Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

et en se maculant des fluides répugnants qui en émanent ; de plus, son plein accomplissement ne se réalise qu’avec l’éjection de la semence, plaisir même que l’on recherche dans l’accouplement, et dont la durée équivaut à un instant indivisible (1). Quelle peine, pourtant, dans tout ce manège, ces efforts, cette longueur, ces cajoleries (2) et cette fatigue, pour un délice qui ne dure qu’un clin d’œil ! Comment mettre en balance ce plaisir fugitif avec la peine qu’il coûte ?

Cela montre que ce plaisir ne fait pas partie des biens véritables, du bonheur ni de la perfection pour lesquels le serviteur a été créé, et qu’il ne constitue nullement une perfection indispensable. Il existe au contraire, au-delà de tout cela, une autre réalité à laquelle l’homme a été destiné sans même en prendre conscience ; et, parce qu’il s’en détourne, qu’il refuse de la rechercher pour la connaître, puis de chercher la voie qui y mène pour y parvenir, il en vient à faire paître son âme parmi le bétail errant.

On t’a préparé pour une noble mission, si seulement tu la comprenais…
Élève donc ton âme, ne la laisse pas brouter avec le troupeau abandonné (3).

La place qu’occupe ce plaisir dans l’âme est comparable à la satisfaction qu’éprouve un homme retenu dans un endroit d’où il ne peut se rendre aux latrines ; accablé par le besoin, il subit une grande gêne et une rude épreuve, jusqu’à ce qu’il puisse enfin gagner le lieu d’aisance et se délester de ce fardeau (4).

(1) Il s’agit de la limite où la fin du temps passé rejoint le commencement du temps futur, comparable au point où deux lignes se touchent jusqu’à n’en former qu’une ; ce point est donc le début de l’une et la fin de l’autre. Voir : Sharh Adab al-katib d’al-Jawaliqi, p. 57 ; al-Kulliyyat, p. 827 ; al-Muʿjam al-falsafi, t. 1, p. 28. (2) Variante du manuscrit T : « wa-l-marawaha » (« et l’alternance »). (3) Dernier vers de la célèbre Lamiyyat al-Tughraʾi, également appelée Lamiyyat al-ʿajam, dans son Dîwân, p. 309. (4) al-baraz, avec fatḥa : « l’espace découvert, la plaine » ; avec kasra : euphémisme pour « les excréments ». Voir : al-Ṣiḥāḥ, s.v. baraza.
والتلطُّخ بالرطوبات المُسْتَقْذَرة المتولِّدة منها، ثمَّ إنَّ تمامها إنما يحصلُ بانفصال النطفة، وهي اللذَّةُ المقصودةُ من الوِقاع، وزمنُها يشبه الآنَ الذي لا ينقسم (١)؛ فصعوبةُ تلك المُزاوَلة والمُحاوَلة والمُطاوَلة والمُراوَضة (٢) والتعب لأجل لذَّة لحظةٍ كمرِّ الطَّرف! فأيُّ مقايسةٍ بين هذه اللذَّة وبين التعب في طريق تحصيلها؟! وهذا يدلُّ على أنَّ هذه اللذَّة ليست من جنس الخيرات والسعادات والكمال الذي خُلِقَ له العبد، ولا كمال له بدونه. بل ثَمَّ أمرٌ وراء ذلك كلِّه قد هُيِّاء له العبدُ وهو لا يفطنُ له، فهو لغفلته عنه، وإعراضه عن التفتيش عليه حتى يَظْفَر بمعرفته، وعن التفتيش على طريقه حتى يَصِلَ إليه= يَسُومُ نفسَه مع الأنعام السَّائمة. قد هيَّؤوك لأمرٍ لو فَطِنْتَ له ... فاربأ بنفسكَ أن ترعى مع الهَمَلِ (٣) ومَوْقِعُ هذه اللذَّة من النفس كمَوْقِع لذَّة البراز (٤) من رجلٍ احتبسَ في موضعٍ لا يمكنه القيامُ إلى الخلاء، وصار مضطرًّا إليه؛ فإنه يجدُ مشقَّةً شديدةً وبلاءً عظيمًا، فإذا تمكَّن من الذهاب إلى الخلاء وقَدَرَ على دفع ذلك
(١) وهو الحدُّ الذي يتَّصلُ به آخرُ الزمان الماضي بأول الزمان المستقبل، بمنزلة النُّقطة التي يتَّصلُ بها الخطَّان حتى يصيرا واحدًا، فتكونُ النقطةُ مبدأً لأحد الخطَّين ومنتهًى للخطِّ الآخر. انظر: «شرح أدب الكاتب» للجواليقي (٥٧)، و «الكليات» (٨٢٧)، و «المعجم الفلسفي» (١/ ٢٨). (٢) (ت): «والمراوحة». (٣) آخرُ بيتٍ من لاميَّة الطُّغرائي المشهورة بلاميَّة العَجَم، في ديوانه (٣٠٩). (٤) البَراز: الفَضاءُ الواسع. وبالكسر: كنايةٌ عن الغائط. «الصحاح» (برز).

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