Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

leurs esprits diminués à une branche frêle, et Il a assimilé les passions et les opinions aux vents : la branche se courbe du côté où souffle le vent, et les intelligences de ces gens penchent derrière chaque caprice et chaque héraut. Si, toutefois, leurs facultés étaient achevées, elles seraient pareilles à un grand arbre que les bourrasques ne malmènent pas.

Cela diffère du modèle que le Prophète ﷺ a donné pour les croyants : la pousse tendre d’une culture qu’un souffle incline puis redresse, tandis que l’hypocrite est comparable au cèdre qui ne tombe qu’au moment où l’on moissonne (1). Cette parabole vise le croyant et ce qu’il affronte comme rafales d’épreuves, douleurs, maladies et autres ; il chemine constamment entre bien-être et affliction, épreuve et faveur, santé et langueur, sécurité et crainte, etc. : il tombe une fois puis se relève, se penche un temps puis se redresse. Par l’épreuve il est préservé, purifié et débarrassé de ses scories, tandis que le mécréant n’est que gangue impure, propre seulement à alimenter le feu ; les coups du sort qui l’atteignent ici-bas ne renferment donc pas la sagesse ni la miséricorde qu’ils comportent pour le croyant.

Telle est la condition du croyant dans l’adversité (2). Quant aux passions, aux semeurs de tentations, d’égarement et d’innovation, il en est, comme on l’a dit :
« Les montagnes les plus solidement plantées pourraient s’effondrer, son cœur, lui,
demeure fidèle au pacte, sans fléchir ni changer. » (3)

  • Quant à sa parole : « Ils ne se sont pas éclairés à la lumière de la science et n’ont pas cherché refuge dans un appui solide », il expose la cause qui les a conduits à cet état : aucune lumière issue du savoir ne leur est parvenue
(1) Rapporté par al-Bukhari, nos 5643 et 5644, et par Muslim, nos 2809 et 2810, d’après Abou Hurayra et Ubayy b. Kaʿb. (2) Ms. Q : « al-ibtilāʾ » (l’épreuve). (3) Ce vers est cité par l’auteur dans Badaʾiʿ al-Fawāʾid, p. 527, et Ṭarīq al-Hijratayn, p. 681 ; dans ce dernier, la variante est « ʿalā al-wud » (sur l’affection).
عقولَهم الضعيفة بالغُصْن الضعيف، وشبَّه الأهويةَ والآراء بالرياح، والغصنُ يميلُ مع الريح حيث مالت، وعقولُ هؤلاء تميلُ مع كلِّ هوًى وكلِّ داع، ولو كانت عقولًا كاملةً كانت كالشجرة الكبيرة التي لا تتلاعبُ بها الرياح. وهذا بخلاف المثل الذي ضربه النبيُّ ﷺ للمؤمنين بالخَامَة من الزَّرع تُفِيئه الريحُ مرةً وتقيمُه أخرى، والمنافقُ كشجرة الأَرْزِ التي لا تُقْطَعُ حتى تَسْتَحْصِد (١)؛ فإنَّ هذا المثلَ ضُرِبَ للمؤمن وما يلقاه من عواصف البلاء والأوجاع والأوجال وغيرها، فلا يزالُ بين عافيةٍ وبلاء، ومحنةٍ ومِنْحَة، وصحةٍ وسقم، وأمنٍ وخوف، وغير ذلك، فيقعُ مرةً ويقومُ أخرى، ويميلُ تارةً ويعتدلُ أخرى، فيُكفَّى بالبلاء ويُمَحَّصُ به ويُخَلَّصُ من كَدَرِه، والكافرُ كلُّه خبثٌ ولا يصلحُ إلا للوقود، فليس في إصابته في الدنيا بأنواع البلاء من الحكمة والرحمة ما في إصابة المؤمن. فهذه حالُ المؤمن في البلاء (٢)، وأمَّا مع الأهواء ودعاة الفتن والضلال والبدع فكما قيل: تزولُ الجبالُ الراسياتُ وقلبُه ... على العهدِ لا يلوِي ولا يتَغَيَّرُ (٣) * وقولُه: «لم يستضيئوا بنور العلم، ولم يلجؤوا إلى ركنٍ وثيق»؛ بيَّن السببَ الذي جعلهم بتلك المثابة؛ وهو أنه لم يحصُل لهم من العلم نورٌ
(١) أخرجه البخاري (٥٦٤٣، ٥٦٤٤)، ومسلم (٢٨٠٩، ٢٨١٠) من حديث أبي هريرة وأبي بن كعب. (٢) (ق): «الابتلاء». (٣) أنشده المصنف في «بدائع الفوائد» (٥٢٧)، و «طريق الهجرتين» (٦٨١). والرواية في الثاني: على الود.

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