvrage « Aqsâmu l-ladhdhât » (3) : « J’ai étudié les livres de kalâm et les systèmes philosophiques ; je n’y ai rien trouvé qui étanche une soif ni guérisse un malade. La voie la plus proche m’est apparue être celle du Coran. Lis donc (4), pour l’affirmation : « Vers Lui montent les bonnes paroles » (Fâtir : 10), « Le Tout-Miséricordieux S’est établi sur le Trône » (Tâ Hâ : 5) ; et lis, pour la négation : « Rien ne Lui ressemble » (Ash-Shûrâ : 11). Quiconque a fait l’expérience que j’ai faite sait ce que je sais. » (5)

Ce à quoi il fait ici allusion relève uniquement de ce que la Révélation lui a ouvert comme indication du Coran. Quant à l’indication démonstrative et rationnelle qu’il vise et vers laquelle il oriente, lorsqu’elle se joint au texte révélé, elle devient une preuve à la fois scripturaire et rationnelle ; c’est là une particularité du Coran. Celui qui la maîtrise figure parmi les fermement enracinés dans la science ; c’est une science qui rassérène le cœur, apaise l’âme, fait croître l’intellect, éclaire la clairvoyance, fortifie l’argument, et nul, parmi les créatures, ne saurait l’anéantir

(1) L’édition de l’Ihya ajoute : «Se plonger entièrement dans ce domaine relève de la bid‘a (innovation).» (2) Dans l’Ihya : «Un groupe est apparu, lui a brodé des pseudo-objections et a composé à son sujet un discours systématisé.» (3) Page 263, avec de légères variantes ; Shaykh al-Islam rapporte le même passage en plusieurs endroits, sans doute d’après le sens ou une autre copie. (4) On peut aussi vocaliser «aqra’u» («je récite») au discours du locuteur. (5) Voir : al-Dhahabi, Tarikh al-Islam, t. 13, p. 142 et 144 ; id., Siyar, t. 21, p. 501 ; al-Subki, Tabaqat al-shafi‘iyya, t. 8, p. 91 ; Ibn Qadi Shuhba, Tabaqat al-shafi‘iyya, t. 2, p. 82.
وبعضها خوضٌ فيما لا يتعلَّقُ بالدِّين، ولم يكن شيءٌ منه مألوفًا في العصر الأول (١)، ولكن تغيَّر الآن حكمُه إذ حدثت البدعُ الصارفةُ عن مقتضى القرآن والسنَّة، فلفَّقتْ لها شبهًا، ورتَّبتْ لها كلامًا مؤلَّفًا (٢)، فصار ذلك المحظورُ بحكم الضرورة مأذونًا فيه». وقال الرازي في كتابه «أقسام اللذَّات» (٣): «لقد تأمَّلتُ الكتبَ الكلاميَّة، والمناهج الفلسفية؛ فما رأيتُها تروي غليلًا ولا تشفي عليلًا، ورأيتُ أقرب الطرق طريقةَ القرآن، اقرأ (٤) في الإثبات: ﴿إِلَيْهِ يَصْعَدُ الْكَلِمُ الطَّيِّبُ﴾ [فاطر: ١٠]، ﴿الرَّحْمَنُ عَلَى الْعَرْشِ اسْتَوَى﴾ [طه: ٥]، واقرأ في النفي: ﴿لَيْسَ كَمِثْلِهِ شَيْءٌ﴾ [الشورى: ١١]، ومن جَرَّبَ مثل تجربتي عرف مثل معرفتي» (٥). وهذا الذي أشار إليه بحسب ما فُتِحَ له من دلالة القرآن بطريق الخبر، وإلا فدلالتُه البرهانيةُ العقليةُ التي يشيرُ إليها ويرشدُ إليها، فتكونُ دليلًا سمعيًّا عقليًّا= أمرٌ تميَّز به القرآنُ وصار العالِمُ به من الراسخين في العلم، وهو العلمُ الذي يطمئنُّ إليه القلب، وتَسْكُنُ عنده النفس، ويزكو به العقل، وتستنيرُ به البصيرة، وتقوى به الحجَّة، ولا سبيل لأحدٍ من العالمين إلى قطع
(١) في «الإحياء» زيادة: «وكان الخوض فيه بالكلية من البدع». (٢) في «الإحياء»: «ونبعَت جماعةٌ فلفقوا لها شبهًا ورتبوا فيها كلامًا مؤلفًا». (٣) [(ص: ٢٦٣) باختلاف يسير, وكذا نقله شيخ الإسلام في مواضع، ولعله نقلٌ بالمعنى أو من نسخة أخرى]. (٤) وتصح قراءتها: «أقرأُ». للمتكلِّم. (٥) انظر: «تاريخ الإسلام» (١٣/ ١٤٢، ١٤٤)، و «السير» (٢١/ ٥٠١)، و «طبقات الشافعية» للسبكي (٨/ ٩١)، ولابن قاضي شهبة (٢/ ٨٢).

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