Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

les gens de science et de pratique ; si la terre venait à être privée du moindre savant, elle serait privée du plant qu’Allah y a mis.

Cette affirmation (1) repose sur maints arguments que nous exposerons ailleurs.

Des faussaires ont même interpolé, dans le hadith rapporté d’Ali, ces mots : « … soit apparent et notoire, soit caché et dissimulé » (2), s’imaginant y trouver une preuve à l’appui de l’« Imam attendu » (al-muntazar). Or cette addition est une pure invention de quelques-uns de leurs menteurs (3). Le hadith est pourtant bien connu d’Ali ; personne (4) n’en a jamais rapporté (5) de tels propos, sinon un imposteur.

En réalité, les preuves qu’Allah érige ne sauraient reposer sur un être invisible et occulté dont le monde ne reçoit aucune nouvelle et dont il ne tire absolument aucun bénéfice : aucun ignorant n’apprend de lui, aucun égaré ne se guide par lui, aucun craintif ne trouve la sécurité grâce à lui, aucun opprimé n’y puise force et honneur. Quelle preuve divine pourrait donc être établie par quelqu’un dont on ne voit la personne, dont on n’entend la voix et dont on ignore le lieu ?!

Et cela vaut a fortiori selon les propres principes de ceux qui soutiennent cette thèse ; car s’ils y ont souscrit, c’est qu’ils affirment qu’il est indispensable, pour la réalisation du lutf (bienveillance subtile)

(1) Autrement dit : la terre ne sera jamais dépourvue d’un mujtahid (jurisconsulte apte à l’effort d’interprétation). (2) Je n’ai rencontré cet ajout que dans les ouvrages des râfiḍa (chiites extrémistes). Il est rapporté par Ibrâhîm b. Muhammad al-Thaqafî al-Kûfî, al-Gharât, 1/153 ; par al-Tûsî, al-Amâlî, p. 23 ; par al-Mufîd, al-Amâlî, p. 3, avec des chaînes de transmission obscures. On le lit aussi dans Nahj al-Balâgha, 4/37. (3) Voir : Ibn Taymiyya, Jawâb al-iʿtirâḍât al-Miṣriyya, p. 32. (4) Tel qu’on le lit dans les manuscrits, sous-entendant le sens : « il transmet ». (5) Les manuscrits H et N portent : « cet ajout ».
أهلُ العلم والعمل، فلو خلت الأرضُ من عالمٍ خلت من غَرْسِ الله. ولهذا القول (١) حججٌ كثيرةٌ لها موضعٌ آخر. وزاد الكذَّابون في حديث علي: « ... إمَّا ظاهرًا مشهورًا، وإمَّا خفيًّا مستورًا» (٢)، وظنُّوا أنَّ ذلك دليلٌ لهم على القول بالمُنتَظَر، ولكنَّ هذه الزيادة مِنْ وَضْع بعض كذَّابيهم (٣)، والحديثُ مشهورٌ عن عليٍّ لم يَقُلْ (٤) أحدٌ عنه هذه المقالة (٥) إلا كذَّاب. وحججُ الله لا تقومُ بخفيٍّ مستورٍ لا يقعُ العالَمُ له على خبر، ولا ينتفعون به في شيءٍ أصلًا؛ فلا جاهلٌ يتعلَّمُ منه، ولا ضالٌّ يهتدي به، ولا خائفٌ يأمنُ به، ولا ذليلٌ يتعزَّزُ به، فأيُّ حجَّةٍ لله قامت بمن لا يُرى له شخص، ولا يُسْمَعُ منه كلمة، ولا يُعْلَمُ له مكان؟! ولا سيما على أصول القائلين به، فإنَّ الذي دعاهم إلى ذلك أنهم قالوا: لا بدَّ منه في اللُّطْف
(١) أي: عدم خلوِّ الأرض من مجتهد. (٢) لم أر هذه الزيادة إلا في كتب الرافضة. أخرجها إبراهيم بن محمد الثقفي الكوفي في «الغارات» (١/ ١٥٣)، والطوسي في أماليه (٢٣)، والمفيد في أماليه (٣)، بأسانيد مظلمة. وهي في «نهج البلاغة» (٤/ ٣٧). (٣) انظر: «جواب الاعتراضات المصرية» لابن تيمية (٣٢). (٤) كذا في الأصول، على تضمين معنى: ينقل. (٥) (ح، ن): «هذه الزيادة».

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