Le manuscrit a ainsi reçu les annotations de plusieurs lecteurs.
Le premier – resté anonyme – a laissé, dans une écriture persane extrêmement fine, des remarques éparses dans les marges (ṭurar) comme entre les lignes. Ses interventions se répartissent en plusieurs catégories :
-
Des gloses lexicales ; ainsi, en (q. 36/b), il explicite le terme « ṣafad » et écrit : « as-ṣafad, vocalisé, désigne le don ; (al-)Jawharī. »
-
Des précisions grammaticales, notamment sur les pronoms. En (q. 68/b), à propos de la phrase de l’auteur : « wa idhā faqadahumā » (« et s’il en est privé »), il précise : « à savoir : la science et la raison. »
-
Des emprunts à des ouvrages de tafsīr, de ḥadith, etc., relevés par exemple en (q. 72/a, 95/b, 115/b, 125/b, 127/a, …).
Ainsi, en (q. 38/b), commentant l’affirmation de l’auteur à propos des étoiles : « elles servent de projectiles contre les démons », il cite ad-Ḍaḥḥāk : les astres visibles ne sont pas destinés à cette lapidation ; seuls le sont ceux que les gens ne voient pas. Puis il rapporte l’opinion d’Abū ʿAlī : les étoiles elles-mêmes ne sont pas employées, car elles sont fixes ; un météore s’en détache et brûle… De même, en (q. 40/b), figure une longue citation du livre Ākām al-Marjān d’ash-Shiblī.
Dans la même écriture persane fine, mais à l’encre rouge, il inscrit de courts sous-titres marginaux signalant telle ou telle utilité ou question (q. 5/b, 27/b, 38/b, 45/b, 48/b, 51/b, 65/a, …).
Il trace encore, avec le même calame, un trait au-dessus du début de chaque paragraphe ou « face » et, çà et là, insère des séparations entre les propositions ; il arrive même qu’il ponctue la fin d’un vers par trois points disposés en triangle, à la manière d’un trépied.