Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

ainsi que par son implication.

La science, pour s’épurer et croître (1), connaît deux voies :

  1. La transmettre ;
  2. La mettre en pratique. Car la pratiquer la fait, elle aussi, prospérer et se multiplier ; elle ouvre alors à son détenteur ses portes et ses secrets. Enseigner la science et en vivre constituent, en somme, un commerce ; de même que la richesse fructifie par le négoce, la science prospère par cet échange.

Sa parole : « et la fortune se réduit par la dépense » n’est nullement contraire à l’affirmation du Prophète ﷺ : « Une aumône n’a jamais diminué une fortune » (2). En effet, lorsque tu verses une part de tes biens en aumône ou en dépenses, cette part s’en va et une autre la remplace. Quant à la science, elle ressemble à une flamme : quand bien même le monde entier y puiserait (3), rien n’en serait retranché ; au contraire, la science augmente lorsqu’on la partage. Elle est pareille à une source dont le jaillissement se fait d’autant plus vigoureux qu’on en puise l’eau.

La supériorité de la science sur la richesse se constate sous plusieurs aspects :

  1. La science est l’héritage des prophètes, tandis que la fortune est l’héritage des rois et des nantis.
  2. La science protège son détenteur, alors que le détenteur d’une fortune doit protéger ses biens.
  3. Les dépenses épuisent la richesse, tandis que la science, elle, se purifie et croît par la dépense.
(1) Dans les principales copies, on lit : « wa nahwahu » (« et ce qui lui ressemble »), lecture fautive. Cf. : Ibn al-Qayyim, Turuq al-Hijratayn, p. 802 et 805 ; Id., Ighathat al-Lahfan, t. 1, p. 46. (2) Muslim, nº 2588, d’après Abou Hurayra. (3) Le manuscrit H porte : « ahl al-ard » (« les habitants de la terre »). En marge : « dans l’original : ahl al-‘ilm » (« les gens de science »). Le manuscrit N lit également « ahl al-‘ilm ». Une note marginale ajoute : « il s’agit probablement de ahl al-ard ».
وفحواه. ولزكاء العلم ونموِّه (١) طريقان: أحدُهما: تعليمُه. والثاني: العملُ به؛ فإنَّ العملَ به أيضًا ينمِّيه ويكثِّره، ويفتحُ لصاحبه أبوابَه وخباياه، وهذا لأنَّ تعليمَه والعملَ به هو التجارة فيه، فكما ينمو المالُ بالتجارة فيه كذلك العلم. وقولُه: «والمالُ تَنْقُصُه النفقة» لا ينافي قول النبيِّ ﷺ: «ما نقَصت صدقةٌ من مال» (٢)؛ فإنَّ المالَ إذا تصدَّقتَ منه وأنفقتَ ذهبَ ذلك القَدْرُ وخَلَفَه غيرُه، وأمَّا العلمُ فكالقَبس من النار لو اقتبس منها العالَمُ (٣) لم يذهب منها شيء، بل يزيدُ العلمُ بالاقتباس منه، فهو كالعَيْن التي كلَّما أُخِذَ منها قويَ ينبوعُها وجاش مَعِينُها. وفضلُ العلم على المال يُعْلَمُ من وجوه: أحدها: أنَّ العلمَ ميراثُ الأنبياء، والمالُ ميراثُ الملوك والأغنياء. الثاني: أنَّ العلمَ يحرسُ صاحبَه، وصاحبُ المال يحرسُ مالَه. والثالث: أنَّ المالَ تُذْهِبُه النفقات، والعلمُ يزكو على النفقة.
(١) في الأصول: «ونحوه». تحريف. وانظر: «طريق الهجرتين» (٨٠٢، ٨٠٥)، و «إغاثة اللهفان» (١/ ٤٦). (٢) أخرجه مسلم (٢٥٨٨) من حديث أبي هريرة. (٣) (ح): «أهل الأرض». وفي طرَّتها: «في الأصل: أهل العلم». وفي (ن): «أهل العلم». وفي طرَّتها: «لعله أهل الأرض».

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