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S’ils ne parviennent pas à lui imputer quelque turpitude patente, ils l’accusent alors de duperie et de falsification, de zawkra (1), d’ostentation, d’amour de la prééminence et de recherche des honneurs.
Cette part d’inimitié que les ignorants et les injustes nourrissent à l’égard des savants est aussi inévitable que la chaleur ou le froid ; quiconque possède un minimum de raison ne doit donc pas s’en affliger, puisqu’il n’existe aucun moyen de l’écarter. Qu’il prépare plutôt son âme à l’affronter, comme il se prépare aux rigueurs de l’hiver et aux ardeurs de l’été.
- Troisième catégorie des fléaux de la richesse : les tourments qui atteignent le serviteur après qu’il s’en est séparé : son cœur demeure attaché à ce bien dont il a été écarté, les créances qu’il implique sont réclamées, et l’on dresse contre lui le compte de ce qu’il a reçu et dépensé : « D’où l’as-tu acquis ? Dans quoi l’as-tu dépensé ? »
La richesse que constituent la science et la foi, exempte de tels fléaux, garantit toutes les délices, toutes les joies et tous les bonheurs ; mais on ne l’atteint qu’en franchissant un pont fait d’effort, de patience et de peine.
Trente-quatrième point : le plaisir que le riche trouve dans sa fortune est lié à la fréquentation des gens, ne serait-ce que de ses domestiques, de ses épouses, de ses concubines ou de ses suivants ; car, s’il se retrouvait seul avec son argent, sans serviteur, sans épouse ni aucun autre être humain, il ne profiterait pas pleinement de sa richesse et n’en goûterait pas véritablement la saveur.
Et puisque l’accomplissement de sa jouissance dépend de ce lien avec autrui, ce lien
(1) Al-Maqqarî écrit dans Nafh at-Tîb (VI, 12) que le terme « az-zawakira » (pl. de *zawkar*) est utilisé au Maghreb pour désigner celui qui exhibe la piété et le culte tout en dissimulant la débauche et la corruption. Voir aussi : Ṭarîq al-Hijratayn, p. 889 ; Siyar (XIV, 314 ; XXI, 193) ; Inbâʾ al-Ghumr (I, 37 ; III, 359) ; aṭ-Ṭâliʿ as-Saʿîd, p. 583 ; Aʿyân al-ʿAṣr (IV, 598). Parmi les épîtres d’Ibn Shaykh al-Hazzâmayn figure « Al-Farq bayna Karâmat al-Walî wa Zawkra al-Muzawkar » ; voir l’introduction de l’édition de son Voyage, p. 10.
فإن عجزوا له عن شيءٍ من القبائح الظاهرة بعينه رَمَوه بالتلبيس والتدليس، والزَّوْكَرة (١) والرِّياء، وحبِّ الترفُّع وطلب الجاه.
وهذا القَدْرُ من معاداة أهل الجهل والظُّلم للعلماء مثلُ الحرِّ والبرد لا بدَّ منه، فلا ينبغي لمن له مُسْكةُ عقلٍ أن يتأذَّى به؛ إذ لا سبيل له إلى دفعه بحال، فليوطِّن نفسَه عليه كما يوطِّنُها على برد الشتاء وحرِّ الصَّيف.
* والنوعُ الثالث من آفات الغِنى: ما يحصلُ للعبد بعد مفارقته من تعلُّق قلبه به، وكونه قد حِيل بينه وبينه، والمطالبة بحقوقه، والمحاسبة على مقبوضه ومصروفه: من أين اكتسبه وفي ماذا أنفقه؟
وغِنى العلم والإيمان مع سلامته من هذه الآفات فهو كفيلٌ بكلِّ لذَّةٍ وفرحةٍ وسرور، ولكن لا يُنالُ إلا على جسرٍ من التعب والصبر والمشقَّة.
الرابع والثلاثون: أنَّ لذَّةَ الغنيِّ بالمال مقرونةٌ بخُلْطَة الناس، ولو لم يكن إلا خَدَمُه وأزواجُه وسَراريه وأتباعُه؛ إذ لو انفردَ الغنيُّ بماله وحده من غير أن يتعلَّق بخادمٍ أو زوجةٍ أو أحدٍ من الناس لم يَكْمُل انتفاعُه بماله، ولا التذاذُه به.
وإذا كان كمالُ لذَّته بغناه موقوفًا على اتصاله بالغير، فذلك الاتصالُ
(١) قال المقَّري في «نفح الطيب» (٦/ ١٢): «الزواكرة [جمعُ زوكر]: لفظٌ يستعمله المغاربة، ومعناه عندهم المتلبِّسُ الذي يُظْهِرُ النُّسك والعبادة، ويُبْطِنُ الفسق والفساد». وانظر: «طريق الهجرتين» (٨٨٩)، و «السير» (١٤/ ٣١٤، ٢١/ ١٩٣)، و «إنباء الغمر» (١/ ٣٧، ٣/ ٣٥٩)، و «الطالع السعيد» (٥٨٣)، و «أعيان العصر» (٤/ ٥٩٨). ومن رسائل ابن شيخ الحزامين: «الفرق بين كرامة الولي وزوكرة المزوكر». انظر: مقدمة تحقيق رحلته (١٠).