les gens de science et de pratique ; si la terre venait à être privée du moindre savant, elle serait privée du plant qu’Allah y a mis.
Cette affirmation (1) repose sur maints arguments que nous exposerons ailleurs.
Des faussaires ont même interpolé, dans le hadith rapporté d’Ali, ces mots : « … soit apparent et notoire, soit caché et dissimulé » (2), s’imaginant y trouver une preuve à l’appui de l’« Imam attendu » (al-muntazar). Or cette addition est une pure invention de quelques-uns de leurs menteurs (3). Le hadith est pourtant bien connu d’Ali ; personne (4) n’en a jamais rapporté (5) de tels propos, sinon un imposteur.
En réalité, les preuves qu’Allah érige ne sauraient reposer sur un être invisible et occulté dont le monde ne reçoit aucune nouvelle et dont il ne tire absolument aucun bénéfice : aucun ignorant n’apprend de lui, aucun égaré ne se guide par lui, aucun craintif ne trouve la sécurité grâce à lui, aucun opprimé n’y puise force et honneur. Quelle preuve divine pourrait donc être établie par quelqu’un dont on ne voit la personne, dont on n’entend la voix et dont on ignore le lieu ?!
Et cela vaut a fortiori selon les propres principes de ceux qui soutiennent cette thèse ; car s’ils y ont souscrit, c’est qu’ils affirment qu’il est indispensable, pour la réalisation du lutf (bienveillance subtile)