Dans la même veine, on a dit : « Si les gens t’honorent pour ta richesse ou pour ton autorité, ne t’en émerveille pas ; car l’estime s’évanouit avec l’une comme avec l’autre. Réjouis-toi(1) plutôt s’ils t’honorent pour ta science ou pour ta religion(2). »
Ce fait est manifeste parmi les hommes : ils vont jusqu’à honorer quelqu’un pour la seule élégance de ses vêtements ; qu’il les ôte, il ne reçoit plus d’eux la moindre marque d’égard, alors qu’il demeure pourtant la même personne !
Mâlik rapporta : « Il m’est parvenu qu’Abu Hurayra fut convié à un banquet ; il s’y rendit, mais on le laissa dehors. Il s’en retourna, passa d’autres habits, revint et fut introduit. Quand on servit le repas, il plongea sa manche dans le plat. On le réprimanda, et il répondit : “Ce sont ces vêtements qui ont été admis ; qu’ils mangent donc.” » Ce récit a été transmis par Ibn Muzayyin al-Tulaytuli dans son « Livre » (3).
Il n’en va pas de même du bienfait attaché à la science : il ne disparaît jamais ; au contraire, il ne fait(4) que s’accroître tant que le savant ne se voit pas privé de son savoir.
De fait, le bienfait que procurent la science et la religion est bien supérieur à celui que l’on tient de l’argent ; il mobilise le cœur, la langue et les membres, et jaillit d’un amour et d’une vénération pour ce qu’Allah, le Très-Haut, a déposé dans Son serviteur.