de la quête elle-même, de la satisfaction qu’elle procure et de la joie qu’elle suscite.
Trente-deuxième point : la richesse matérielle implique d’accorder des bienfaits aux hommes et de leur témoigner de la générosité ; son détenteur doit donc soit se fermer cette porte, soit l’ouvrir.
S’il la ferme, il devient aux yeux des gens l’incarnation même de l’avarice et de l’inutilité ; ils le détestent, le blâment et le méprisent. Or celui que les hommes abhorrent et tiennent pour insignifiant voit les calamités et les nuisances fondre sur lui plus vite que le feu sur du bois sec ou que la crue dans sa pente. Lorsqu’il comprend que les créatures le haïssent, le méprisent et ne lui accordent aucune considération, son cœur en souffre au plus haut point et se trouve assailli de soucis, de peines et de chagrins.
S’il ouvre au contraire la porte de la bienfaisance et du don, il lui est impossible de répandre le bien sur tout le monde ; il devra nécessairement en gratifier certains et en priver d’autres. Cela lui attire alors l’inimitié et le blâme aussi bien des frustrés que des comblés.
Le frustré dira : « Pourquoi a-t-il été généreux envers autrui et avare envers moi ? »
Quant au comblé, il se délecte et se réjouit du bien qu’il vient de recevoir, mais demeure constamment avide et aux aguets d’un don semblable ; or, cela se révèle le plus souvent impossible. On en arrive alors à une vive hostilité et à la réprobation, d’où l’adage : « Prends garde au mal de celui à qui tu as fait du bien. » (1)
Ces fléaux n’existent pas dans la richesse du savoir : celui qui la possède peut en effet la prodiguer à l’univers entier et permettre à tous d’en jouir (2), sans que la part qu’il en donne diminue pour autant. Bien au contraire, celui qui la reçoit la fait fructifier ; ainsi