De plus, cette communauté est la plus accomplie des nations, la meilleure que l’on ait fait surgir pour les gens ; son Prophète est le Sceau des prophètes – nul prophète ne viendra après lui. Aussi Allah a-t-Il voulu que, chaque fois qu’un savant disparaît, un autre lui succède, afin que les repères de la religion ne soient pas effacés et que ses étendards ne soient pas dissimulés. Chez les Fils d’Israël, chaque fois qu’un prophète mourait, un autre prenait sa place : ce sont les prophètes qui assuraient leur conduite (1). Or, pour cette communauté, les savants tiennent la place qu’occupaient les prophètes parmi les Fils d’Israël (2).
Il y a également ce hadith : « Dans chaque génération, ce savoir sera porté par des hommes intègres ; ils en écarteront la déformation des extrémistes, l’appropriation mensongère des imposteurs et l’interprétation erronée des ignorants. » (3) Cela montre qu’il continuera d’être transmis, siècle après siècle.
Dans le Ṣaḥīḥ d’Abû Ḥâtim, selon le hadith du Khawlânî, le Messager d’Allah ﷺ a dit : « Allah ne cesse de planter, dans cette religion, des semences qu’Il emploie à Son obéissance. » (4)
Et les semences qu’Allah plante sont
(1) Comme l’a rapporté le Prophète dans le ḥadith enregistré par al-Bukhari, nº 3455, et Muslim, nº 1842, d’après Abu Hurayra.
(2) Cette formulation se trouve dans un récit sans fondement. Voir : al-Ajluni, Kashf al-khafaʾ, 2/83.
(3) Sa chaîne de transmission sera examinée p. 463.
(4) Ḥadith rapporté par Aḥmad, 4/200 ; Ibn Majah, nº 8 ; Ibn Abi ‘Asim, al-Aḥad wa-l-mathani, nº 2497, et d’autres, d’après Abu ‘Anaba al-Khawlani. Abū Ḥatim Ibn Ḥibbān l’a déclaré authentique (nº 326), et al-Dhahabi écrit dans al-Mu‘jam al-mukhtaṣṣ bi-l-muḥaddithin, p. 134 : « sa chaîne est valable ». Voir encore Ibn ‘Adi, al-Kamil, 1/162. Al-‘Alāʾi, dans Jāmi‘ al-taḥṣil, p. 314, le juge toutefois « faible à cause de Jarraḥ b. Maliḥ ; al-Daraqutni disait : il n’est rien. Les ḥadiths d’Abu ‘Anaba sont, de toute façon, mursal ».
Je précise qu’al-Daraqutni visait Jarraḥ b. Maliḥ al-Ruʾāsi et non Jarraḥ al-Bahrani ; ce dernier, originaire de Syrie, est jugé fiable, bien qu’il soit contredit sur ce ḥadith. Cf. Ibn Shāhīn, Sharḥ madhāhib ahl al-sunna, p. 42.
Par ailleurs, la qualité de compagnon d’Abu ‘Anaba al-Khawlani est fortement discutée ; le plus probable est qu’il ne fut pas compagnon. Voir : Ibn Abi Ḥatim, al-Marāsil, p. 251 ; al-Mizzi, Tahdhīb al-kamāl, 34/150 ; Ibn Ḥajar, al-Iṣāba, 7/293.