Le manuscrit présente un léger blanc à deux endroits (q. 3/b ; 323/a).
Parmi les particularités d’Ibn Bardis que j’ai pu relever figure sa tendance, la plupart du temps, à atténuer la hamza, qu’il trace cependant de manière complète à l’occasion. Il en est de même pour les deux témoins (q) et (t). Il est vraisemblable que l’auteur lui-même n’était pas constant dans cette simplification ou cette notation pleine, même si la première domine chez lui ; c’est pourquoi nous voyons les sources tantôt s’accorder sur l’une, tantôt diverger.
Un exemple révélateur est le mot « al-juz’iyya » (le caractère partiel) : l’auteur le note sous la forme simplifiée « al-juwiyya », comme l’ont fait nombre d’anciens copistes. Ibn Bardis, dans sa propre copie, en a corrigé la graphie, mais les scribes des autres témoins ne l’ont pas reconnu et l’ont transcrit sous une forme équivoque, si bien que les éditeurs l’ont altéré de diverses manières : « al-haruriyya », « al-hazuriyya », « al-haruna » !
De même, « al-as’ila » (les questions) se lit fautivement « al-aswila », et ainsi de suite.
Autre trait caractéristique : il isole les vers au milieu de la ligne, sans les rattacher à ce qui suit, et achève parfois le vers par un petit cercle ; nombre de copistes négligent cette convention.
Il arrive toutefois qu’après avoir correctement traité un premier vers inséré par l’auteur dans le fil du discours, il omette de faire de même pour le suivant ; les autres témoins présentent la même lacune, et, dans les éditions imprimées, ces vers ont été mis en prose (1).