de les comparer aux bestiaux ; Il les a même déclarés plus égarés qu’eux.
Le terme sâ’ima désigne les animaux qui paissent, et le Commandeur des croyants les a comparés à ces bêtes parce que leur ambition se limite à brouter les biens de ce monde et ses miettes éphémères.
Allah — exalté soit-Il — assimile tantôt les ignorants égarés aux bestiaux, tantôt aux ânes : telle est l’image de celui qui acquiert un savoir sans le comprendre ni le mettre en pratique, semblable à un âne chargé de précieux volumes. D’autres fois, Il les compare au chien : c’est le portrait de celui qui s’est dépouillé du savoir et s’est enlisé dans les passions et les désirs.
Quant à cette parole : « Ainsi la science meurt avec la mort de ceux qui la portent », elle renvoie à la parole du Prophète ﷺ rapportée par ’Abd Allâh ibn ’Amr, ’Â’isha et d’autres : « Allah ne retire pas la science en l’arrachant des poitrines des hommes ; Il la retire plutôt en rappelant à Lui les savants. Lorsqu’il ne reste plus aucun savant, les gens prennent pour chefs des ignorants ; on les interroge, ils donnent des avis sans science, s’égarent et égarent les autres. » Rapporté par al-Bukhârî dans son Ṣaḥîḥ (1).
La disparition de la science n’est donc autre que la disparition des savants.
Ibn Masʿûd déclara, le jour où ’Umar mourut : « J’estime qu’aujourd’hui neuf dixièmes de la science se sont éteints. » (2)
Il a également été rapporté plus haut que ’Umar disait : « La mort de mille adorateurs est moins grave que celle d’un savant clairvoyant quant aux choses qu’Allah a rendues licites ou illicites. » (3)