Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

de la quête elle-même, de la satisfaction qu’elle procure et de la joie qu’elle suscite.

Trente-deuxième point : la richesse matérielle implique d’accorder des bienfaits aux hommes et de leur témoigner de la générosité ; son détenteur doit donc soit se fermer cette porte, soit l’ouvrir.

S’il la ferme, il devient aux yeux des gens l’incarnation même de l’avarice et de l’inutilité ; ils le détestent, le blâment et le méprisent. Or celui que les hommes abhorrent et tiennent pour insignifiant voit les calamités et les nuisances fondre sur lui plus vite que le feu sur du bois sec ou que la crue dans sa pente. Lorsqu’il comprend que les créatures le haïssent, le méprisent et ne lui accordent aucune considération, son cœur en souffre au plus haut point et se trouve assailli de soucis, de peines et de chagrins.

S’il ouvre au contraire la porte de la bienfaisance et du don, il lui est impossible de répandre le bien sur tout le monde ; il devra nécessairement en gratifier certains et en priver d’autres. Cela lui attire alors l’inimitié et le blâme aussi bien des frustrés que des comblés.

Le frustré dira : « Pourquoi a-t-il été généreux envers autrui et avare envers moi ? »

Quant au comblé, il se délecte et se réjouit du bien qu’il vient de recevoir, mais demeure constamment avide et aux aguets d’un don semblable ; or, cela se révèle le plus souvent impossible. On en arrive alors à une vive hostilité et à la réprobation, d’où l’adage : « Prends garde au mal de celui à qui tu as fait du bien. » (1)

Ces fléaux n’existent pas dans la richesse du savoir : celui qui la possède peut en effet la prodiguer à l’univers entier et permettre à tous d’en jouir (2), sans que la part qu’il en donne diminue pour autant. Bien au contraire, celui qui la reçoit la fait fructifier ; ainsi

(1) Il s’agit d’un proverbe bien connu ; cf. Majmaʿ al-amthāl, t. 1, p. 145. Certains le citent comme un ḥadith, mais sans aucune base : voir al-Maqāṣid al-ḥasana, p. 39. (2) Les manuscrits T, D et Q lisent : « il le prodigue à tous les savants et à leurs semblables » ; on peut toutefois corriger en : « et les associe à son bien ».
الطَّلب وابتهاجه وفرحه به. الثاني والثلاثون: أنَّ غِنى المال يستدعي الإنعامَ على الناس والإحسانَ إليهم؛ فصاحبُه إما أن يسُدَّ على نفسه هذا الباب، وإما أن يفتحه عليه. فإن سدَّه على نفسه اشتُهِرَ عند الناس بالبعد من الخير والنفع؛ فأبغضوه وذمُّوه واحتقروه، وكلُّ من كان بغيضًا عند الناس حقيرًا لديهم كان وصولُ الآفات والمضرَّات إليه أسرعَ من النار في الحطب اليابس، ومن السَّيل في مُنْحَدَره، وإذا عرفَ من الخلق أنهم يمقتونه ويبغضونه ولا يقيمون له وزنًا تألَّم قلبُه غايةَ التألم، وأُحْضِرَ الهمومَ والغمومَ والأحزان. وإن فتحَ باب الإحسان والعطاء فإنه لا يمكنُه إيصالُ الخير والإحسان إلى كلِّ أحد، فلا بدَّ من إيصاله إلى البعض وإمساكه عن البعض، وهذا يفتحُ عليه باب العداوة والمذمَّة من المحروم والمرحوم. أمَّا المحرومُ فيقول: كيف جادَ على غيري وبَخِل عليَّ؟! وأمَّا المرحومُ فإنه يلتذُّ ويفرحُ بما حصلَ له من الخير والنفع، فيبقى طامعًا مُسْتَشْرِفًا لنظيره على الدوام، وهذا قد يتعذَّرُ غالبًا؛ فيفضي ذلك إلى العداوة الشديدة والمذمَّة، ولهذا قيل: «اتقِ شرَّ من أحسنتَ إليه» (١). وهذه الآفاتُ لا تعرضُ في غِنى العلم؛ فإنَّ صاحبَه يمكنُه بذلُه للعالَم واشتراكُهم فيه (٢)، والقدرُ المبذولُ منه باقٍ لآخذه لا يزول، بل يتَّجِرُ به، فهو
(١) وهو مثلٌ سائر. انظر: «مجمع الأمثال» (١/ ١٤٥). ويذكره بعضهم حديثًا، ولا أصل له. انظر: «المقاصد الحسنة» (٣٩). (٢) (ت، د، ق): «بذله للعالم كلهم وأشباههم» ولعلها: «وإشراكهم فيه».

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