Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

« Il est étonnant que je languisse après eux,
et que je demande de leurs nouvelles à quiconque je rencontre, alors qu’ils sont avec moi.
Mon regard les cherche, bien qu’ils soient dans la prunelle de mes yeux,
et mon cœur les désire, alors qu’ils demeurent entre mes côtes. » (1)

Un autre a dit :
« Il est étrange qu’un amant se plaigne de l’éloignement :
le bien-aimé s’absente-t-il jamais du cœur de celui qui aime ?
Ton image est dans mes yeux, ton souvenir sur mes lèvres,
et ta demeure dans mon cœur ; où donc pourrais-tu disparaître ? » (2)

Sa parole : « Ah ! Il y a ici une science ! » — et il montra sa poitrine — prouve qu’il est permis à quelqu’un de faire connaître le savoir et le bien qu’il possède afin qu’on puisse en puiser et en profiter. C’est ainsi que Joseph le Véridique, que la paix soit sur lui, déclara : « Confie-moi les dépôts du pays ; je suis, certes, gardien et savant » (Yûsuf, 12 : 55).

Ainsi, quiconque s’exprime de la sorte pour accroître, par ce moyen, ce qu’Allah et Son Messager aiment comme bien, est louable. Il n’en va pas de même de celui qui le fait pour se donner de l’importance aux yeux des gens et se glorifier ; celui-là, Allah le rétribuera par le mépris qu’ils lui voueront et par sa petitesse dans leur regard, tandis que le premier sera grandi dans leurs cœurs et leurs yeux. En vérité, les actes ne valent que par les intentions.

Il en va de même lorsque quelqu’un fait son propre éloge pour se dégager d’une injustice ou d’un mal, ou

(1) Ces deux vers sont attribués au Qadi al-Fadil (m. 596 H) dans son Dîwân, p. 492. Ils sont aussi donnés à Mihyâr — mais ils ne figurent pas dans son Dîwân — dans al-Hulla al-sirâ’ (t. 1, p. 204) et dans Nafh al-tîb (t. 5, p. 476) ; le premier de ces deux ouvrages mentionne d’ailleurs une controverse à ce sujet. On les retrouve encore dans al-Hamâsa al-maghribiyya, p. 1068, ainsi que dans de nombreuses autres sources sans indication d’auteur. (2) Le second vers est rapporté comme étant d’Ibn Ghalandu al-Ishbîlî (m. 587 H) dans Irshâd al-arîb, p. 1194, et figure sans attribution dans al-Badîʿ d’Ibn Munqidh, p. 114.
ومِنْ عجبٍ أنِّي أحِنُّ إليهمُ ... وأسألُ عنهم من لقيتُ وهم معي وتَطْلُبهم عيني وهم في سَوادِها ... ويشتاقُهم قلبي وهم بين أضلُعِي (١) وقال آخر: ومِن عجبٍ أن يَشْكُوَ البعدَ عاشقٌ ... وهل غاب عن قلب المُحِبِّ حبيبُ خيالُك في عيني وذِكْرُك في فمي ... ومثواكَ في قلبي فأين تغيبُ (٢) قولُه: «آه؛ إنَّ هاهنا علمًا ــ وأشار إلى صدره ــ»؛ يدلُّ على جواز إخبار الرجل بما عنده من العلم والخير ليُقْتَبَس منه، وليُنتَفَع به، ومنه قول يوسف الصِّدِّيق ﵇: ﴿قَالَ اجْعَلْنِي عَلَى خَزَائِنِ الْأَرْضِ إِنِّي حَفِيظٌ عَلِيمٌ﴾ [يوسف: ٥٥]. فمن أخبَر عن نفسه بمثل ذلك ليُكثِّر به ما يحبُّه الله ورسولُه من الخير فهو محمود، وهذا غير من أخبَر بذلك ليتكثَّر به عند الناس ويتعظَّم، وهذا يجازيه اللهُ بمَقْتِ الناس له، وصِغَرِه في أعينُهم، والأولُ يُكَبِّرُه في قلوبهم وعيونهم، وإنما الأعمالُ بالنيات. وكذلك إذا أثنى الرجلُ على نفسه ليَخْلُصَ بذلك من مظلمةٍ وشرٍّ، أو
(١) البيتان للقاضي الفاضل (ت: ٥٩٦) في «ديوانه» (٤٩٢). ونُسِبا لمِهْيار ــ وليسا في ديوانه ــ في «الحلة السيراء» (١/ ٢٠٤)، و «نفح الطيب» (٥/ ٤٧٦)، وفي الأول حكاية خلافٍ في ذلك. وهما في «الحماسة المغربية» (١٠٦٨) ومصادر أخرى كثيرة دون نسبة. (٢) الثاني لابن غلندو الإشبيلي (ت: ٥٨٧) في «إرشاد الأريب» (١١٩٤). ودون نسبة في «البديع» لابن منقذ (١١٤).

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