En vérité, on en est même venu à considérer cela comme une seconde vie, ainsi que l’a dit al-Mutanabbî (1) :
« Le souvenir d’un jeune homme est son existence seconde ; et tout ce qu’il lui faut
c’est de quoi subsister, car les superfluités de la vie ne sont que tracas. »
Quant à la parole : « Les bienfaits liés à la richesse disparaissent avec elle », elle signifie que toute faveur accordée à un homme pour son argent – marques d’honneur, affection, service, accomplissement de ses besoins, mise en avant, respect, nomination, etc. – n’est qu’une considération pour sa fortune. Lorsque celle-ci disparaît et le quitte, toutes ces faveurs s’évanouissent également ; il arrive même que celui qui se donnait du mal à le servir et à s’occuper de ses affaires ne daigne plus le saluer.
Les gens ont beaucoup développé cette idée dans leurs poèmes et leurs propos. C’est ainsi qu’en illustration du dicton : « Celui qui t’aimait pour une raison se lasse de toi quand elle disparaît » (2), un Arabe a dit :
« Les fils de mon oncle me lançaient : “Bienvenue !”
Mais quand ils m’ont vu sans ressources, leur “Bienvenue” est mort. » (3)