Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

par le savoir et la force.

Il y a, toutefois, un sens plus profond – et c’est sans doute ce que visait ʿAlî, qu’Allah l’agrée : ces gens ne font pas partie des clairvoyants qui se sont éclairés à la lumière du savoir ; ils ne se sont pas non plus tournés vers un savant clairvoyant pour le suivre. Ils ne sont donc ni clairvoyants ni disciples d’un clairvoyant. Or, l’homme est soit doté de clairvoyance, soit aveugle mais agrippé à un clairvoyant qui le guide, soit aveugle avançant sans guide.

ʿAlî, qu’Allah l’agrée, a dit : « Le savoir est meilleur que la richesse ; le savoir te garde tandis que c’est toi qui gardes la richesse. » Autrement dit, le savoir préserve celui qui le possède et le protège des sources de perdition et des lieux de ruine. En vérité, l’être humain ne se jette pas dans la destruction lorsque sa raison l’accompagne ; il ne s’y expose (1) que par ignorance, faute de science (2). C’est comme celui qui mange un aliment empoisonné : celui qui connaît le poison et ses méfaits est protégé par son savoir et, grâce à lui, s’abstient d’en manger, tandis que l’ignorant est tué par son ignorance.

Tel est l’exemple de la protection que le savoir assure à son détenteur.

De même, le médecin compétent s’abstient, grâce à son savoir, de bien des choses qui lui attireraient maladies et infirmités ; de même encore, celui qui connaît les dangers et les embûches du chemin qu’il suit prend ses précautions : son savoir le préserve ainsi de la perdition.

(1) Les copies de base donnent cette leçon, à l’exception du manuscrit (T) qui porte «al-milaf», forme fautive. Prononcée avec kasra sur le tâʾ, il s’agit d’un néologisme dérivé de talifa («se détériorer»); avec fatha et allongement après le lâm, c’est une variante phonétique de talaf («ruine, perte»). Le terme n’est pas répertorié par les dictionnaires. Cf. : Dozy, Takmila al-Maʿâjim, 2/59; Hâshiyat Ibn ʿÂbidîn, 1/22; Muhammad al-Khidr Husayn, Dirâsât fî al-ʿArabiyya wa-Târîkhihâ, p. 126. On le rencontre souvent chez les auteurs tardifs; parmi les plus soignés, Abû al-ʿAlâʾ l’emploie dans les Luzûmiyyât (3/387, 407) et dans la Risâlat al-Ghufrân (p. 393). Voir aussi : al-Daʾ wa-l-Dawâʾ, p. 507, et les commentaires correspondants. (2) Le manuscrit (T) lit : «il ne possède aucune science».
بالعلم والقوَّة. وفيه معنًى أحسنُ من هذا؛ وهو الأشبهُ بمراد عليٍّ ﵁؛ وهو أنَّ هؤلاء ليسوا من أهل البصائر الذين استضاؤوا بنور العلم، ولا لجؤوا إلى عالم مستبصرٍ فقلَّدوه، فلا مستبصرين ولا متَّبعين لمستبصِر؛ فإنَّ الرجلَ إمَّا أن يكون بصيرًا، أو أعمى متمسِّكًا ببصيرٍ يقودُه، أو أعمى يسيرُ بلا قائد. * قولُه ﵁: «العلمُ خيرٌ من المال، العلمُ يحرسُك وأنت تحرسُ المال»؛ يعني: أنَّ العلمَ يحفظُ صاحبَه ويحميه من موارد الهَلَكة ومواقع العَطَب؛ فإنَّ الإنسان لا يلقي نفسَه في هَلَكَةٍ إذا كان عقلُه معه، ولا يعرِّضها لتلافٍ (١) إلا إذا كان جاهلًا بذلك لا علمَ له به (٢)، فهو كمن يأكلُ طعامًا مسمومًا، فالعالمُ بالسُّمِّ وضرره يحرسُه علمُه، ويمتنعُ به مِن أكله، والجاهلُ به يقتلُه جهلُه. فهذا مثلُ حراسة العلم للعالِم. وكذا الطبيبُ الحاذقُ يمتنعُ بعلمه من كثيرٍ مما يجلبُ له الأمراض والأسقام، وكذا العالمُ بمخاوف طريقِ سلوكه ومعاطبها يأخذُ حِذْرَه منها، فيحرسُه علمُه من الهلاك.
(١) كذا في الأصول، سوى (ت): «الملاف»، تحريف. وهو بكسر التاء مصدرٌ محدَثٌ لتَلِفَ. أو بفتحها والألف إشباعٌ لفتحة اللام في التلف، ولم تذكره كتب اللغة. انظر: «تكملة المعاجم» لدوزي (٢/ ٥٩)، و «حاشية ابن عابدين» (١/ ٢٢)، و «دراسات في العربية وتاريخها» لمحمد الخضر حسين (١٢٦). وهو كثير الوقوع في كلام المتأخرين، ومن أفصحهم: أبو العلاء في «اللزوميات» (٣/ ٣٨٧، ٤٠٧)، و «رسالة الغفران» (٣٩٣). وانظر: «الداء والدواء» (٥٠٧) والتعليق عليه. (٢) (ت): «لا علم لديه».

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