Il éprouve alors une vive jouissance au moment précis où il expulse ce résidu impur et nocif (1) ; en réalité, le seul agrément qu’il en retire est le soulagement de ne plus porter ce qui le faisait souffrir.
On comprend donc que ces jouissances ne sont, au fond, que l’éloignement d’une douleur ou, tout au plus, des plaisirs chétifs et vils, inséparablement liés à des fléaux dont le préjudice l’emporte sur leur profit (2).
Il en va de même pour la volupté de l’accouplement : elle est aussitôt suivie d’un affaissement du cœur, de palpitations, de l’affaiblissement des forces physiques et morales, de la diminution des énergies vitales, de l’envahissement du corps par les humeurs corrompues, de la prompte installation de la fatigue et de la langueur, et de la domination des humeurs débridées, la vigueur résiduelle étant trop faible pour les refouler ou les contenir.
Autre indice que ces jouissances ne sont ni biens véritables, ni bonheurs, ni perfection : les sages de toutes les nations sont unanimes à blâmer celui dont l’appétit, l’occupation et le centre de toutes les ambitions se limitent à ces plaisirs. Ils le méprisent, l’abaissent, le rangent parmi les bêtes et ne lui accordent aucune considération. Si ces plaisirs étaient un bien et une perfection, celui qui leur consacrerait tous ses efforts serait l’homme le plus accompli.
On le voit encore à ceci : le cœur qui dirige son intention et sa volonté vers ces jouissances demeure constamment submergé de soucis, d’angoisses et de chagrins, tandis que le plaisir qu’il en retire, comparé à ces souffrances, n’est qu’une goutte dans l’océan, comme on l’a dit :
« Son allégresse pèse le poids d’un grain,
mais son chagrin accuse le quintal » (3).