Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

Les preuves qu’on avait déposées auprès d’un tel absent ont bel et bien été annulées et se sont perdues de la pire manière ; vous avez donc, sous prétexte de les préserver, réduit à néant les preuves d’Allah !

Ceci constitue, de la part du Commandeur des croyants – qu’Allah l’agrée –, une affirmation explicite : le dépositaire des preuves d’Allah doit nécessairement être présent sur terre, pour les exposer au nom d’Allah et les transmettre à Ses serviteurs, à l’instar de sa propre personne, de ses frères parmi les califes bien guidés et de tous ceux qui les suivent jusqu’au Jour de la Résurrection.

  • Et lorsqu’il déclare : « afin que ne soient pas annulées les preuves d’Allah et Ses signes évidents », cela signifie : afin qu’elles ne disparaissent pas d’auprès des gens ni ne s’effacent de leurs cœurs. En elles-mêmes, l’invalidation est impossible, car elles sont inséparablement liées à ce dont la nullité est inconcevable.

Si l’on demande : quelle différence existe-t-il entre les preuves (ḥujaj) et les signes évidents (bayyinât) ?

Nous répondrons : les preuves sont les arguments rationnels que le cœur saisit et que l’oreille entend (1).

À propos du débat d’Abraham avec son peuple, où il démontra par un argument rationnel la fausseté de leur croyance, Allah – exalté soit-Il – dit : « Voilà Notre preuve que Nous avons accordée à Abraham contre son peuple ; Nous élevons en rang qui Nous voulons. » [Les Bestiaux, 83]. Ibn Zayd (2) commente : « par la science de la preuve ».

Et Il dit encore : « S’ils te contestent, dis : “Je me suis entièrement soumis à Allah, ainsi que ceux qui me suivent.” » [La Famille d’ʿImrân, 20].

(1) Les manuscrits D et H lisent : « et tu entends avec l’oreille » ; les manuscrits Q et N : « et tu entends avec les oreilles ». (2) C’est la leçon retenue par les copies de référence ; cf. supra, p. 139, la transmission rapportée d’après son père, Zayd b. Aslam.
ولقد بطلت حججٌ استُودِعَها مثلُ هذا الغائب، وضاعت أعظمَ ضياع، فأنتم أبطلتم حججَ الله من حيث زعمتم حِفْظَها! وهذا تصريحٌ من أمير المؤمنين ﵁ بأنَّ حاملَ حجج الله لابدَّ أن يكون في الأرض، بحيث يؤدِّيها عن الله، ويبلِّغها إلى عباده، مثلُه ﵁، ومثلُ إخوانه من الخلفاء الراشدين ومن اتبعهم إلى يوم القيامة. * وقولُه: «لكيلا تبطُل حججُ الله وبيِّناتُه»؛ أي: لكيلا تذهبَ من بين أيدي الناس، وتبطُل من صدورهم، وإلا فالبطلانُ محالٌ عليها؛ لأنها ملزومُ ما يستحيلُ عليه البطلان. فإن قيل: فما الفرقُ بين الحجج والبيِّنات؟ قيل: الفرقُ بينهما أنَّ الحججَ هي الأدلَّةُ العلميةُ التي يَعْقِلُها القلب، وتَسْتَمِعُها الأذن (١). قال تعالى في مناظرة إبراهيم لقومه، وتبيينه بطلانَ ما هم عليه بالدليل العلمي: ﴿وَتِلْكَ حُجَّتُنَا آتَيْنَاهَا إِبْرَاهِيمَ عَلَى قَوْمِهِ نَرْفَعُ دَرَجَاتٍ مَنْ نَشَاءُ﴾ [الأنعام: ٨٣]، قال ابن زيد (٢): «بعلم الحجَّة». وقال تعالى: ﴿فَإِنْ حَاجُّوكَ فَقُلْ أَسْلَمْتُ وَجْهِيَ لِلَّهِ وَمَنِ اتَّبَعَنِ﴾ [آل عمران: ٢٠]،
(١) (د، ح): «وتسمع بالأذن». (ق، ن): «وتسمع بالآذان». (٢) كذا في الأصول. وتقدم (ص: ١٣٩) عن أبيه زيد بن أسلم.

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