L’œil de l’affection demeure aveugle à tout défaut,
comme l’œil du mécontentement met aussitôt les tares au grand jour.
Un autre (1) a dit :
Ils ont regardé d’un œil d’hostilité ;
s’ils avaient regardé d’un œil de bienveillance
ils auraient trouvé beau ce qu’ils jugent laid.
Si tel est déjà le cas pour la vue de l’œil, qui saisit les réalités sensibles et ne peut les nier, que dire alors de la vue du cœur, qui perçoit des significations susceptibles d’être contestées ?!
Qu’Allah soit notre secours pour reconnaître la vérité, l’accueillir, repousser l’erreur et ne pas nous laisser tromper par elle.
- Quant à sa parole : « au premier surgissement d’un doute », elle témoigne de la faiblesse de son intelligence et de son savoir ; les impressions premières (2) l’ébranlent, les débuts d’une affaire le mettent en émoi. Il n’en va pas de même pour l’esprit ferme et parfaitement équilibré (3) : les impressions premières ne l’affolent pas, ne le troublent ni ne l’angoissent. Le faux, en effet, produit d’abord stupeur et fascination ; mais si le cœur demeure solide, il le renvoie aussitôt sur ses pas.
Or Allah aime chez Son serviteur la patience et la pondération : qu’il ne se précipite donc pas, mais qu’il demeure ferme jusqu’à ce qu’il sache et acquière la certitude de ce qui lui survient ; qu’il ne s’engage pas avant que l’affaire ne mûrisse, car la hâte et la légèreté viennent de Satan.
Celui qui tient bon sous le choc des premières impressions affronte son affaire avec science et résolution ; celui qui ne tient pas bon l’aborde avec précipitation et étourderie, et son issue est le regret, tandis que l’issue du premier est la louange de sa conduite. Toutefois, le premier court un danger dont il sera préservé s’il l’unit à la fermeté et à la détermination : c’est la perte de l’occasion ; or celle-ci n’est guère à redouter.