Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

• Sa parole : « Aimer la science – ou le savant – est une religion par laquelle on se rapproche d’Allah. » En effet, la science est l’héritage des prophètes et les savants en sont les héritiers. Aimer la science et ceux qui la portent, c’est aimer l’héritage des prophètes et leurs héritiers ; détester la science et ses gens, c’est détester l’héritage des prophètes et leurs héritiers.

L’amour de la science fait donc partie des signes de la félicité, tandis que la haine de la science est l’un des signes de la perdition. Tout cela ne concerne toutefois que la science des messagers, celle qu’ils ont apportée et transmise à la communauté, non pas tout ce qu’on appelle « science » sans distinction.

De plus, l’amour de la science pousse à l’apprendre et à la suivre : voilà la religion. La détester détourne de son apprentissage et de sa mise en pratique : voilà la misère et l’égarement.

Par ailleurs, Allah – exalté soit-Il – est Omniscient et Il aime tout savant ; Il ne dépose Son savoir que chez celui qu’Il aime. Quiconque aime la science et ses gens aime donc ce qu’Allah aime ; et cela relève de la religion.

• Sa parole : « La science fait obtenir au savant l’obéissance (des gens) de son vivant et une belle renommée après sa mort. » Autrement dit, elle la lui acquiert et la lui lègue. On dit : « elle lui acquit honneur et obéissance », et aussi « elle le pourvut de… » ; les deux tournures sont recevables.

On en trouve une illustration dans le hadith de Khadija — qu’Allah l’agrée — : « Tu entretiens les liens de parenté, tu dis la vérité, tu soutiens le faible et tu tukassibu al-maʿdûm » (1). Le verbe a été rapporté tantôt avec la première consonne ouverte, tantôt fermée, et signifie : « tu fais acquérir la richesse et l’aisance ». Tel est le sens correct.

Un groupe de savants a dit : celui qui le transmet avec la consonne fermée le rattache à aksabahu (2) – « il lui a fait acquérir richesse et honneur » ; celui qui le rapporte avec la consonne ouverte entend : « tu acquiers toi-même la richesse manquante grâce à ta connaissance et à ton habileté. »

(1) Rapporté par al-Bukhari (n° 3) et Muslim (n° 160), d’après ‘A’isha. (2) Mss. Q et D : « aksabat-hu ».
* قولُه: «محبةُ العلم ــ أو العالِم ــ دِينٌ يدانُ بها»؛ لأنَّ العلمَ ميراثُ الأنبياء، والعلماءُ وُرَّاثُهم، فمحبةُ العلم وأهله محبةٌ لميراث الأنبياء وورثتهم، وبغضُ العلم وأهله بغضٌ لميراث الأنبياء وورثتهم. فمحبةُ العلم من علامات السعادة وبغضُ العلم من علامات الشقاوة، وهذا كلُّه إنما هو في علم الرُّسل الذي جاؤوا به، وورَّثوه للأمَّة، لا في كلِّ ما يسمَّى علمًا. وأيضًا؛ فإنَّ محبةَ العلم تحملُ على تعلُّمه واتِّباعه، وذلك هو الدِّين، وبغضُه ينهى عن تعلُّمه واتِّباعه، وذلك هو الشقاءُ والضلال. وأيضًا؛ فإنَّ الله سبحانه عليمٌ يحبُّ كلَّ عليم، وإنما يضعُ علمَه عند من يحبُّه، فمن أحبَّ العلمَ وأهلَه فقد أحبَّ ما أحبَّ الله، وذلك مما يُدانُ به. * قولُه: «العلمُ يُكْسِبُ العالِمَ الطَّاعةَ في حياته، وجميل الأُحدوثة بعد مماته»؛ يُكْسِبه ذلك، أي: يجعلُه كسبًا له، ويورِّثُه إياه. ويقال: كَسَبَه ذلك عزًّا وطاعةً، وأَكْسَبه. لغتان. ومنه حديثُ خديجة ﵂: «إنك لتَصِلُ الرَّحِم، وتَصْدُقُ الحديث، وتَحْمِلُ الكَلَّ، وتُكْسِبُ المعدوم» (١)، رُوِي بفتح التاء وضمِّها، ومعناه: تُكْسِبُ المالَ والغِنى. هذا هو الصواب. وقالت طائفة: من رواه بضمِّها فذلك من: أَكْسَبه (٢) مالًا وعزًّا، ومن رواه بفتحها فمعناه: تَكْسِبُ أنت المالَ المعدومَ بمعرفتك وحِذْقِك
(١) أخرجه البخاري (٣)، ومسلم (١٦٠) من حديث عائشة. (٢) (ق، د): «أكسبته».

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