De même, le connaisseur d’Allah, de Ses commandements, de son ennemi ainsi que de ses ruses (1) et des passages par lesquels il se glisse jusqu’au serviteur, voit son savoir le garder des insinuations de Satan, de ses pensées furtives, de l’injection du doute, du soupçon et de l’incrédulité dans son cœur. Fort de sa science, il se refuse à accueillir ces tentations ; son savoir le protège donc du démon. Chaque fois que celui-ci s’avance pour l’enlever, la garde que représentent la science et la foi pousse un cri d’alarme ; Satan s’en retourne alors, confondu et bredouille.
Le plus puissant rempart contre cet ennemi déclaré est, en vérité, la science et la foi : telle est la part qui revient au serviteur, tandis qu’Allah demeure, au-delà de cela, le Protecteur, le Gardien attentif et bienveillant. Qu’Il l’abandonne à lui-même ne fût-ce qu’un clin d’œil, et son ennemi l’enlèverait aussitôt.
Un maître spirituel a dit : «Les connaisseurs sont unanimes à dire que la réussite consiste en ce qu’Allah ne te laisse pas livré à toi-même, et qu’ils s’accordent à considérer comme abandon le fait qu’Il te laisse entre tes seules mains.» (2)
Quant à sa parole : «Le savoir s’accroît lorsqu’on le dépense, alors que la fortune diminue sous l’effet de la dépense», cela signifie que, chaque fois que le savant dispense sa science aux gens et qu’il la prodigue, des sources jaillissent ; sa science augmente en quantité, en solidité et en rayonnement. Par l’enseignement, il consolide ce qu’il connaît déjà et acquiert un savoir qu’il ne possédait pas encore. Il arrive même qu’une question demeure pour lui obscure ou encore enveloppée d’ambiguïté ; mais, dès qu’il l’expose et l’enseigne, elle s’éclaire, se clarifie, et d’elle s’ouvrent à lui d’autres connaissances.
De plus, la rétribution est à l’image de l’acte : de même qu’il a délivré les créatures de leur ignorance, Allah le récompense en le délivrant, lui, de la sienne. Dans le Ṣaḥîḥ de Muslim (3), on rapporte, dans le long hadith de ʿIyâḍ ibn Ḥimâr, que le Prophète ﷺ rapporte cette parole de son Seigneur : «Dépense, et Je dépenserai pour toi.» Cette injonction englobe la dépense de la science, soit explicitement par son énoncé, soit implicitement par l’orientation et l’allusion qu’elle recèle.