leurs esprits diminués à une branche frêle, et Il a assimilé les passions et les opinions aux vents : la branche se courbe du côté où souffle le vent, et les intelligences de ces gens penchent derrière chaque caprice et chaque héraut. Si, toutefois, leurs facultés étaient achevées, elles seraient pareilles à un grand arbre que les bourrasques ne malmènent pas.
Cela diffère du modèle que le Prophète ﷺ a donné pour les croyants : la pousse tendre d’une culture qu’un souffle incline puis redresse, tandis que l’hypocrite est comparable au cèdre qui ne tombe qu’au moment où l’on moissonne (1). Cette parabole vise le croyant et ce qu’il affronte comme rafales d’épreuves, douleurs, maladies et autres ; il chemine constamment entre bien-être et affliction, épreuve et faveur, santé et langueur, sécurité et crainte, etc. : il tombe une fois puis se relève, se penche un temps puis se redresse. Par l’épreuve il est préservé, purifié et débarrassé de ses scories, tandis que le mécréant n’est que gangue impure, propre seulement à alimenter le feu ; les coups du sort qui l’atteignent ici-bas ne renferment donc pas la sagesse ni la miséricorde qu’ils comportent pour le croyant.
Telle est la condition du croyant dans l’adversité (2). Quant aux passions, aux semeurs de tentations, d’égarement et d’innovation, il en est, comme on l’a dit :
« Les montagnes les plus solidement plantées pourraient s’effondrer, son cœur, lui,
demeure fidèle au pacte, sans fléchir ni changer. » (3)
- Quant à sa parole : « Ils ne se sont pas éclairés à la lumière de la science et n’ont pas cherché refuge dans un appui solide », il expose la cause qui les a conduits à cet état : aucune lumière issue du savoir ne leur est parvenue