que se maintient son règne ; or un souverain a nécessairement besoin de troupes, d’équipement, de richesses et d’apparat ; le savoir est donc sa monture, son armement et sa parure (1).
Quant aux biens matériels, leur ultime fonction est d’orner et d’embellir le corps lorsqu’on les dépense à cette fin. Mais si on les thésaurise sans les dépenser, ils ne sont ni ornement ni beauté ; ils deviennent au contraire un manque et un fardeau.
Il va de soi que la parure du roi – celle dont dépend la stabilité de son royaume – est plus noble et plus précieuse que la parure et l’embellissement de ses sujets ; de même, le cœur se maintient par le savoir, comme le corps se maintient par la nourriture.
Quarantième point : la part de richesse réellement visée est celle qui suffit au serviteur pour subsister, tenir debout et repousser la nécessité, afin qu’il puisse parachever son équipement (2) et préparer ses provisions pour le voyage (3) vers son Seigneur – qu’Il soit exalté. Si cette richesse dépasse le strict nécessaire, elle l’occupe, le détourne du chemin qui mène à son Seigneur, l’empêche d’achever ses préparatifs et de faire provision ; son préjudice l’emporte alors sur son utilité, et plus il s’enrichit, plus il se relâche et prend du retard dans les préparatifs de ce qui l’attend.
Le savoir bénéfique, au contraire, plus on en acquiert, plus on augmente ses provisions, parachève son équipement et prépare le nécessaire pour la marche. Allah accorde la réussite ; c’est à Lui que l’on demande secours, et il n’est de puissance ni de force si ce n’est par Lui.
La provision de ce voyage, c’est donc le savoir et l’action ; la provision de la résidence terrestre, c’est l’accumulation et l’épargne. Celui qui désire vraiment une chose se procure l’équipement qui y conduit. Le Très-Haut dit : « S’ils avaient réellement voulu partir, ils s’en seraient donné les moyens ; mais Allah a réprouvé leur départ, Il les a retenus, et il leur fut dit : “Restez donc avec ceux qui restent.” » (At-Tawba, 46).