Or, si tel est l’aboutissement des plaisirs purement animaux — le but même pour lequel on amasse et recherche l’argent — que faut-il alors penser de la valeur du simple moyen ?!
Quant à la richesse que sont le savoir et la foi, elle procure une jouissance permanente, une joie ininterrompue ; elle entraîne toutes sortes d’allégresse et de félicité : elle ne s’évanouit pas pour attrister, ne se retire pas pour faire souffrir. Bien au contraire, ceux qui la possèdent entrent dans cette parole divine : « Nulle crainte ne pèsera sur eux et ils ne seront point affligés » (Yûnus, 62).
Trente-sixième : Le riche limité aux biens matériels déteste la mort et la rencontre d’Allah ; par amour pour sa fortune, il répugne à s’en séparer et souhaite prolonger sa vie (1) afin d’en jouir, comme l’atteste l’expérience.
Le savoir, au contraire, fait aimer au serviteur la rencontre de son Seigneur et le détache de cette existence pénible et passagère.
Trente-septième : Les opulents voient leur souvenir s’éteindre avec leur mort, tandis que les savants meurent et leur renom demeure vivant. L’Emir des croyants a dit dans ce hadith : « Les thésauriseurs sont morts alors qu’ils vivent, alors que les savants subsistent tant que dure le temps. » Ainsi, les détenteurs de richesses, quoique vivants, sont comme des morts, et les savants, après leur décès, sont comme des vivants.
Trente-huitième : Le rapport du savoir à l’esprit est comparable à celui de l’esprit au corps : l’âme est morte ; sa vie tient au savoir, de même que le corps est mort et sa vie tient à l’âme. La richesse matérielle (2) n’a d’autre finalité que d’accroître la vitalité du corps, tandis que le savoir est la vie même des cœurs et des esprits, comme il a été précédemment établi.
Trente-neuvième : Le cœur est le souverain du corps ; la science est son ornement, sa provision et sa fortune, et c’est par elle