Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

Il éprouve alors une vive jouissance au moment précis où il expulse ce résidu impur et nocif (1) ; en réalité, le seul agrément qu’il en retire est le soulagement de ne plus porter ce qui le faisait souffrir.

On comprend donc que ces jouissances ne sont, au fond, que l’éloignement d’une douleur ou, tout au plus, des plaisirs chétifs et vils, inséparablement liés à des fléaux dont le préjudice l’emporte sur leur profit (2).

Il en va de même pour la volupté de l’accouplement : elle est aussitôt suivie d’un affaissement du cœur, de palpitations, de l’affaiblissement des forces physiques et morales, de la diminution des énergies vitales, de l’envahissement du corps par les humeurs corrompues, de la prompte installation de la fatigue et de la langueur, et de la domination des humeurs débridées, la vigueur résiduelle étant trop faible pour les refouler ou les contenir.

Autre indice que ces jouissances ne sont ni biens véritables, ni bonheurs, ni perfection : les sages de toutes les nations sont unanimes à blâmer celui dont l’appétit, l’occupation et le centre de toutes les ambitions se limitent à ces plaisirs. Ils le méprisent, l’abaissent, le rangent parmi les bêtes et ne lui accordent aucune considération. Si ces plaisirs étaient un bien et une perfection, celui qui leur consacrerait tous ses efforts serait l’homme le plus accompli.

On le voit encore à ceci : le cœur qui dirige son intention et sa volonté vers ces jouissances demeure constamment submergé de soucis, d’angoisses et de chagrins, tandis que le plaisir qu’il en retire, comparé à ces souffrances, n’est qu’une goutte dans l’océan, comme on l’a dit :
« Son allégresse pèse le poids d’un grain,
mais son chagrin accuse le quintal » (3).

(1) Ibn Ḥazm affirme même, dans al-Muḥallā, 2/6 : «Le plaisir ressenti lorsqu’on expulse l’urine, les excréments ou les gaz, au moment où le besoin s’en fait sentir, est plus intense que celui de l’éjaculation.» Al-Rāzī rapporte, dans al-Sirr al-maktūm, p. 3, que «la jouissance de rejeter la nourriture est plus grande que celle de se la procurer». (2) Les manuscrits T et Q lisent : «tu verras que son préjudice retombe sur elle». (3) Je n’ai pas retrouvé cette citation dans une autre source ; elle est issue de l’ouvrage Kan wa-kan.
الخبيث المؤذي، وجدَ لذَّةً عظيمةً عند دفعه وإرساله (١)، ولا لذَّةَ هناك إلا راحتُه من حمل ما يؤذيه حملُه. فعُلِمَ أنَّ هذه اللذَّات إمَّا أن تكونَ دفع آلام، وإمَّا أن تكون لذَّاتٍ ضعيفةً خسيسةً مقترنةً بآفاتٍ تُرْبي مضرتُها عليها (٢). وهذا كما يَعْقُبُ لذَّةَ الوِقاع من ضعف القلب، وخَفَقان الفؤاد، وضعف القُوى البدنيَّة والقلبيَّة، وضعف الأرواح، واستيلاء العفونة على كلِّ البدن، وإسراع الضعف والخَوَر إليه، واستيلاء الأخلاط عليه لضعف القوَّة عن دفعها وقهرها. ومما يدلُّ على أنَّ هذه اللذَّات ليست خيراتٍ وسعاداتٍ وكمالًا: أنَّ العقلاء من جميع الأمم مطبقونَ على ذمِّ من كانت نَهْمَتَه وشغلَه ومَصْرِفَ همَّته وإرادته، والإزارء به، وتحقير شأنه، وإلحاقه بالبهائم، ولا يقيمون له وزنًا، ولو كانت خيراتٍ وكمالًا لكان من صرَفَ إليها همَّتَه أكملَ الناس. وممَّا يدلُّ على ذلك: أن القلبَ الذي قد وَجَّهَ قصدَه وإرادته إلى هذه اللذَّات لا يزالُ مستغرقًا في الهموم والغموم والأحزان، وما ينالُه من اللذَّات في جنب هذه الآلام كقطرةٍ في بحر، كما قيل: سُرورُه وَزْنُ حَبَّهْ وحُزْنُه قِنْطار (٣)
(١) بل قال ابنُ حزمٍ في «المحلى» (٢/ ٦): «اللذةُ في خروج البول والغائط والريح أشدُّ عند الحاجة إلى خروجها منها في خروج المني»! وذكر الرازي في «السر المكتوم» (ص: ٣) أن لذة إخراج الطعام أعظمُ من لذة اجتلابه! (٢) (ت، ق): «ترى مضرتها عليها». (٣) لم أره في مصدرٍ آخر. وهو من «كان وكان».

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