Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

Dans la même veine, on a dit : « Si les gens t’honorent pour ta richesse ou pour ton autorité, ne t’en émerveille pas ; car l’estime s’évanouit avec l’une comme avec l’autre. Réjouis-toi(1) plutôt s’ils t’honorent pour ta science ou pour ta religion(2). »

Ce fait est manifeste parmi les hommes : ils vont jusqu’à honorer quelqu’un pour la seule élégance de ses vêtements ; qu’il les ôte, il ne reçoit plus d’eux la moindre marque d’égard, alors qu’il demeure pourtant la même personne !

Mâlik rapporta : « Il m’est parvenu qu’Abu Hurayra fut convié à un banquet ; il s’y rendit, mais on le laissa dehors. Il s’en retourna, passa d’autres habits, revint et fut introduit. Quand on servit le repas, il plongea sa manche dans le plat. On le réprimanda, et il répondit : “Ce sont ces vêtements qui ont été admis ; qu’ils mangent donc.” » Ce récit a été transmis par Ibn Muzayyin al-Tulaytuli dans son « Livre » (3).

Il n’en va pas de même du bienfait attaché à la science : il ne disparaît jamais ; au contraire, il ne fait(4) que s’accroître tant que le savant ne se voit pas privé de son savoir.

De fait, le bienfait que procurent la science et la religion est bien supérieur à celui que l’on tient de l’argent ; il mobilise le cœur, la langue et les membres, et jaillit d’un amour et d’une vénération pour ce qu’Allah, le Très-Haut, a déposé dans Son serviteur.

(1) Dans les manuscrits D, T, Q et N, on lit : « liyujibannaka » (« cela ne manquera pas de t’émerveiller »). (2) Cette sentence est rapportée par Ibn al-Muqaffaʿ dans al-Adab al-kabîr, p. 110 ; reprise dans ʿUyûn al-akhbâr, 2/121, al-Jâmiʿ d’Ibn ʿAbd al-Barr, 1/265, et d’autres ouvrages. (3) Voir supra p. 82 au sujet d’Ibn Mazin. Je n’ai pas retrouvé la chaîne du récit ; l’anecdote, bien que célèbre, est rapportée marfûʿ d’après Ibn ʿAbbâs par al-Tabarânî dans al-Awsat (nº 7107) sans authenticité. Maʿmar la transmet dans al-Jâmiʿ (11/437-438) sous forme mursal, ce qui est la version la plus correcte. (4) Les manuscrits T, H et N portent : « kulla mâ lahâ ». Cette tournure, d’usage relativement récent, marque la continuité. Elle figure chez l’auteur dans Iʿlâm al-muwaqqiʿîn, 2/257, chez al-Dhahabî dans Târîkh al-Islâm, 15/426, chez Ibn Kathîr dans al-Bidâya wa-n-nihâya, 9/522, etc., et reste employée. Le pronom mâ peut y être compris comme relatif.
ومن هذا ما قيل: «إذا أكرمَك الناسُ لمالٍ أو سلطانٍ فلا يُعْجِبَنَّك ذلك؛ فإنَّ زوالَ الكرامة بزوالهما، ولكن لِيُعْجِبْك (١) إن أكرموك لعلمٍ أو دين» (٢). وهذا أمرٌ لا يُنْكَرُ في الناس؛ حتى إنهم ليُكْرِمُون الرجلَ لثيابه، فإذا نزعها لم ير منهم تلك الكرامةَ وهو هو! قال مالك: «بلغني أنَّ أبا هريرة دُعِيَ إلى وليمةٍ فأتى، فحُجِب، فرجعَ فلبسَ غير تلك الثِّياب، فأُدْخِل، فلمَّا وُضِعَ الطعامُ أدخلَ كمَّه في الطعام، فعُوتِبَ في ذلك، فقال: إنَّ هذه الثيابَ هي التي أُدخِلَت، فهي تأكُل». حكاه ابنُ مُزَين الطُّليطلي في «كتابه» (٣). وهذا بخلاف صنيعة العلم، فإنها لا تزولُ أبدًا، بل كلَّما لها (٤) في زيادة، ما لم يُسْلَبْ ذلك العالِمُ علمَه. وصنيعةُ العلم والدِّين أعظمُ من صنيعة المال؛ لأنها تكونُ بالقلب واللسان والجوارح، فهي صادرةٌ عن حبٍّ وإكرامٍ لأجل ما أودعه اللهُ تعالى
(١) (د، ت، ق، ن): «ليعجبنك». (٢) قاله ابنُ المقفع في «الأدب الكبير» (١١٠). وعنه في «عيون الأخبار» (٢/ ١٢١)، و «الجامع» لابن عبد البر (١/ ٢٦٥)، وغيرها. (٣) انظر ما تقدم (ص: ٨٢) بشأن ابن مزين. والخبر لم أقف عليه. وأصلُ القصة مشهور، وقد وردت من حديث ابن عباس مرفوعًا، أخرجه الطبراني في «الأوسط» (٧١٠٧)، ولا يثبت، وأخرجه معمر في «الجامع» (١١/ ٤٣٧، ٤٣٨) مرسلًا، وهو الصواب. (٤) (ت، ح، ن): «كل مالها». وهو تركيبٌ محدثٌ يفيد معنى الاستمرار. واستعمله المصنف في «إعلام الموقعين» (٢/ ٢٥٧)، والذهبي في «تاريخ الإسلام» (١٥/ ٤٢٦)، وابن كثير في «البداية والنهاية» (٩/ ٥٢٢)، وغيرهم، ولا زال مستعملًا. ويمكن أن تكون (ما) موصولة.

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies