Elle se compose de 325 feuillets ; chaque page compte 23 lignes et chaque ligne environ 17 mots.
Cette copie a bénéficié de multiples soins. D’abord, Ibn Bardis en a vocalisé le texte et veillé aux signes d’ihmâl : il plaçait au-dessus de chaque lettre non pointée un petit trait, semblable à un ongle couché, qu’il omettait rarement. Il la collationna ensuite avec l’original – bien qu’il ne le dise pas expressément – ; les corrections notées dans les marges, paraphées de « ṣaḥ » (correct) (q. 3/b, a ; 4/a ; 6/a ; 8/a ; 10/a ; 12/b ; 14/a ; 17/b ; …), ainsi que les ajouts et rattrapages d’omissions (q. 2/b ; 3/b ; 5/a ; 10/a ; …), dont presque aucune page n’est dépourvue, en témoignent.
Lorsque la plume ou l’encre avait débordé, il réécrivait le passage dans la marge avec soin, surmonté du mot « bayân » (explication) et, parfois, scellé de « ṣaḥ » (q. 30/b ; 39/a ; 51/b ; 75/a ; 80/b ; …).
Il distingue les chapitres et assimilés en les calligraphiant d’une grande écriture appuyée.
Il a clos la copie par ces mots : « Le livre intitulé Miftâḥ Dâr al-Saʿâda est désormais achevé. C’est un ouvrage précieux dont le compagnon de lecture ne se lasse pas. Il recèle des merveilles d’enseignements et des colliers de perles rares qu’on ne trouve nulle part ailleurs. Il contient des recherches qui mènent chaque science à son terme. Son titre correspond à son contenu, son expression à son sens ; on y puise un profit qui mène à la Demeure du bonheur. Tout cela a été accompli par la plus pauvre des créatures de Dieu, qui place sa confiance en Lui en toute circonstance, reconnaît ses fautes et ses manquements, et pêche par la parole et l’acte : Ismâʿîl b. Muḥammad b. Bardis – qu’Allah lui pardonne. L’achèvement eut lieu le 19 du noble mois de Shaʿbân de l’an 766 H. Allah nous suffit et Il est le meilleur garant. »