Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

ou pour recouvrer, grâce à ces mots, un droit qui lui appartient et qui nécessite qu’il se fasse connaître, ou pour couper court aux convoitises des gens vils, ou encore lorsqu’il sollicite la main d’une personne qui ignore sa situation.

La voie la plus élégante, dans ce cas, est de charger quelqu’un d’autre de le présenter, lui et sa condition ; car « la langue par laquelle l’homme se loue lui-même est courte » (1), et l’autocélébration est, la plupart du temps, blâmable en raison de la vanité et de l’orgueil qui l’accompagnent.

L’auteur énumère ensuite les catégories de dépositaires du savoir qui ne sont pas dignes de le porter ; elles sont au nombre de quatre.

La première est celle de l’homme à qui l’on ne saurait se fier : il a reçu intelligence et mémoire, mais il n’a pas reçu la pureté intérieure. Il transforme la science — qui est l’instrument de la religion — en instrument de ce monde, attire celui-ci par son entremise et s’en sert comme d’un moyen d’y accéder ; il fait du capital destiné au négoce de l’Au-delà un négoce pour la vie d’ici-bas. Cet individu n’est pas digne de confiance quant au dépôt de science qu’il porte, et jamais Allah ne fera de lui un guide en ce domaine ; car le dépositaire loyal est celui qui n’a d’autre intérêt ni d’autre volonté pour lui-même que de suivre la vérité et de s’y conformer, sans appeler à l’édification de son autorité ni à la promotion de ses biens terrestres.

Celui qui a ainsi transformé le capital et le commerce de l’Au-delà en commerce pour ce bas-monde a trahi Allah, trahi Ses serviteurs et trahi Sa religion ; c’est pourquoi il n’est, pour cette raison (2), pas digne de confiance.

Quant à la parole : « Il se prévaut des arguments d’Allah contre Son Livre, et de Ses bienfaits contre Ses serviteurs », elle décrit précisément ce traître : lorsqu’Allah lui accorde un bienfait, il s’en prévaut vis-à-vis des gens ; lorsqu’il acquiert un savoir, il s’en prévaut contre le Livre d’Allah.

Se prévaloir du savoir contre le Livre d’Allah consiste à l’ériger en arbitre au-dessus de celui-ci, à le faire passer en premier et à l’imposer

(1) Voir l’explication à ce propos dans al-Hawamil wa-l-Shawamil, p. 68, 117 et 308. (2) Les manuscrits Q, D, H et N lisent : « qala » (« il a dit »), c’est-à-dire une parole attribuée à Ali.
ليستوفي بذلك حقًّا له يحتاجُ فيه إلى التعريف بحاله، أو ليقطعَ عنه أطماعَ السِّفلَة فيه، أو عند خِطْبته إلى من لا يعرفُ حالَه. والأحسنُ في هذا أن يوكِّل من يُعَرِّفُ به وبحاله؛ فإنَّ لسانَ ثناء المرء على نفسه قصير (١)، وهو في الغالب مذموم؛ لما يقترنُ به من الفخر والتعاظُم. ثمَّ ذكرَ أصنافَ حملة العلم الذين لا يصلحونَ لحمله، وهم أربعة: أحدُهم: من ليس هو بمأمونٍ عليه، وهو الذي أوتي ذكاءً وحفظًا، ولكن مع ذلك لم يؤتَ زكاءً؛ فهو يتخذُ العلمَ الذي هو آلةُ الدِّين آلةَ الدنيا، يَسْتَجْلِبُها به، ويتوسَّلُ بالعلم إليها، ويجعلُ البضاعةَ التي هي مُتَّجَرُ الآخرة مُتَّجَرَ الدنيا، وهذا غيرُ أمينٍ على ما حملَه من العلم، ولا يجعلُه اللهُ إمامًا فيه قطُّ؛ فإنَّ الأمينَ هو الذي لا غرض له ولا إرادة لنفسه إلا اتباع الحقِّ وموافقته، فلا يدعو إلى قيام رياسته ولا دنياه. وهذا الذي قد اتَّخذ بضاعةَ الآخرة ومُتَّجَرها مُتَّجَرًا للدنيا قد خان اللهَ وخان عبادَه وخان دينَه، فلهذا كان (٢) غير مأمونٍ عليه. * وقولُه: «يَسْتَظْهِرُ بحجج الله على كتابه، وبنعمه على عباده»؛ هذه صفةُ هذا الخائن؛ إذا أنعمَ اللهُ عليه استظهر بتلك النعمة على الناس، وإذا تعلَّم علمًا استظهر به على كتاب الله. ومعنى استظهاره بالعلم على كتاب الله: تحكيمُه عليه وتقديمُه وإقامتُه
(١) انظر السِّرَّ في ذلك في «الهوامل والشوامل» (٦٨، ١١٧، ٣٠٨). (٢) (ق، د، ح، ن): «قال». أي: علي ﵁.

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