et ta fortune procède de ton corps. » (1) Or la différence entre les deux réalités est à l’image de celle qui sépare l’âme du corps.
Seizièmement : si l’on proposait au savant, en échange de la part de science qui lui revient, tout ce que renferme ce monde ici-bas, il n’en voudrait jamais comme contrepartie ; tandis que le riche doué de raison, lorsqu’il contemple la noblesse du savant, sa supériorité, la joie que lui procure la science et la perfection qu’il atteint grâce à elle, souhaiterait pouvoir troquer toute sa fortune contre la science de cet homme.
Dix-septièmement : nul n’a jamais obéi à Allah si ce n’est par la science, alors que la plupart de ceux qui Lui désobéissent ne le font qu’au moyen de l’argent.
Dix-huitièmement : le savant appelle les gens à Allah par sa science et par son état ; celui qui amasse la fortune les convie, par son état et par son argent, aux attraits de ce bas monde.
Dix-neuvièmement : la richesse financière est bien souvent cause de la perte de celui qui la possède ; convoitée par les âmes, si celles-ci voient quelqu’un s’approprier l’objet de leur passion, elles s’emploient à le détruire – c’est un fait avéré. Quant à la richesse qu’est la science, elle est cause de vie pour l’homme et pour autrui ; lorsque les gens voient quelqu’un la rechercher et la réserver, ils l’aiment, le servent et l’honorent.
Vingtièmement : le plaisir que l’on tire de la richesse matérielle n’est qu’une jouissance imaginaire ou animale. Si son possesseur se complaît dans l’acte même d’amasser et de conserver, ce plaisir est illusoire et chimérique ; s’il se délecte de la dépenser au service de ses passions, ce plaisir est bestial. Le plaisir de la science, en revanche, est une jouissance intellectuelle et spirituelle ; il ressemble (2) au délice et à l’allégresse des anges. Quel écart entre les deux plaisirs !
Vingt-et-unièmement : les sages de toutes les nations sont unanimes à blâmer l’avidité dans l’accumulation