Car chez l’homme de science se trouvent des sources de jouissance plus grandes, plus puissantes et plus durables que le plaisir du fortuné ; l’effort qu’il fournit pour acquérir, rassembler et fixer son savoir est moindre que la peine qu’endure l’accumulateur d’argent pour amasser sa fortune (1), et sa souffrance est inférieure à la sienne. Le Très-Haut a dit aux croyants – pour les consoler de la peine et de la fatigue qu’ils rencontrent dans Son obéissance et la recherche de Son agrément : « Ne faiblissez pas dans la poursuite de ces gens. Si vous souffrez, eux aussi souffrent comme vous, tandis que vous espérez d’Allah ce qu’ils n’espèrent point. Et Allah est Omniscient, Sage. » (An-Nisâ’, 104).
Trente et unième point : le plaisir tiré de la fortune et de la richesse n’existe qu’au moment précis de son acquisition renouvelée ; lorsqu’elle se maintient, ce plaisir s’évanouit ou, à tout le moins, s’atténue.
La preuve en est que la nature humaine continue de convoiter un enrichissement supplémentaire et s’y adonne avec avidité ; elle s’efforce sans cesse d’obtenir un surplus et demeure ainsi dans une indigence permanente qui ne prend jamais fin (2). Quand bien même il posséderait les trésors de la terre, sa pauvreté, son désir et son avidité ne le quitteraient pas ; il est, en effet, l’un des deux insatiables qui ne se rassasient jamais (3), et la douleur de la convoitise et de la quête ne le quitte donc pas.
Il en va tout autrement de la richesse de la science et de la foi : la jouissance qu’elle procure lorsqu’on la possède est identique – voire supérieure – à celle qu’elle donne lorsqu’elle se renouvelle. Certes, son détenteur reste constamment en quête d’un supplément et y tient ardemment, mais cette recherche et cette avidité s’accompagnent du plaisir de ce qui est déjà acquis, du plaisir de ce qu’il espère encore, ainsi que du plaisir