Ainsi, prenons l’exemple du dirham contrefait : l’ignorant en matière de monnaie s’y laisse prendre, trompé par la mince pellicule d’argent qui le recouvre, tandis que l’expert clairvoyant regarde au-delà de cette apparence et y décèle aussitôt la supercherie.
Le mot élégant et bien tourné tient pour l’ambiguïté la même place que le placage d’argent sur la fausse pièce, tandis que le sens réel ressemble au cuivre qui gît dessous (1).
Combien ce leurre a-t-il fait périr d’êtres – qu’Allah seul peut dénombrer !
Si l’homme avisé médite ce point, il constatera que la plupart des gens acceptent une doctrine et un discours à cause d’une formulation, puis rejettent cette même doctrine sous une autre tournure ; et j’en ai moi-même relevé, dans les écrits des uns et des autres, autant qu’Allah l’a voulu.
Combien de vérités ont ainsi été écartées parce qu’on les a diffamées en les affublant d’un vêtement verbal répugnant !
À ce sujet, les imâms de la Sunna – au premier rang desquels l’imâm Ahmad, qu’Allah lui fasse miséricorde – ont déclaré : « Jamais nous ne retranchons à Allah un seul de Ses attributs sous prétexte d’une accusation infamante qu’on aurait lancée » (2).
Or les jahmites qualifient d’anthropomorphisme (tashbîh) et de corporéisme (tajsîm) l’affirmation des attributs de perfection d’Allah – Sa Vie, Sa Science, Sa Parole, Son Ouïe, Sa Vue, et tout ce par quoi Il S’est décrit – ; ils traitent de « anthropomorphiste » quiconque les affirme. Nul ne se détourne de cette vérité à cause d’une telle appellation fallacieuse, si ce n’est les esprits étroits et limités.