Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

Car chez l’homme de science se trouvent des sources de jouissance plus grandes, plus puissantes et plus durables que le plaisir du fortuné ; l’effort qu’il fournit pour acquérir, rassembler et fixer son savoir est moindre que la peine qu’endure l’accumulateur d’argent pour amasser sa fortune (1), et sa souffrance est inférieure à la sienne. Le Très-Haut a dit aux croyants – pour les consoler de la peine et de la fatigue qu’ils rencontrent dans Son obéissance et la recherche de Son agrément : « Ne faiblissez pas dans la poursuite de ces gens. Si vous souffrez, eux aussi souffrent comme vous, tandis que vous espérez d’Allah ce qu’ils n’espèrent point. Et Allah est Omniscient, Sage. » (An-Nisâ’, 104).

Trente et unième point : le plaisir tiré de la fortune et de la richesse n’existe qu’au moment précis de son acquisition renouvelée ; lorsqu’elle se maintient, ce plaisir s’évanouit ou, à tout le moins, s’atténue.

La preuve en est que la nature humaine continue de convoiter un enrichissement supplémentaire et s’y adonne avec avidité ; elle s’efforce sans cesse d’obtenir un surplus et demeure ainsi dans une indigence permanente qui ne prend jamais fin (2). Quand bien même il posséderait les trésors de la terre, sa pauvreté, son désir et son avidité ne le quitteraient pas ; il est, en effet, l’un des deux insatiables qui ne se rassasient jamais (3), et la douleur de la convoitise et de la quête ne le quitte donc pas.

Il en va tout autrement de la richesse de la science et de la foi : la jouissance qu’elle procure lorsqu’on la possède est identique – voire supérieure – à celle qu’elle donne lorsqu’elle se renouvelle. Certes, son détenteur reste constamment en quête d’un supplément et y tient ardemment, mais cette recherche et cette avidité s’accompagnent du plaisir de ce qui est déjà acquis, du plaisir de ce qu’il espère encore, ainsi que du plaisir

(1) Les manuscrits T, Ḥ et N lisent « fa jam‘ahu » ; lecture erronée. (2) Le manuscrit T porte « muntaqaṣ », tandis que Q donne « muntaqaḍ ». (3) « L’autre » renvoie à l’étudiant en science, selon le ḥadith célèbre qu’al-Hakim a authentifié (1/92) d’après Anas sans que al-Dhahabi ne le conteste ; c’est la meilleure de ses chaînes. La même tradition est rapportée, mais avec des voies défectueuses, par Anas, Ibn Mas‘ud et Ibn ‘Abbas, et existe également sous une forme mawqûf ; cette dernière paraît la plus plausible.
فمع صاحب العلم من أسباب اللذَّة ما هو أعظمُ وأقوى وأدومُ من لذَّة الغني، وتعبُه في تحصيله وجمعه وضبطه أقلُّ من تعب جامع المال بجمعه (١)، وألمُه دون ألمِه؛ كما قال تعالى للمؤمنين ــ تسليةً لهم بما ينالُهم من الألم والتعب في طاعته ومرضاته ــ: ﴿وَلَا تَهِنُوا فِي ابْتِغَاءِ الْقَوْمِ إِنْ تَكُونُوا تَأْلَمُونَ فَإِنَّهُمْ يَأْلَمُونَ كَمَا تَأْلَمُونَ وَتَرْجُونَ مِنَ اللَّهِ مَا لَا يَرْجُونَ وَكَانَ اللَّهُ عَلِيمًا حَكِيمًا﴾ [النساء: ١٠٤]. الحادي والثلاثون: أنَّ اللذَّة الحاصلة من المال والغِنى إنما هي حالَ تجدُّده فقط، وأما حالَ دوامه: فإما أن تذهبَ تلك اللذَّة، وإمَّا أن تنقُص. ويدلُّ عليه أنَّ الطَّبعَ يبقى طالبًا لغِنًى آخر، حريصًا عليه، فهو يحاولُ تحصيلَ الزيادة دائمًا، فهو في فقرٍ مستمرٍّ غير مُنْقَضٍ (٢)، ولو ملكَ خزائنَ الأرض ففقرُه وطلبُه وحرصُه باقٍ عليه؛ فإنه أحدُ المنهومَيْن اللذَين لا يشبعان (٣)، فهو لا يفارقُه ألمُ الحرص والطَّلب. وهذا بخلاف غنيِّ العلم والإيمان؛ فإنَّ لذَّتَه في حال بقائه مثلُها في حال تجدُّده، بل أزْيَد، وصاحبُها وإن كان لا يزالُ طالبًا للمزيد حريصًا عليه، فطلبُه وحرصُه مُسْتَصْحِبٌ للذَّة الحاصل، ولذَّة المرجوِّ المطلوب، ولذَّة
(١) (ت، ح، ن): «فجمعه». خطأ. (٢) (ت): «منتقص». «ق»: «منتقض». (٣) والآخرُ هو طالب العلم؛ كما ورد في الحديث المشهور الذي صححه الحاكم (١/ ٩٢) من حديث أنس مرفوعًا، ولم يتعقبه الذهبي. وهو أحسنُ طرقه. وجاء من حديث أنسٍ وابن مسعودٍ وابن عباسٍ ﵃ من طرقٍ معلولة. وروي موقوفًا، وهو أشبه.

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies