par le savoir et la force.
Il y a, toutefois, un sens plus profond – et c’est sans doute ce que visait ʿAlî, qu’Allah l’agrée : ces gens ne font pas partie des clairvoyants qui se sont éclairés à la lumière du savoir ; ils ne se sont pas non plus tournés vers un savant clairvoyant pour le suivre. Ils ne sont donc ni clairvoyants ni disciples d’un clairvoyant. Or, l’homme est soit doté de clairvoyance, soit aveugle mais agrippé à un clairvoyant qui le guide, soit aveugle avançant sans guide.
ʿAlî, qu’Allah l’agrée, a dit : « Le savoir est meilleur que la richesse ; le savoir te garde tandis que c’est toi qui gardes la richesse. » Autrement dit, le savoir préserve celui qui le possède et le protège des sources de perdition et des lieux de ruine. En vérité, l’être humain ne se jette pas dans la destruction lorsque sa raison l’accompagne ; il ne s’y expose (1) que par ignorance, faute de science (2). C’est comme celui qui mange un aliment empoisonné : celui qui connaît le poison et ses méfaits est protégé par son savoir et, grâce à lui, s’abstient d’en manger, tandis que l’ignorant est tué par son ignorance.
Tel est l’exemple de la protection que le savoir assure à son détenteur.
De même, le médecin compétent s’abstient, grâce à son savoir, de bien des choses qui lui attireraient maladies et infirmités ; de même encore, celui qui connaît les dangers et les embûches du chemin qu’il suit prend ses précautions : son savoir le préserve ainsi de la perdition.