Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim
  1. Lorsque le possesseur d’une fortune meurt, sa richesse se sépare de lui, tandis que la science l’accompagne jusque dans sa tombe.

  2. La science gouverne la richesse, alors que la richesse n’exerce aucune autorité sur la science.

  3. La fortune échoit aussi bien au croyant qu’au mécréant, au vertueux qu’au dépravé ; la science utile, elle, n’échoit qu’au croyant.

  4. Les rois – et ceux qui leur sont subordonnés – ont besoin du savant, tandis que les seuls à dépendre du détenteur d’une fortune sont les indigents et les nécessiteux.

  5. L’âme s’élève et se purifie en acquérant la science ; c’est là sa perfection et sa noblesse. La richesse, en revanche, ne la purifie ni ne l’achève, ne lui ajoute aucune qualité de perfection ; au contraire, l’âme se rabaisse, devient cupide et avare lorsqu’elle s’emploie à amasser des biens et à y tenir. Son ardeur pour la science est l’essence même de sa perfection, tandis que son ardeur pour la richesse est l’essence même de son imperfection.

  6. La fortune pousse l’âme à la tyrannie, à l’orgueil et à la vanité, tandis que la science l’appelle à l’humilité et à l’accomplissement de la servitude envers Allah ; la richesse l’oriente vers les attributs des rois, la science vers ceux des serviteurs.

  7. La science est un portier (1) qui la fait accéder au bonheur pour lequel elle a été créée, alors que la richesse constitue un voile qui la prive de ce bonheur et s’interpose entre elle et lui (2).

  8. La richesse que procure la science est plus illustre que celle que procure l’argent ; en effet, la richesse pécuniaire n’est qu’une richesse

(1) Les manuscrits H et N lisent jadhib (« attirant »). Les manuscrits Q, T et D portent sahib (« compagnon »). En marge du manuscrit D figure hajib (« huissier »), avec au-dessus le signe (kh) renvoyant à un autre exemplaire ; cette dernière leçon est la bonne. Voir : al-Fawâʾid, p. 161 ; Ṭarîq al-Hijratayn, p. 737. (2) Les manuscrits H, T et N donnent : baynahâ wa baynahâ (« entre elle et elle »).
الرابع: أنَّ صاحبَ المال إذا مات فارقه مالُه، والعلمُ يدخلُ معه قبرَه. الخامس: أنَّ العلمَ حاكمٌ على المال، والمالُ لا يحكمُ على العلم. السادس: أنَّ المالَ يحصُل للمؤمن والكافر والبَرِّ والفاجر، والعلمُ النافعُ لا يحصُل إلا للمؤمن. السابع: أنَّ العالِمَ يحتاجُ إليه الملوكُ فمن دونهم، وصاحبُ المال إنما يحتاجُ إليه أهلُ العُدْم والفاقة. الثامن: أنَّ النفسَ تَشْرُفُ وتزكو بجمع العلم وتحصيله، وذلك من كمالها وشرفها، والمالُ لا يزكِّيها ولا يكمِّلها ولا يزيدُها صفةَ كمال، بل النفسُ تنقصُ وتَشِحُّ وتبخلُ بجمعه والحرص عليه؛ فحرصُها على العلم عينُ كمالها، وحرصُها على المال عينُ نقصها. التاسع: أنَّ المالَ يدعوها إلى الطغيان والفخر والخيلاء، والعلمُ يدعوها إلى التواضع والقيام بالعبودية؛ فالمالُ يدعوها إلى صفات الملوك والعلمُ يدعوها إلى صفات العبيد. العاشر: أنَّ العلمَ حاجبٌ (١) موصلٌ لها إلى سعادتها التي خُلِقَت لها والمال حجابٌ عنها وبينها (٢). الحادي عشر: أنَّ غِنى العلم أجلُّ من غِنى المال؛ فإنَّ غِنى المال غِنًى
(١) (ح، ن): «جاذب». (ق، ت، د): «صاحب». وفي طرة (د): «حاجب» وفوقه (خ) إشارة إلى نسخة. وهو الصواب. انظر: «الفوائد» (١٦١)، و «طريق الهجرتين» (٧٣٧). (٢) (ح، ت، ن): «بينها وبينها».

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