Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

Le verset englobe donc les deux catégories : l’obéissance aux détenteurs de l’autorité est obligatoire lorsqu’ils enjoignent d’obéir à Allah et à Son Messager, et l’obéissance envers les savants l’est tout autant.

Le savant qui connaît le message apporté par le Messager et le met en pratique est, pour les gens de la terre, l’homme que l’on suit le plus volontiers ; puis, lorsqu’il meurt, Allah ravive son souvenir et répand à son sujet, dans tout l’univers, les plus beaux éloges.

Ainsi, après sa mort, le savant est certes défunt, mais il demeure vivant parmi les hommes, tandis que l’ignorant, bien qu’il soit en vie, est mort aux yeux des gens, comme on l’a dit :
« Avec l’ignorance, avant même la mort, se trouve une mort pour ceux qu’elle atteint ; leurs corps sont, avant la tombe, des tombeaux.
Leurs âmes sont étrangères à leurs propres corps, et jusqu’à la Résurrection, pour eux point de résurrection. » (1)

Un autre a dit :
« Il est des gens qui sont morts, mais dont les nobles qualités ne sont pas mortes ;
D’autres vivent encore, et pourtant, pour les hommes, ils sont déjà morts. » (2)

Et un troisième :
« Tant que le souvenir d’un serviteur demeure associé au mérite,
celui-là est vivant, même lorsque son corps gît sous la poussière. » (3)

Quiconque médite sur la condition des grands imams de l’islam — maîtres du hadith comme du fiqh — verra que, bien qu’ils reposent sous la terre, ils sont, pour les habitants du monde, comme s’ils vivaient encore parmi eux : on n’a perdu d’eux que leurs silhouettes ; leur souvenir, leurs paroles et les louanges qui leur sont adressées ne cessent jamais. Voilà la véritable vie.

(1) L’établissement des deux vers a déjà été traité p. 130. (2) Le vers est attribué à ash-Shafi‘i dans Al-Manhaj al-Ahmad, t. 1, p. 71 ; repris dans son Dîwân, p. 58 ; cité sans attribution dans As-Suluk d’al-Jundî, t. 1, p. 420, ainsi que dans Zahr al-Akam, t. 1, p. 332. (3) Je n’en ai pas retrouvé la source.
والآيةُ تتناولهما جميعًا؛ فطاعةُ ولاة الأمر واجبةٌ إذا أمروا بطاعة الله ورسوله، وطاعةُ العلماء كذلك. فالعالِمُ بما جاء به الرسولُ العاملُ به أطوعُ في أهل الأرض من كلِّ أحد، فإذا مات أحيا اللهُ ذكرَه، ونشرَ له في العالمين أحسنَ الثناء. فالعالِمُ بعد وفاته ميتٌ وهو حيٌّ بين الناس، والجاهلُ في حياته حيٌّ وهو ميتٌ بين الناس، كما قيل: وفي الجهلِ قبل الموتِ موتٌ لأهله ... وأجسامُهم قبل القبور قبورُ وأرواحُهم في وَحْشةٍ مِنْ جُسُومِهم ... وليس لهم حتى النُّشورِ نُشورُ (١) وقال آخر: قد مات قومٌ وما ماتت مَكارِمُهم ... وعاشَ قومٌ وهم في الناس أمواتُ (٢) وقال آخر: وما دام ذِكْرُ العبد بالفضل باقيًا ... فذلك حيٌّ وهو في التُّرْبِ هالكُ (٣) ومن تأمَّل أحوال أئمَّة الإسلام ــ كأئمَّة الحديث والفقه ــ كيف هم تحت التراب وهم في العالَمين كأنهم أحياءٌ بينهم، لم يَفْقِدُوا منهم إلا صُوَرهم، وإلا فذِكرُهم وحديثُهم والثناءُ عليهم غير منقطع، وهذه هي الحياةُ
(١) مضى القولُ في تخريج البيتين (ص: ١٣٠). (٢) البيت للشافعي في «المنهج الأحمد» (١/ ٧١)، وعنه في ديوانه (٥٨)، ودون نسبة في «السلوك» للجندي (١/ ٤٢٠)، و «زهر الأكم» (١/ ٣٣٢). (٣) لم أعثر عليه.

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