Il n’a pas indiqué le manuscrit qu’il copiait ; il n’est toutefois pas exclu qu’il s’agît de l’original même de l’auteur, tant l’époque et le lieu concordent.
En raison du tracé difficile de l’auteur, de ses annotations et de son habitude d’omettre le pointage des lettres lorsqu’il écrivait hâtivement – comme on le voit dans l’autographe conservé de la mise au net de son ouvrage « Ṭarîq al-Hijratayn » –, bien des passages sont demeurés obscurs aux copistes. Ceux-ci les ont donc reproduits tels qu’ils les apercevaient dans le modèle, les laissant ouverts à plusieurs lectures ; le plus méthodique en la matière fut Ibn Bardis. En d’autres endroits, pourtant nombreux, ils ont cru lire correctement et l’ont transcrit d’une façon qui s’écarte de la rectitude.
C’est pourquoi l’on voit Ibn Bardis proposer, dans maintes marginalia, d’autres possibilités de lecture, qu’il introduit par laʿalla (peut-être), ainsi qu’en (q. 21/a ; 37/a ; 43/b ; 73/a ; 86/a ; …).
À quelques rares occasions (q. 75/b ; 78/b ; 195/b), je l’ai vu renvoyer à la leçon d’un autre exemplaire, qu’il désigne par le sigle « kh ».
Il est même possible qu’il ait repris une annotation déjà portée sur la marge de l’original – c’est du moins ce que je suppose – comme en (q. 124/a).
Après lui vint ʿUthmân b. ʿAlî b. Ḥumayd, dont je n’ai trouvé nulle notice biographique. Il lut la copie à la citadelle de Baalbek, ville d’Ibn Bardis, et la collationna – ou du moins son dernier tiers – avec un autre manuscrit ; il rétablit certains passages omis, qu’il inscrivit dans les marges d’une écriture dépourvue de points, proposa d’autres lectures possibles et, à l’instar de son prédécesseur, les introduisit par laʿalla.
J’ai tiré profit de ces variantes pour établir le texte ; parmi elles, je n’ai retenu en notes que celles qui m’ont paru plausibles.